Archives de l’auteur : Sandrine Franchet

#Conseils – Entreprendre au féminin à Lyon

Depuis un an, la Pause entrepreneuses est le rendez-vous mensuel des entrepreneuses lyonnaises. Echanges, partage d’expériences et discussions conviviales sont au programme. Aujourd’hui, la Pause entrepreneuses se dote de nouveaux outils et se prolonge en ligne.

Depuis un an, ce sont près d’une centaine d’entrepreneuses qui ont participé aux Pauses entrepreneuses organisées une fois par mois chez Pause création.

C’est un moment privilégié pour:

  • sortir de la solitude de l’entrepreneuse,
  • s’entraîner à pitcher son projet,
  • poser ses questions
  • échanger avec des entrepreneuses qui rencontrent les mêmes problématiques
  • trouver des partenaires
  • ou encore avoir accès à des expertes qui viennent partager leur savoir: nous avons par exemple évoqué l’identité visuelle, l’importance de se faire accompagner par son réseau et des professionnels quand on se lance ou qu’on se développe, et le thème de la prochaine pause est Valoriser son image professionnelle.

Pour permettre à toutes les participantes d’aller encore plus loin et de profiter de ce réseau pour développer leur activité, j’ai décidé de leur proposer deux nouveaux outils:

  • une newsletter mensuelle, pour ne pas manquer les prochaines Pauses entrepreneuses et être informée d’autres événements intéressants pour les entrepreneuses lyonnaises
  • et un groupe privé sur Facebook pour échanger, poser ses questions et partager ses infos.

Si vous êtes une entrepreneuse en activité ou en projet à Lyon, n’hésitez pas à les rejoindre!

#CONSEILS – CONSTRUIRE UNE MARQUE FORTE ET MÉMORABLE

Avoir une entreprise, c’est bien. Avoir des produits ou des services à vendre, c’est la base. Mais avoir une véritable “marque”, que les clients reconnaissent quand ils la voient sur leur fil Instagram ou apposée sur une vitrine ou un emballage, une marque qu’ils ont envie de faire connaître à leur entourage, c’est mieux! C’est même le meilleur moyen de vous distinguer de vos concurrents. Et bonne nouvelle, ce n’est pas réservé aux grands groupes!

Une marque, c’est quoi?

Commençons plutôt par ce que ce n’est pas: une marque, ce n’est pas juste un nom enregistré auprès de l’INPI, et ce n’est pas non plus seulement un logo.

Une marque, c’est bien plus que ça: un univers, une ambiance, une expérience, des valeurs, une promesse de qualité, un contrat de confiance (ça vous rappelle quelqu’un ^^?) une manière de considérer ses clients, une manière de produire et même une vision du monde…

Bref, autant d’éléments immatériels qu’il s’agit ensuite de matérialiser, afin de les rendre visibles et lisibles auprès de ses clients et partenaires. Notamment au travers d’un nom et d’un logo ! Mais la marque s’incarne de manière bien plus large: dans le ton employé à l’oral et à l’écrit, dans l’ambiance visuelle, sonore et même olfactive d’une boutique ou d’un stand, dans le choix d’un packaging, dans la sélection des fournisseurs, dans l’apparence physique de son fondateur ou de ses employés, dans les caractéristiques des produits etc.

Louboutin, ce n’est pas seulement un nom ou une logo, c’est aussi une couleur. Harley-Davidson, c’est aussi un bruit reconnaissable entre mille (et qui a été déposé!). Les boutiques Nature et découverte, c’est un parfum dont on se souvient…

Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de mon ouvrage Small business: créer sa marque et son identité aux éditions Eyrolles

Une stratégie de marque, ça sert à quoi?

Avoir une stratégie de marque, c’est tout simplement avoir un plan d’attaque bien cadré pour construire puis faire connaître sa marque, histoire d’éviter de tout faire dans le désordre et de s’éparpiller, au risque de brouiller son image :)!

L’objectif, c’est de gagner en cohérence et en efficacité à la fois dans ses choix stratégiques (développement du business) et dans sa communication: lorsqu’une opportunité se présentera, il sera facile de déterminer si elle est “raccord” avec votre stratégie de marque et donc d’envisager de la saisir, ou si elle est en parfaite contradiction avec vos objectifs.

Par exemple, si votre marque s’engage sur le recours à des fournisseurs locaux, il sera facile de dire non à une entreprise qui vous démarche, avec des tarifs moins élevés que vos fournisseurs actuels mais qui produit à l’étranger…

De même, si dans le cadre de votre stratégie vous avez décidé de vous adresser à une clientèle qui s’informe sur les réseaux sociaux, vous n’aurez pas à réfléchir longtemps pour dire non au commercial de ce magazine papier qui veut absolument vous faire profiter de cette offre spéciale bouclage sur un encart dans son prochain numéro

En ayant une stratégie de marque claire et précise, vous allez gagner à la fois en lisibilité pour votre clientèle et en efficacité dans le pilotage de votre entreprise.

Pas de panique, cependant, si vous n’avez pas encore pris le temps de vous pencher sur votre stratégie de marque. Il est d’abord assez rare de le faire à fond au moment de la création d’entreprise: d’abord par manque de temps mais aussi parce que le projet est encore tout neuf, doit rencontrer ses clients et va sans doute évoluer pendant ses premiers mois d’existence.

En revanche, si vous êtes entrepreneuse depuis 1, 2, 3, voire 5 ans ou plus et que vous sentez que votre marque manque de lisibilité ou de cohérence, ou alors que votre offre a évolué depuis le lancement de votre projet mais que vous avez du mal à rendre visible cette évolution auprès de vos clients, c’est sans doute le moment de prendre à bras le corps ce chantier!

Définir sa stratégie de marque: élaborer son message de marque

Première étape: pour bien communiquer, savoir ce que l’on veut dire!

Cela peut paraître évident, mais savoir résumer en quelques mots ou même quelques phrases la raison d’être de sa marque n’est pas forcément si facile.

De nombreuses entrepreneuses se lancent sans définir une offre spécifique, en imitant ce qui existe déjà. Par exemple, une femme qui fait une formation en hypnose va s’installer logiquement en tant que “hypnothérapeute” et proposer des séances pour arrêter de fumer ou perdre du poids, parce qu’elle voit tous ses confrères en proposer, même si ces problématiques ne l’intéressent pas plus que ça. Comment se distinguer et trouver sa clientèle, dans ces conditions, si ce n’est en vendant ses prestations moins cher que ses concurrents?

