Archives de l’auteur : Sandrine Franchet

Portrait de Vic Legrand, fondatrice de Oupsi, foodbike vegan à Lyon

Vic Legrand, fondatrice d’Oupsi, cuisine végétale à Lyon

Vic et la cuisine écoresponsable, ça fait longtemps que ça dure ! Aujourd’hui, elle nous fait découvrir son nouveau projet : Oupsi, un foodbike et un service de traiteur spécialisés en cuisine végétale à Lyon. Elle nous parle aussi de l’accompagnement (Re)pense ta marque qu’elle a suivi au printemps.

C’est à l’occasion d’une Pause entrepreneuses que j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Vic. Surtout que j’avais entendu beaucoup de bien de son précédent projet, l’association Third of Seven, dédiée aux gourmandises véganes.

J’ai tout de suite adoré son nouveau concept : Oupsi, un foodbike itinérant (c’est comme un foodtruck mais avec un vélo cargo, c’est moins polluant), spécialisé dans la cuisine végétale à Lyon !

Et aujourd’hui, je suis ravie de pouvoir vous la présenter au travers de cette interview.

Portrait de Vic Legand, fondatrice de Oupsi, cuisine végétale à Lyon
Portrait de Vic by Jérôme Marin

En avril dernier, tu as participé à l’accompagnement (Re)pense ta marque avec moi : peux-tu nous dire ce que cela t’a apporté ?

Je créais une nouvelle entreprise : j’avais l’impression que la communication n’était pas mon fort et qu’il me manquait des données pour bien l’appréhender. L’accompagnement (Re)pense ta marque m’a aidée à y voir plus clair et à faire le point sur ce que je faisais/savais déjà et sur ce qui me manquait. Le format (10 jours en petit groupe avec accompagnement à distance, NDLR) était porteur. Je me suis sentie à la sois soutenue et accompagnée dans ma démarche, sans être “écrasée par le cadre”. J’applique au mieux les conseils reçus et pour le moment ça paie plutôt pas mal !

Peux-tu nous parler d’Oupsi et de ton activité en cuisine végétale ?

Je travaille dans la restauration écoresponsable : produits locaux, bruts et de saison, beaucoup de bio, le moins de déchets possible et 100% végétal.

J’ai une offre qui se divise en trois parties :
– des gauf’wich et des donuts distribués via un triporteur avec petite cuisine aménagée, que l’on peut retrouver dans les rues de Lyon et sur des évènements,
– un service traiteur pour les pro et les particuliers,
– un service de conseils à destination des professionnels pour les aider à élaborer des plats/menus 100% végétaux, en travaillant bien les protéines végétales (ce qui fait souvent défaut dans ce genre de propositions à l’heure actuelle).

J’exerce mon activité seule avec des coups de main ponctuels de mon amoureux. Il m’aide pour les gros évènements et pour la partie technique de la construction du triporteur. Mon laboratoire de préparation est à mon domicile. Et je me déplace principalement dans le 7e, le 8e et le 3e avec le food-bike. Ponctuellement je participe à des évènements en Rhône-Alpes. J’ai créé une société de type EURL dont je suis l’associée unique et la gérante.

Logo de Oupsi, cuisine végétale à Lyon

Comment as-tu choisi le nom de ta marque et comment décrirais-tu ton positionnement ?

Je cherchais un nom qui ne soit pas vraiment un mot, sans connotation… Il devait se retenir facilement, pouvoir fédérer et être décliné (par exemple, le Oupscycle c’est plus marrant à dire que le triporteur 😉 ). Et surtout il devait me représenter.

Quand à mon positionnement, je dirais qu’il s’agit de street-food gourmande, originale et écoresponsable. J’emploie en général les mots : local, locavore, végétal, écoresponsable, souvent bio, produits bruts, emballages compostables, gauf’wich.
Je n’ai pas encore de slogan mais j’y réfléchis, pas facile de se résumer en une phrase ^^.

Où peut-on trouver Oupsi, à Lyon et sur le web ?