L’autre obstacle que je rencontre parfois parmi mes clientes: le concept qui a été tellement réfléchi qu’il repose sur une multitude de composants (du tissu biologique, une fabrication française, des poèmes choisis par les clients vendus avec le produit, la possibilité de personnaliser la création, un parti-pris féministe etc), qu’à la fin l’entrepreneuse ne sait plus quel message mettre en avant dans sa communication!

Pour définir un message de marque suffisamment lisible, distinctif, aligné avec ses propres valeurs, pas le choix: il faut brainstormer! Comme je vous l’expliquais dans cet article, c’est une démarche que vous pouvez faire seule ou en vous faisant accompagner (je suis là pour ça, ça tombe bien!)

Pour aller plus loin, je vous conseille cet article: Bâtir une stratégie de marque efficace

Déployer sa stratégie de marque: communiquer avec sa communauté

Une fois le message défini, reste à le transmettre à ses destinataires, mais aussi et peut-être avant tout à être à l’écoute de leurs retours, de leurs ressentis, de leurs centres d’intérêt etc.

C’est là que la communication intervient, le deuxième “champ” sur lequel je peux vous aider à définir vos objectifs et à mettre en place des plans d’actions.

C’est à ce stade, par exemple, que vous allez réfléchir à la création de votre identité visuelle puis sa déclinaison sur différents supports (le packaging, les murs de votre boutique, votre papeterie, pourquoi pas des produits dérivés etc.).

Mais vous allez également devoir décider de quel type de site internet vous avez besoin, des points de contacts virtuels à mettre en place avec votre audience (blog, réseaux sociaux, newsletter, publicité digitale, opérations influenceurs etc.), des sujets que vous allez aborder ou encore le ton que vous allez employer avec vos clients…

Vous le voyez: le champ est vaste! Voici donc quelques articles à (re)lire pour vous aider développer votre communication:

Content marketing: 5 bonnes raisons de soigner ses contenus web

Un blog, est-ce encore utile?

6 questions pour définir sa stratégie éditoriale

Définir une ligne éditoriale efficace

Créer, structurer et respecter son planning éditorial

Développer sa notoriété grâce aux influenceurs

Le web, allié incontournable de votre boutique physique

Soigner ses visuels pour plus d’impact

Cultiver son personal branding pour mieux développer sa marque

Pauline Gamore, fondatrice du Textile Lab à Lyon

Voici quelques jours, j’ai enfin pris le temps d’aller à la rencontre de Pauline et de son espace inédit à Lyon: le Textile Lab, un fablab consacré à la création et l’innovation textile. Elle nous parle de son parcours, du lieu qu’elle anime mais aussi de la campagne de crowdfunding qu’elle vient de lancer pour équiper le Lab de nouvelles machines!

Bonjour Pauline, qu’est-ce que le Textile Lab? Comment ce projet est-il né?

Le Textile Lab, c’est un fablab, un espace de travail et de production partagé, dédié à la création et à l’innovation textile en plein coeur de Lyon. Le projet est né pendant ma grossesse. A l’époque je m’étais installée pour travailler au sein du fablab Youfactory, à Villeurbanne (69), et en parallèle de mon activité de graphiste, j’avais monté une petite marque de bijoux et accessoires. Je trouvais génial de pouvoir transformer mes créations graphiques et motifs en objets tangibles. Au même moment, j’ai découvert les machines à tricoter et la possibilité de les “hacker” assez simplement pour les relier à son ordinateur. Petit à petit, l’idée de créer un fablab dédié au textile s’est mise à me démanger!

Dans un premier temps, j’ai creusé l’idée d’adosser mon projet à un fablab existant. Mais cela ne convenait pas: trop cher et trop excentré. Finalement, j’ai opté pour ouvrir mon propre espace, qui serait à la fois mon lieu de travail et d’expérimentation autour du textile, et un atelier collaboratif. J’ai sondé une centaine de créatrices que je connaissais, pour savoir si elles seraient intéressées par cette offre et connaître le budget qu’elles pourraient y consacrer. Une quarantaine a répondu de manière enthousiaste, ce qui m’a encouragé à concrétiser le projet.

J’ai eu la chance de trouver cette ancienne galerie d’art que le locataire n’exploitait plus et dont j’ai pu reprendre le bail.

Le Textile Lab a ouvert ses portes en octobre 2018. Ma priorité était de trouver les 5 personnes qui occupent les postes de résident. J’ai eu la chance d’être tout de suite suivie par une créatrice de renom et d’expérience, Mathilde Alexandre, la fondatrice de la marque Mademoiselle Dimanche, qui se lance désormais dans une activité de conseil en conception graphique, impression et matériaux. Mais aussi par l’artiste plasticienne Lucia Javicoli ou encore Emilie Berthon, directrice artistique et fondatrice d’une agence d’inspiration.

Aujourd’hui le Lab propose donc 5 postes de résidents (à temps plein, avec un bureau fixe et un engagement minimum de 3 mois), 10 créneaux d’adhérents nomades (qui viennent un jour fixe par semaine) et accueille des utilisateurs ponctuels, qui viennent à la carte. Le tout avec des tarifs pensés pour être accessibles au plus grand nombre: par exemple, 180€ par mois pour un poste de résident.

Après une formation, ils peuvent en tout indépendance utiliser les machines présentes: une brodeuse numérique, une piqueuse industrielle point droit (bientôt rejointe par une deuxième qui fera le point zigzag), une surjeteuse, 4 machines à coudre familiales et enfin 3 machines à tricoter dont 2 numériques.

Depuis le mois de janvier 2019, je propose également un programme d’événements: des ateliers créatifs, des apéros thématiques et bien sûr des formations sur l’utilisation des différentes machines.

Raconte-nous ton parcours: comment es-tu devenue entrepreneuse?

Dès le collège, j’étais intéressée par les Arts appliqués: j’hésitais entre devenir styliste, décoratrice d’intérieur, graphiste… J’ai quand même passé un bac S pour rassurer mes parents puis j’ai intégré une école de communication visuelle à Aix en Provence.