Actuellement (je me suis lancée voici moins d’un mois), l’on peut me trouver sur le quai Augagneur avec des donuts. J’y suis le samedi matin et un autre jour de la semaine encore non défini. Toutes les infos sur les points de vente et les tournées sont diffusées au fur et à mesure via mes réseaux.

Je prends également des commandes en ligne. Sur le web, on peut me suivre via Instagram, Facebook et mon site (pas encore tout à fait à jour).

Normalement je commence à faire le marché du samedi au Quai Augagneur ce mois-ci. Il se peut aussi que l’on trouve mes donuts dans certains restos mais je ne peux pas encore en parler ! On pourra également me retrouver sur la place Bellecour, le 04 octobre prochain, à l’occasion du Lyon Cargo Festival (s’il n’est pas annulé…).

Donuts Oupsi, cuisine végétale à Lyon
Donuts Oupsi by Maud Martin

Raconte-nous ton parcours d’entrepreneuse…

Je suis entrepreneuse depuis l’âge de 20 ans ! En sortant de mon école de stylisme/modélisme à Bruxelles, j’ai commencé en freelance dans le monde du spectacle. Puis j’ai créé ma propre marque de vêtements en semi sur-mesure, et fait du conseil en image et du maquillage sur plateau (de tournage).

Il y a 6 ans, je me suis reconvertie dans la cuisine. J’ai créé et géré une association qui faisait de la sensibilisation à l’alimentation végétale et écoresponsable (oui, il y avait déjà un thème ^^ )

J’ai géré cette asso entièrement, ainsi que sa cuisine. On disposait d’un local et que l’on proposait des soirées jeux à thème et des après-midi jeux de société et gâteaux les dimanches.

En ce qui concerne Oupsi, j’ai commencé à y réfléchir sérieusement en septembre de l’année dernière. J’ai finalement déposé les statuts le 10 juillet de cette année. Au début, je voulais commencer en mettant plutôt l’accent sur les services aux pros. La pandémie et le confinement m’ont fait revoir un peu mes plans…

Côté vie personnelle, je n’ai pas d’enfant et le même amoureux depuis 14 ans. Il me soutient toujours dans tout ce que j’entreprends. Il m’aide comme il peut et dans le temps qu’il a en dehors de son travail.

Pourquoi as-tu choisi l’entrepreneuriat ? Comment définirais-tu ta mission d’entrepreneuse ?

Je ne suis pas calibrée pour le salariat et je suis incapable d’exécuter des directives que je trouve mal faites ou mal structurées. D’ailleurs, sur toute ma vie professionnelle (j’ai commencé à 20 ans et j’en ai 35), j’ai été salariée seulement 6 mois. Et c’étaient les pires de toute ma vie !

Que ce soit avec mes précédentes boîtes ou avec Oupsi, j’ai toujours cherché à rendre la vie des gens plus jolie, tout en cassant les clichés et les codes établis.

Comment vis-tu l’aventure entrepreneuriale : quelles sont les satisfactions, les difficultés… ?

Côté satisfactions, d’abord le fait d’avoir réussi à créer ma société en ces temps compliqués. Et les supers retours que j’ai sur mes produits. C’est très gratifiant de voir qu’on ne se trompe pas et que le grand public apprécie mon travail (et pas juste les amis et la famille :p) .

Côté difficultés : créer une entreprise et fabriquer un prototype de vélo avec un petit budget, c’est déjà un sacré challenge. Mais alors avec un confinement au milieu, ça ajoute du level niveau difficulté… Et actuellement, le challenge c’est de trouver des emplacements avec le vélo et des clients pro pour la saison froide.

Gauf'wich Oupsi, cuisine végétale à Lyon
Gauf’wich Oupsi by Meryl Bercq

Enfin, quels conseils ou messages aimerais-tu délivrer aux (futures) entrepreneuses qui te liront ?

N’hésite pas à demander de l’aide aux gens qui savent, quand toi tu ne sais pas. Questionne les gens qui font des choses qui ressemblent à ce que tu veux faire. Parle avec eux de leurs galères et de leurs réussites, ça te fera gagner du temps.
Ah et aussi, tout est toujours plus long et plus cher que prévu !

Et pour terminer, si tu es neuroatypique et/ou que tu ne te retrouves pas dans le parcours professionnel habituel, lance-toi. Fais-toi aider et fais ce qui te plait. La vie est trop courte et on passe trop de temps au travail pour faire quelque chose qui ne nous rend pas heureux !

Morceaux choisis : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, de Corinne Morel Darleux

Morceaux choisis : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce

J’inaugure ici un nouveau format d’article : une collection des citations que j’ai surlignées au cours de mes lectures. Cet été, j’ai lu le court essai de Corinne Morel Darleux, militante écosocialiste : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Elle y propose un choix radical face à l’effondrement : “refuser de parvenir et instaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé”.

Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, un essai de la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux

“Imaginez que les pauvres choisissent de le rester, les travailleurs de ne plus perdre leur vie à la gagner, les consommateurs d’arrêter d’acheter ! (…) Pour autant, le refus de parvenir ne peut être réduit au critère matériel. Il relève avant tout de la capacité à exercer une intention propre, à effectuer des choix en conscience. Or se réapproprier sa propre trajectoire, quitte à dire non et à sortir du troupeau, est sans doute une des plus grandes jubilations que la vie peut offrir” (p.42)

“On peut néanmoins faire autant de pas de côté qu’on le veut pur mieux guider sa propre vie, un coup de canif isolé ne suffira pas à ébranler les fondations du système. Le cadre reste le même qui dessine les contours, bride et malmène. Seul, on ne fait qu’effleurer la surface du système sans rien résoudre ni en profondeur ni sur le long terme, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Plusieurs coups portés simultanément en des endroits ciblés peuvent s’avérer plus efficaces, mais des îlots séparés ne peuvent former un archipel sans concertation ni conscience collective” (p.51)

“Je suis de plus en plus persuadée que face à l’urgence des catastrophes en cours, il ne s’agit plus de froncer le nez : toutes les initiatives sont à encourager. Peut-être doivent-elles désormais être évaluées non plus uniquement à l’aune de leur efficacité future, mais aussi à celle de leur sincérité et de la dignité qu’elles apportent au présent. La société en est arrivée à un tel état de dévissage culturel, le conformisme et l’injonction normative sont devenus de tels fléaux que toute déviation, tout pas de côté, toute élégance gratuite en vient à acquérir une portée subversive” (p.59)

“Or cette éthique-là (de l’effondrement, NDLR) aura du mal aura du mal à se décréter de l’extérieur si un minimum de reconnexion à soi et d’introspection n’ont pas été menées. Je comprends et partages de nombreux doutes sur cette question de la spiritualité, mais il faut prendre garde à ne pas trop vite la balayer. La réaction aux “petits gestes individuels” pour le climat est souvent comparable : souvent vilipendés pour leur manque de fond anticapitaliste, ils gardent pourtant leur utilité comme premiers pas vers un parcours de “radicalisation politique” : en réalité personne ne passe directement de la prise de conscience de l’urgence climatique au sabotage de chantiers. Or il est primordial dans la période actuelle d’ouvrir des espaces de transformation, pensés comme des sas vers l’organisation et la structuration politique. Ainsi le combo “refus de parvenir, cesser de nuire, dignité du présent” peut constituer un élément de réconciliation entre des univers qui n’en finissent plus de s’opposer : apôtres du changement individuel et partisans de l’action collective, marxistes et anarcho-libertaires, communistes et écologistes, apolitiques indécrottables et moines soldats du militantisme…” (p.72)

Rentrée : faire le point sur son business en 5 questions

Rentrée : fais le point sur ton business en 5 questions

Et voilà, l’été se termine, les enfants sont (enfin !) de retour en classe… Et si tu en profitais pour organiser un petit rendez-vous avec toi-même, pour faire le point sur ton business ? Je te propose de faire le tour de ton activité en 5 questions, simples et rapides.

Comment abordes-tu cette rentrée, pour toi, ta famille et ton entreprise ? Incertaine ? Inquiète ? Relativement sereine ?… Pour moi, c’est toujours la difficulté à se projeter et anticiper qui caractérise l’étrange époque que nous vivons. Et donc la nécessité, pour les entrepreneuses que nous sommes, d’être particulièrement agiles et adaptables.