Dès le départ, je souhaitais travailler en indépendante. De plus, quand j’ai été diplômée, en 2008, le marché de l’emploi était très compliqué, encore plus pour les graphistes. Drômoise d’origine, je me suis alors installée à Lyon: j’ai eu assez rapidement des propositions d’agences pour travailler sous statut freelance. Au bout d’un an, j’ai suivi mon conjoint de l’époque pour m’installer dans les Gorges du Verdon. Comme j’avais toujours travaillé à distance avec mes clients, cela ne posait pas de problème particulier.

En 2011, j’ai décidé de revenir à Lyon, mais je souhaitais d’abord trouver mon lieu de travail avant de choisir mon lieu de vie. J’ai démarché différents bureaux partagés. C’est comme cela que j’ai découvert le projet de l’Atelier des médias, qui se lançait. J’y suis restée plusieurs années, j’ai même été trésorière de l’association, ce qui m’a permis de me familiariser avec la gestion d’un coworking.

Cette période m’a vraiment permis de booster ma carrière, de rencontrer de nombreux professionnels, dont un autre graphiste avec lequel j’ai décidé de collaborer plus étroitement en fondant un collectif. C’est pour pouvoir travailler à plusieurs, dans un espace plus adapté, que je me suis installée chez Youfactory à Villeurbanne. Vous connaissez la suite!

Pour l’instant, je conserve mon activité de graphiste, mais à terme je souhaite me consacrer à 100% au Textile Lab et à la recherche et l’expérimentation autour du textile.

Comment cette nouvelle année s’annonce-t-elle pour le Textile Lab? Quels sont les projets et les nouveautés?

Cette rentrée s’annonce riche pour le Textile Lab! Tout d’abord, après avoir participé ce printemps à un bootcamp d’une semaine de la Fabricademy, j’ai décidé de devenir partenaire de leur formation pour approfondir mes connaissances en matière de textiles, fabrication digitale et biologie, et comment tout cela peut s’imbriquer aujourd’hui dans un lieu comme le Textile Lab. A partir de fin septembre, je serai un des lieux (un “node”) dans lequel les inscrits pourront venir suivre le cours hebdomadaire et réaliser les exercices demandés.

Mais le plus gros projet, c’est la campagne de crowdfunding que j’ai lancée le 28 août et qui se termine le 19 septembre. L’objectif est est d’agrandir le parc machine du Lab, en faisant l’acquisition de nouveaux outils numériques. Ceux-ci ne sont pas directement liés au textile mais permettent d’innover, imaginer très librement. Il s’agit d’abord d’une machine 3D multifonction (impression 3D, découpe laser et fraisage numérique). Si le deuxième palier est atteint, il nous permettra d’acquérir aussi une machine spécialisée dans la découpe laser. Et enfin, avec le 3ème palier, on s’équipera en plus d’une imprimante textile!

Pour récompenser les contributeurs, j’ai imaginé des contreparties adaptées à nos différents publics. Pour les particulier, les résidentes et moi-même avons créé une collection d’illustrations brodées. Vous pourrez la découvrir, ainsi que les créations d’autres artistes, lors de l’exposition Le cabinet de curiosités, qui ouvre ses portes le 10 septembreprochain!

Et si vous êtes une créatrice et souhaitez découvrir le Textile Lab et développer vos compétences, vous pourrez bénéficier d’ateliers créatifs ou d’heures de formation et d’utilisation des machines!

Inspiration – Faire une retraite de yoga

3 jours de yoga et jeûne en juin, puis 4 jours au sein d’un ashram de yoga: cet été, j’ai testé deux sortes de retraite de yoga. Je partage avec vous ces expériences.

Après avoir pratiqué le yoga de manière très régulière et avec beaucoup de plaisir quand j’habitais aux Pays-Bas (de 2009 à 2013), je l’avais malheureusement délaissé depuis mon arrivée à Lyon. Par manque de temps et faute de trouver un studio vraiment adapté à mes besoins, c’est à dire pas trop loin de mon domicile, avec de nombreux cours pour s’adapter à mon emploi du temps changeant, dont la philosophie me plaise et dont l’abonnement ne coûte pas un bras…

Après avoir renoué avec le plaisir du tapis au studio Inspire Yoga d’Avignon, en avril dernier, j’ai décidé de procéder autrement: m’offrir de temps en temps un cours ou stage de yoga pour progresser et me motiver, et pratiquer seule chez moi le reste du temps.

Yoga + jeûne, la combinaison gagnante

Comme j’avais également envie depuis longtemps d’expérimenter le jeûne, je n’ai pas hésité longtemps à m’inscrire à cette retraite de 3 jours dans la Drôme, consacrée au yoga et au jeûne.

Nous étions une douzaine de participants, de tous âges, à tenter l’expérience. Après une semaine de descente alimentaire (il s’agit, dans les jours qui précèdent le jeûne, de retirer progressivement des aliments et d’arrêter le tabac) nous avons pris notre dernier repas, uniquement composé de légumes cuits, le vendredi midi.

Le gîte de Charousse, dans le Vercord drômois

Nos 3 jours de diète, dans le cadre sauvage du sud du Vercors, ont été rythmés de séances de méditation et de yoga (2 par jour), de randonnées pas trop longues ni difficiles (en théorie… car en pratique, le ventre vide, les montées sont vite épuisantes!), de temps de repos et de conférences sur le jeûne et la naturopathie.

Pour la plupart d’entre nous, cette expérience a été ressentie de manière très positive. En ce qui me concerne, j’ai été surprise par les rares sensations de faim, malgré les nombreuses discussions portant sur la nourriture ^^ (et quand elles surviennent, elles disparaissent vite). Après un vrai passage “à vide” le dimanche matin (faiblesse, vertiges…), j’ai vite retrouvé mon énergie. Et le lundi midi, lors de la reprise de l’alimentation, j’avais surtout envie de prolonger le jeûne! La prochaine fois, je tenterai 5 voire 7 jours 🙂

En attendant la rupture du jeûne…

La semaine qui suit, la reprise de l’alimentation se fait également de manière progressive. Et pour ma part, j’ai profité de cette pause digestive pour intégrer de nouvelles habitudes alimentaires: j’ai ainsi supprimé le café et fortement réduit les produits laitiers (difficile de me passer de fromage, mon péché mignon, mais je ne consomme plus de yaourts). Ce qui m’a également de fortement réduire le sucre.

Se ressourcer en pratiquant le yoga et la méditation dans un ashram

Après cette première expérience réussie, (et en attendant de retourner dans la Drôme en septembre pour un WE yoga detox), j’ai décidé de prendre encore un peu de temps pour ma pratique en testant fin juillet un séjour de vacances yoga à l’ashram Sivananda, près d’Orléans. Il m’avait été recommandé par une amie qui s’y rend régulièrement pendant ses vacances.

Après m’être informée sur le rythme quotidien de vie à l’ashram (notamment le lever à 5h30 pour la méditation de 6h…), je me suis dit que réserver pour 3 nuits seulement était un bon début !

Finalement, dès mon arrivée, quand j’ai découvert la beauté et le calme du lieu, le confort du petit chalet que je partageais avec 2 autres vacancières, la qualité des installations et des cours de yoga ou encore la saveur des repas végétariens, j’ai regretté de ne pas rester plus longtemps!

Malgré les levers aux aurores, les 2 cours de yoga d’1h30 par jour, les genoux qui, manquant d’entraînement, ont un peu souffert de la position de méditation, les créneaux de karma yoga (participation volontaire à la vie de la communauté: aide à la préparation des repas, au jardinage ou à la vaisselle…), j’ai trouvé ce séjour extrêmement reposant et ressourçant. Et j’en suis repartie avec la ferme intention de revenir l’été prochain (ou même avant!)

Et vous, avez-vous déjà participé à une retraite de yoga? En avez-vous envie?

Profitez de l’été pour faire le point sur votre business!

L’été est la période idéale pour prendre du recul sur son activité, mesurer les progrès accomplis et se fixer de nouveaux objectifs. Le challenge #monbusiness2019 version été va vous y aider!

Avec un peu de chance, cet été, votre activité va se calmer et vous allez pouvoir prendre quelques jours voire quelques semaines de repos. Et si vous en profitiez pour faire un peu de réflexion stratégique sur votre entreprise?

Très souvent, durant l’année, dans le feu de l’action, on a du mal à prendre le temps de se poser et de réfléchir sereinement aux orientations que l’on souhaite donner à son business. La pause estivale peut se révéler une période propice pour faire ce point, surtout si vous en profitez pour quitter votre bureau et votre quotidien pour un lieu inspirant.

Avec Sophie-Charlotte, nous vous proposons de faire ce “travail” en douceur, de manière ludique et surtout en groupe pour se motiver! Comment? En rejoignant la version “été” de notre challenge #monbusiness2019 que nous avions déjà proposé en début d’année sur Instagram.

Comme en janvier, il s’agit d’un challenge sur 31 jours consistant à poster et surtout à commencer chaque jour un visuel sur un des aspects de votre business: choix du nom de marque, déclic entrepreneurial, produits, inspirations etc. Pour connaître le détail de tous les thèmes, RV sur le blog des Entrepreneuses créatives.

Comment participer au challenge #monbusiness2019 version été?

C’est tout simple: il vous suffit de suivre notre compte @entrepreneuses_creatives sur Instagram et de poster chaque jour vos visuels en mentionnant le hashtag #monbusiness2019. Nous vous conseillons de vous y abonner afin de découvrir et d’échanger avec les autres participantes. Vous pouvez prendre le départ soit le 1er juillet, soit le 1er août, en fonction de vos envies et disponibilités.

L’exercice vous sera bénéfique pour plusieurs raisons:

  • prendre le temps de réfléchir aux différents aspects de votre business et repérer les points qui manquent de clarté et méritent d’être retravaillés
  • mieux faire connaître l’histoire et les valeurs de votre marque auprès de votre audience
  • vous familiariser avec Instagram et vous entraîner à poster de manière régulière et créative
  • découvrir de nombreuses entrepreneuses créatives inspirantes…

Alors, vous nous rejoignez??

Laura Peterman, créatrice d’identités de marque

Entrepreneuse depuis 2014, Laura est passionnée de mode, de création, de graphisme et de web. Elle met tous ses talents au service de la visibilité des jeunes marques.

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous connaissez sans doute déjà son nom: Laura Peterman est la talentueuse directrice artistique qui signe ma nouvelle identité visuelle et mon nouveau site et je ne manque jamais de rappeler à quel point je suis ravie de notre collaboration.

Je suis très heureuse de lui donner enfin l’occasion de nous parler plus longuement de son expérience d’entrepreneuse. Dans cette interview, elle nous explique notamment les joies qu’elle trouve à être sa propre patronne. Mais elle nous met aussi en garde contre des ennemis qu’elle connaît bien : le stress de l’entrepreneuse et les peurs que peut générer le manque de sécurité financière.

Laura Peterman, directrice artistique et brand stylist – www.laurapeterman.fr

Bonjour Laura, raconte-nous ton parcours: depuis quand es-tu entrepreneuse ?

Amoureuse de l’image sous toutes ses formes, et créative compulsive depuis toujours, j’ai fait des études en Arts appliqués après mon Bac général. Également passionnée de mode, c’est tout naturellement que j’ai poursuivi avec un BTS de stylisme (Design de mode). Mais après quelques expériences décevantes en tant que styliste, et beaucoup de jobs alimentaire de vendeuse en prêt-à-porter, le hasard des rencontres m’a fait changer de voie, et j’ai été embauchée comme graphiste dans une agence de comm.

Cela a été une révélation pour moi : on me donnait enfin la liberté de créer, d’explorer le visuel, de jouer avec l’image. Ensuite, j’ai été formée en interne à l’intégration de sites web, ce qui m’a donné la double casquette de graphiste / intégratrice. Un nouveau monde s’est ouvert à moi, et j’y ai découvert une nouvelle passion. Au bout de deux ans et demi dans cette agence, j’ai décidé de partir pour me mettre à mon compte. C’était en 2014.

Qu’est-ce qui t’a incitée à te lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat? Quelle est ta “raison d’être” d’entrepreneuse?

Je crois que j’ai toujours été profondément indépendante et libre, et je ne me retrouvais pas dans le salariat. Je me sentais entravée, exploitée, cela n’avait pas de sens pour moi. Je rentrais à la maison à 19h pour retrouver mon petit garçon en pyjama puis le mettre au lit à peine une heure après. J’en avais marre de culpabiliser quand j’étais malade, ou de ne pas oser demander à partir plus tôt pour emmener mon fils chez le médecin. Et quand on a commencé à me demander de produire plus et plus vite, et de noter heure par heure ce que je faisais, j’ai eu le déclic.

La créativité, ça ne se force pas, et je ne voulais plus travailler sous pression. Je travaillais non pas au service de mes valeurs, mais de celles de mon entreprise, de mon patron, de nos clients, qui n’étaient pas forcément les miennes. J’avais besoin de retrouver ma liberté, mon indépendance, ma créativité, et surtout d’agir en alignement avec mes valeurs, mes rêves, mes envies, mes besoins. Je voulais me créer un travail sur mesure, plutôt que devoir rentrer dans une case. Je voulais redonner du sens à ma vie.

Quelles sont aujourd’hui les satisfactions que tu trouves dans ta vie d’entrepreneuse?

Il y en a beaucoup ! Ma préférée : vivre à mon rythme. Nous, les femmes, sommes cycliques. Ce qui veut dire qu’à certains moments du mois, nous sommes créatives, à d’autres nous sommes plutôt productives, ou sociables, ou encore intuitives etc. Expliquer cela à un patron, c’est un peu compliqué !

La vie entrepreneuriale me permet de m’organiser en fonction de mes rythmes internes, d’être à fond quand mon énergie le permet, et de me reposer quand c’est nécessaire. Bien évidemment, il y a aussi le fait que depuis 5 ans, j’ai le bonheur d’aller chercher mon fils à l’école (enfin plus maintenant qu’il rentre tout seul !), de profiter de lui…

Et puis, tous les petits plus qui facilitent la vie : faire mes courses en semaine quand il n’y a personne pour éviter les samedis bondés, partir en week-end mardi-mercredi-jeudi si j’en ai envie, gérer mes horaires, mes vacances, m’autoriser un congé spécial règles chaque mois, ne rendre de compte à personne d’autre qu’à moi-même, et, luxe suprême : choisir avec qui j’ai envie de travailler.

C’est un cadeau de pouvoir travailler avec des personnes qui partagent mes valeurs, ma vision. Cela devient bien plus qu’un simple travail, bien plus qu’une relation client-prestataire. C’est ce qui me plaît : créer du lien, partager.

Quelles sont, à l’inverse, les difficultés que tu as rencontrées ou rencontres encore ?

Les difficultés sont elles aussi nombreuses, et ce serait une erreur de les nier. Il faut être réaliste, et s’y préparer. Bien sûr, elles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Mon défi à moi, c’était de me lancer tout en étant maman solo. Gérer un enfant seule, ce n’est pas facile. Créer une entreprise non plus. Donc les deux en même temps… il faut être un peu kamikaze ! Je suis passée par des périodes très dures, financièrement et moralement, et j’ai fait l’erreur de rester dans mon coin, à vivre mes problèmes toute seule. J’ai fait un burn out.

Mon pire ennemi, c’est le stress. Encore aujourd’hui. Le stress n’est pas forcément visible, et prend des formes très diverses qu’on ne reconnait pas toujours. C’est une attitude intérieure, qui nous ronge en silence. Par exemple, les angoisses financières qui arrivent quand on n’a pas de rentrées d’argent prévues. Ou encore l’impression que l’on fait tout de travers parce qu’on vient de passer une heure sur Instagram à regarder ce que font d’autres, et qu’on se sent pas à leur hauteur. C’est aussi culpabiliser quand on se détend, alors qu’on en a besoin, ou penser au travail quand on est en famille ou avec ses enfants. On ne s’en rend pas compte, mais cela nous pompe une énergie dingue. Il faut apprendre à le reconnaitre, et à le gérer.

Et puis, il y a l’aspect financier, en particulier quand on est seule et sans filet. Ne pas savoir comment on va gagner sa vie dans trois mois, cela peut angoisser, surtout quand on vient du salariat. Je pense que pendant longtemps, j’ai souffert de chercher le même confort que dans le salariat, à savoir une visibilité à long terme sur ma trésorerie. Le jour où j’ai compris que je n’aurai jamais cette visibilité, cela m’a libérée. C’est toute une façon de voir qu’il faut changer. La gestion de l’argent n’est pas la même quand on est en CDI avec salaire fixe et quand on est entrepreneur, avec des revenus aléatoires et non prévisibles. Le plus tôt on l’accepte, le mieux on se porte. J’ai du apprendre à gérer l’argent autrement, à ne pas angoisser dans les périodes creuses, à croire en moi et en ma capacité à générer des revenus, même si je ne sais pas exactement quand et comment.

Quel conseil donnerais-tu aux femmes qui font le choix de l’entrepreneuriat ?

D’abord et avant tout, de se faire confiance. C’est difficile aujourd’hui de ne pas se comparer, de ne pas se laisser influencer par ce que font les autres, et de se laisser dicter comment on « doit » faire. Je crois que chacune de nous à en elle la sagesse et l’intuition nécessaires pour mener à bien ses projets et envies. Rester connectée à cette sagesse intérieure, se faire confiance, s’écouter, même quand on semble aller à contre courant, même quand les autres ne nous comprennent pas. C’est, pour moi, la clé. Car personne n’a LA réponse, personne ne détient LA vérité. On a chacun(e) la sienne, et c’est à nous et à nous seule de la vivre. Se concentrer sur ce qu’on sait faire, y mettre tout son coeur, son attention et son énergie, sans s’éparpiller. Le reste suivra. 

Aperçu des derniers projets de Laura Peterman

Quels sont les derniers clients/projets que tu souhaites mettre en avant à l’occasion de cet article ?

Bien évidemment, toi, la fabuleuse Sandrine Franchet (promis, cette réponse est totalement spontanée ! – NDLR) avec qui j’ai pris un immense plaisir à travailler. C’était vraiment un régal de creuser ensemble, d’aller au-delà du visuel pour vraiment chercher l’essence de ta marque, et ensuite trouver comment la retranscrire visuellement. Je crois qu’on était vraiment en phase, à chaque étape du projet, et ça, c’est un cadeau précieux. Je n’ai pas eu l’impression de travailler, mais juste de m’éclater en faisant ce que j’aime faire et en le partageant avec toi. (Voir le résultat de ce travail ici – NDLR)

J’ai aussi récemment travaillé sur la refonte de l’identité de Mélanie Cotton, décoratrice d’intérieur à Lyon, et c’est pareil, j’ai pris un plaisir fou à collaborer sur ce projet. On avait la même vision, nos échanges étaient riches et inspirants. On avançait ensemble dans la même direction, la créativité bouillonnait, c’était chouette. Elle est vraiment partie à fond dans la déclinaison de l’identité (tampons, workbooks, enveloppes, packagings, etc.) et je me suis régalée. J’ai beaucoup de chance de travailler avec des femmes qui m’inspirent, et qui me font entièrement confiance. Je me sens libre et du coup la créativité n’a pas de barrières pour s’exprimer. C’est un bonheur.

PS: N’oubliez pas de découvrir l’univers de Laura Peterman sur Instagram

Lecture: Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet

L’essai de la journaliste Mona Chollet explore l’histoire des chasses aux sorcières et montre à quel point cette “guerre contre les femmes”, tout particulièrement les femmes indépendantes et savantes, les femmes sans enfant et les femmes âgées, a contribué à façonner le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui: patriarcal et destructeur de la planète.

Les sorcières sont furieusement tendance ces derniers temps, cela ne vous a sans doute pas échappé. Elles parcourent les manifestations féministes, formant parfois un “witch bloc”, se réunissent lors de cercles de femmes et de retraites spirituelles pour partir à la reconquête du “féminin sacré”, pratiquent la divination, se mettent à l’écoute de leur intuition, se reconnectent à leur cycle et à celui de la lune, ont leurs comptes instagram, leurs boutiques et leurs newsletters dédiés pour apprendre de nouveaux rituels…

Photo by Halanna Halila on Unsplash

Observant au départ ce phénomène d’un oeil distant, voire un peu sceptique, je me suis finalement laissée séduire par le mouvement. Pas jusqu’à apprendre à tirer les cartes ou investir dans des cristaux ou des bâton de purification à la sauge (cela viendra peut-être qui sait?), mais à admirer la sororité qui se manifeste parmi les femmes qui partent à la (re)découverte de leur part naturelle voire surnaturelle.

C’est donc dès sa sortie, à l’automne dernier, que j’ai eu envie de lire l’essai de Mona Chollet “Sorcières, la puissance invaincue des femmes“. Ayant la mauvaise habitude de lire plusieurs ouvrages en même temps et de passer beaucoup trop de temps sur les écrans, je ne l’ai terminé que récemment. Mais pour moi ce livre est clairement un must-have dans la bibliothèque des femmes qui s’intéressent à la fois aux combats féministes et écologistes.

Les chasses aux sorcières, une guerre contre toutes les femmes

En effet, Mona Chollet décortique un épisode finalement assez mal connu (par moi en tout cas!) de l’Histoire: les chasses aux sorcières, qui ont fait entre 50 000 et 100 000 victimes en Europe. Contrairement aux idées reçues, elles se sont déroulées non au Moyen-Âge mais à la Renaissance (du XVème au XVIIème siècle). Et n’ont pas été perpétrées par quelques obscurantistes mais bien par les élites cultivées et éclairées de l’époque: la sorcière, rappelle l’autrice, est une “victime des Modernes et non des Anciens”.

Si des hommes ont fait partie des victimes, les femmes en représentent la majorité (85%) et la journaliste dépeint les chasses aux sorcières comme une “guerre contre les femmes“, qui a “contribué à façonner le monde qui est le nôtre. Si elles n’avaient pas eu lieu, nous vivrions probablement dans des sociétés très différentes”.

L’objectif de ces meurtres de masse était de réprimer les velléités d’émancipation féminine. En s’attaquant physiquement aux femmes indépendantes, qui ne sont pas subordonnées à un homme, aux femmes de savoir (les guérisseuses, notamment, qui connaissaient les pouvoirs des plantes), aux femmes sans enfant et à celles qui aidaient leurs soeurs à ne pas concevoir ou à avorter, ou encore aux vieilles femmes, devenues “inutiles” aux hommes (ayant perdu leur pouvoir de séduction et leur capacité à enfanter). Mais aussi en maintenant, par la menace et la terreur, toutes les autres dans le “droit chemin”.

Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet (page 38)

Le fléau de l’indépendance féminine

Ce qui est passionnant dans cet essai, c’est qu’il montre que si les chasses aux sorcières sont terminées depuis longtemps, l’idéologie qui les sous-tendait est encore largement à l’oeuvre aujourd’hui, au travers des préjugés et stéréotypes affectant les femmes et du système patriarcal.

Ainsi, observe Mona Chollet, le “modèle” de l’épanouissement des femmes passe-t-il encore largement par la constitution d’un couple hétérosexuel et d’une famille, et que celles-ci restent des “intruses” dans le monde du travail (devant se contenter d’emploi à temps partiel, moins bien rémunérées que les hommes etc.).

“Rien, écrit-elle, dans la façon dont la plupart des filles sont éduquées, ne les encourage à croire en leur propre force, en leurs propres ressources, à cultiver et à valoriser l’autonomie”.

Elle explore également la représentation, souvent moqueuse (la “vieille fille à chat”) des femmes célibataires dans les médias ou la pop culture. Et souligne avec justesse que si les femmes autonomes ne sont plus brûlées sur des bûchers, un nombre non négligeable de celles qui se rebellent sont encore victimes de féminicides par conjoint ou ex-conjoint: un tous les 2,5 jours en France, souvent en représailles de leur décision de le quitter.

“Il serait temps, encourage l’autrice, que les femmes -souvent si peu sûres d’elles, de leurs capacités, de la pertinence de ce qu’elles ont à apporter de leur droit à une vie pour elles-mêmes- apprennent à se défendre face à la culpabilisation et à l’intimidation, qu’elles prennent au sérieux leurs aspirations et qu’elles les préservent avec une inflexibilité totale face aux figures d’autorité masculines qui tentent de détourner leur énergie à leur profit”.

Femmes sans enfant et femmes âgées: invisibilisées et stigmatisées

Outre la figure de la femme indépendante, Mona Chollet examine celle de la femme (volontairement) sans enfant. Qui encore aujourd’hui est une exception (4,3% des femmes déclarent ne pas vouloir de descendance) et doit faire souvent face aux critiques. Pire, le regret d’avoir enfanter est le tabou ultime. “On continue à croire dur comme fer que les femmes sont programmées pour désirer être mères”, écrit-elle.

Dans le chapitre suivant, elle s’intéresse aux femmes âgées (en gros à partir de 50 ans) et à leur invisibilité dans les représentations culturelles. Citant Carrie Fischer, elle souligne: “les hommes ne vieillissent pas mieux que les femmes, ils ont seulement l’autorisation de vieillir”. Prendre de l’âge, note l’autrice, c’est “perdre son rôle de pourvoyeuse de soins pour un mari ou des enfants, c’est être une insoumise, même malgré soi”, c’est réveiller la peur que suscite une femme qui vit pour elle-même.

Elle explore notamment le cas, fréquent, du mari qui quitte sa femme vieillissante pour une plus jeune et s’interroge: et si cet homme ne pouvait aimer que dans une relation inégale? Si les chasses aux sorcières ont particulièrement visé les vieilles femmes, c’est parce que celles-ci avaient acquis de l’expérience et pris une assurance intolérable, explique Mona Chollet.

Citant l’intellectuelle américaine Susan Sontag, qui avait écrit en 1972 un article sur le “double standard” du vieillissement entre les hommes et les femmes, elle rappelle: les femmes “peuvent aspirer à être sages, et pas simplement gentilles, ; à être compétentes, et pas simplement utiles ; à être fortes, et pas simplement gracieuses ; à avoir de l’ambition pour elles-mêmes (…). Elles peuvent se laisser vieillir naturellement et sans honte”.

Photo by Marivi Pazos on Unsplash

Une vision patriarcale du savoir et du rapport à la nature

Dans le dernier chapitre, enfin, celui que j’ai trouvé le plus riche et le plus intéressant, Mona Chollet met en cause la vision patriarcale du savoir et du rapport au monde et à la nature qui s’est imposée justement à partir de la Renaissance et notamment via les chasses aux sorcières. Une vision purement rationnelle, calculatrice, utilitariste, dominatrice du monde, s’opposant au règne de l’émotion, de l’intuition, du mystère, de la spiritualité, de la Terre nourricière…

Prenant l’exemple particulier de la médecine, dont justement les femmes (les guérisseuses) ont été écartées lors des chasses aux sorcières, l’autrice note: elle “concentre aujourd’hui encore tous les aspects de la science née à l’époque des chasses aux sorcières: l’esprit de conquête agressif et la haine des femmes ; la croyance dans la toute-puissance de la science et de ceux qui l’exercent, mais aussi dans la séparation du corps et de l’esprit, et dans une rationalité froide, débarrassée de toute émotion”.

Et rappelant que le savoir et la science se sont construits sur des méthodes et codes élaborés par et pour les hommes, elle rapproche ce phénomène du fameux manque de confiance en elles souvent reprochés aux femmes. “Après des siècles où les hommes de science ou de religion, les médecins, les hommes politiques, les philosophes, les écrivains, les artistes, les révolutionnaires, les amuseurs publics ont martelé sur tous les tons la bêtise congénitale et l’incompétence intellectuelle sans remède des femmes, en les justifiant au besoin par les plus folles élucubrations sur les défaillances de leur anatomie, il serait très étonnant que nous ne nous sentions pas légèrement inhibées”.

Mais Mona Chollet montre également comment l’asservissement des femmes s’est mené en parallèle de l’exploitation sans frein de la nature, réduite à une simple pourvoyeuse de ressources pour le développement des activités humaines. Et termine son ouvrage en évoquant l’écoféminisme, ce courant féministe qui veut penser de concert la libération des femmes et la libération de la nature.

Photo by Julia Caesar on Unsplash

Nina Orengia, créatrice de Comme un loup blanc, mode éthique

Créatrice de la marque lyonnaise de mode responsable Comme un loup blanc, Nina Orengia nous raconte son parcours, qui l’a menée du théâtre à l’entrepreneuriat. Et nous parle de ses projets pour développer sa marque.

Voici quelques semaines, j’ai assisté au tout premier défilé, très réussi, de la marque Comme un loup blanc, dont les pièces sont fabriquées juste à côté de Lyon.

L’événement m’a, je dois l’avouer, remplie d’une petite fierté car Nina, sa créatrice, a fait partie des premières “élèves” du programme de formation Dessine ta boîte que je co-anime chez Pause création.

C’est évidemment très gratifiant de voir une entrepreneuse que l’on a accompagnée passer de nouvelles étapes dans son projet et le faire grandir. Et je me suis dit que le parcours de Nina avait toute sa place dans cette rubrique destinée aux portraits d’entrepreneuses inspirantes!

Petite annonce: si les créations et la démarche responsables de Comme un loup blanc vous plaisent, n’hésitez pas à l’aider à aller encore plus loin! Nina a lancé une campagne de crowdfunding pour lui permettre de développer une collection plus fournie en 2020.

Nina Orengia, créatrice de la marque de mode responsable Comme un loup blanc

Bonjour Nina, peux-tu nous parler de ton activité et de ta marque?

Depuis 2018, je crée des vêtements éco-responsables pour femmes fabriqués en petites séries sous la marque Comme un loup blanc. Je suis seule sur la partie “chef d’entreprise” mais depuis peu je fais appel à un atelier de confection à Villeurbanne (69), Emerjean, qui fabrique mes vêtements.

La plupart du temps, je travaille chez moi ce qui présente des avantages (pas de temps de trajets, tout sur place) mais aussi des inconvénients (trouver un équilibre vie perso, vie pro, savoir s’arrêter, solitude). Je vends mes produits sur mon site internet mais aussi sur des évènements éphémères (pop up, marché, boutique..). J’organise aussi régulièrement des ventes privées, soit dans une salle que je loue pour l’occasion, soit chez des particuliers. J’aime être en contact avec mes clientes, savoir ce qu’elles aiment, apprendre à les connaître.

J’aime expliquer que Comme un loup blanc est une marque qui permet à chaque cliente de créer son empreinte, son identité. D’abord en soutenant une marque éco-responsable mais aussi en portant des vêtements uniques qui ont de la personnalité. Chaque tissu, chaque design est choisi de manière à créer un coup de coeur pour celle qui le portera car immédiatement elle se sentira bien dedans, elle se sentira “elle”.

J’ai d’ailleurs une anecdote d’une cliente qui a complètement craqué pour la marque. Elle m’expliquait qu’elle ne trouve jamais rien dans les magasins, qu’elle met souvent des choses très sobres avec des couleurs neutres, “des vêtements qu’on ne remarque pas”. Et pourtant en voyant mes motifs et mes couleurs qui sont plutôt marqués, elle a tout de suite craqué et m’a dit “c’est dingue, c’est tout à fait moi” !! L’univers de la marque est bohème, des vêtements simples et confortables qui sont de vrais alliés pour le quotidien.

La nouvelle collection printemps-été 2019 Comme un loup blanc

D’où vient le nom de ta marque, qu’évoque-t-il pour toi?

Ma marque s’appelle Comme un loup blanc. Trouver ce nom n’a pas été facile et je suis passée par pleins d’étapes. Comme un loup blanc a été évoqué lors d’un brainstorming en famille. J’ai tout de suite accroché, ce nom m’a tout de suite évoqué un univers, qui m’inspirait lui-même des vêtements. Quand je l’ai choisi, j’avais plusieurs critères. Je ne voulais pas prendre mon nom car je voulais que tout le monde puisse s’identifier à la marque. Et j’avais moi aussi besoin d’inspiration, prendre mon nom bloquait un peu mon imagination.

J’aimais aussi l’idée que la marque ait un animal totem. Et le loup était parfait. Un animal incompris, auquel on donne plusieurs facettes, qui peut être doux et féroce, à la fois sauvage, indomptable mais fidèle.. Bref, tout cet imaginaire me ramenait à moi en tant que femme, à mes humeurs, mes émotions et je me suis dis qu’il représentait parfaitement l’image des femmes que je voulais transmettre à travers ma marque. Chaque personne qui porte un vêtement de la marque est à sa manière un loup blanc. C’est d’ailleurs marqué sur l’étiquette : “Comme un loup blanc”, on enfile une robe comme le loup blanc porte sa fourrure. Le lien avec l’expression “connu comme le loup blanc” m’amusait beaucoup, d’ailleurs on me dit souvent quand les gens mettent un visage sur la créatrice “ah c’est vous le loup blanc!”.

Raconte-nous ton parcours: comment es-tu devenue entrepreneuse?

Avant de créer ma marque, j’étais comédienne, et ce métier était plutôt précaire. J’avais parfois des moments de pause, où je ne travaillais pas et où j’étais à la recherche du prochain projet. Je le vivais assez mal de ne pas travailler et de toujours dépendre des autres pour me donner du travail. C’est à ce moment là que j’ai commencé à rêver à de nouveaux projets dont je serais le chef. Je me suis lancée au moment où j’ai enfin compris qui j’étais et ce que j’attendais vraiment de la vie.

Au départ, je rêvais d’un lieu multi facettes, où il y aurait des spectacles, un café, des objets de créateurs, où l’on pourrait rencontrer des gens, échanger et prendre son temps. Les notions de lieu et d’univers étaient vraiment importantes. Le projet s’est transformé en café dédié aux loisirs créatifs. Je notais dans un cahier mes idées (j’ai aussi été animatrice en centre de loisirs donc les idées ne manquaient pas) et commençais à coudre des prototypes.

En parallèle, je me renseignais sur les lieux qui rejoignaient mon idée pour discuter avec leur créateurs et c’est comme ça que j’ai connu Priscilla, la fondatrice de Pause création. Au cours de notre conversation, elle m’a parlé de la formation professionnelle de couture qu’elle était en train de mettre en place. Et là, évidence ! Je souhaitais me former à la couture depuis longtemps, sans trouver une formation qui me convenait. C’est à ce moment-là que mon projet s’est éclairci et construit. Créer ma marque de vêtements, cela regroupait toutes les valeurs qui me tenaient à coeur : créer mon univers, le partager, être en contact avec des gens, défendre des valeurs éco-responsables. Au début, je menais ce projet de front avec mon métier de comédienne. Cette année, j’ai décidé de mettre le théâtre entre parenthèses pour vivre mon activité d’entrepreneuse à fond car cela demande un engagement considérable.

Pourquoi as-tu été attirée par l’entrepreneuriat, quelle est ta “mission” d’entrepreneuse?

En fait, je me rends compte aujourd’hui que j’ai toujours eu une âme entrepreneuse. Je ne suis pas très âgée mais j’ai rêvé à de nombreux projets, certains que j’ai réalisés (comme créer un spectacle entre danse et théâtre) et d’autres qui se sont modifiés avec le temps.

En créant Comme un loup blanc, je voulais aller au bout de mes rêves, me donner les moyens d’accomplir des choses folles. Je suis jeune et je n’ai pas encore d’enfant donc je pouvais me permettre (mon conjoint me soutenant à fond aussi) de ma lancer dans cette aventure.

Ma raison d’être en temps qu’entrepreneuse est de partager avec vous un peu de qui je suis, de concrétiser ma créativité en imaginant des vêtements qui vont prendre vie avec vous.

Être entrepreneuse pour moi, c’est aussi avoir la possibilité de mener la vie que je veux et de défendre des valeurs qui me sont chères. Je soutiens depuis très longtemps des initiatives écologiques pour aider à préserver notre planète et créer une marque de vêtements éthique et éco-responsable est une manière pour moi d’ajouter une pierre à l’édifice de cette cause, en montrant qu’il est possible de se faire plaisir en respectant les hommes et la planète.

Nina Orengia, lors du premier défilé Comme un loup blanc

Quelles sont les satisfactions et les difficultés que tu rencontres dans ta vie d’entrepreneuse? Que changerais-tu?

L’entrepreneuriat me permet avant tout de vivre ma vie comme je l’entends, de rencontrer des personnes passionnées, de partager ma passion, de créer, de ne jamais cesser de rêver…

Côté difficultés, je dirais l’apport financier. Au départ, l’argent n’étais pas vraiment important car Comme un loup blanc était un deuxième métier. Aujourd’hui la marque a grandi et pour continuer de grandir, il faut pouvoir investir. Ayant commencé mon activité jeune, je n’avais pas de gros moyens financiers. C’est donc cela, la principale difficulté aujourd’hui : faire en sorte que le rêve devienne rentable, que je puisse en vivre.

Si c’était à refaire, je construirais un peu mieux mon plan financier pour partir sur des bases solides. Mais pour le reste, je ne changerais rien. Ce qui est beau avec ce projet, c’est que je grandis avec lui et les décisions/directions que je prends me correspondent au moment où je les prends.

Le conseil qui m’accompagne à chaque étape, et par lequel je voudrais conclure, est une citation de Xavier Dolan: “Tout arrive à qui rêve, ose, travaille et surtout n’abandonne jamais”.

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