Dans ces conditions, prendre régulièrement le “pouls” de son activité est essentiel. Identifier les challenges à relever, les opportunités à ne pas manquer et surtout les envies à suivre.

En cette rentrée, j’ai eu envie de me prendre un moment pour faire le point sur mon business, mais sans y passer trop de temps. Comme je te l’expliquais dans cet article, mes heures sont plus comptées que jamais !

5 questions pour faire le point sur ton business à la rentrée
Photo by Ana Tavares on Unsplash

5 questions pour faire un point rapide sur ton business

Pour cet exercice, j’ai tout simplement pris mon carnet de bord. Celui dans lequel j’écris chaque fois que j’ai besoin de démêler mes pensées pour y voir plus clair. Tu peux aussi le faire dans ton agenda, dans ton bullet journal ou si tu préfères directement sur ton ordinateur.

J’ai imaginé 5 questions pour m’aider à analyser les derniers mois écoulés et surtout en tirer des leçons pour les mois à venir.

Question 1 : Qu’as-tu appris depuis le 1er janvier 2020 ?

C’est une question assez large : il peut s’agir de compétences techniques, de savoir-être, de développement personnel ou plus largement de ce que nous avons compris et analysé de la situation inédite que nous traversons… Essaie de te focaliser sur les 3 à 5 apprentissages les plus importants.

Pour ma part, j’ai appris à intégrer la vidéo et les outils distanciels dans ma communication et mes formations. J’ai appris sur moi que je savais être réactive et travailler vite pour faire évoluer mon offre et mes modes de travail en cas d’imprévu. J’ai aussi réalisé à quel point j’avais besoin des autres, d’échanges, de lien social… pour me sentir bien. Enfin, j’ai compris que j’avais une opportunité pour être encore plus utile. Et que c’était “maintenant” que je devais me retrousser les manches si je voulais agir pour construire un monde plus vivable et plus juste.

Question 2 : Que veux-tu poursuivre dans les semaines/mois qui viennent ?

Là encore, la formulation est suffisamment vaste pour te permettre d’explorer les nombreuses dimensions de ton activité et de ta vie professionnelle. Veux-tu conserver une nouvelle offre ou de nouvelles méthodes de travail expérimentées pendant et après le confinement ? Continuer à faire un maximum de réunions et rendez-vous par visio pour passer moins de temps dans les transports ? Te garder du temps pour faire tes courses chez tes commerçants de quartier et cuisiner des bons petits plats maison ?

De mon côté, j’avais profité du confinement pour revoir mon organisation et le suivi de mes tâches. Je l’ai peu à peu adapté mais je veux continuer à être rigoureuse, afin de pouvoir mener de front mes différentes missions. Je veux également continuer à sanctuariser mon lundi matin pour ma séance de kundalini yoga. Et je veux aussi m’en tenir à la limite de temps (fixée cet été) passé sur les réseaux sociaux.

Question 3 : Que veux-tu arrêter ou abandonner dans les semaines/mois qui viennent ?

Il peut s’agir d’abandonner de mauvaises habitudes, certaines missions qui ne t’intéressent plus ou ne sont pas rentables. Ou encore modifier sa vision des choses.

En ce qui me concerne, il s’agit surtout d’arrêter de prendre l’excuse du “trop de boulot” pour négliger l’administratif familial et personnel. Qui a été alertée hier soir à 23h par sa fille qui rentre en seconde qu’elle aurait dû avoir son “pass région” aujourd’hui pour recevoir gratuitement ses manuels scolaires ? Bon, du coup on l’a commandé mais il va falloir quelques jours pour que la procédure soit finalisée : espérons qu’en attendant le lycée sera compréhensif et voudra bien lui remettre ses livres !

Question 4 : Que veux-tu accomplir avant la fin de l’année ?

Il peut ici s’agir d’objectifs personnels ou professionnels, en se focalisant sur les tâches et projets ultra prioritaires. L’idée sera ensuite de décliner chacune de ces priorités en plan d’action opérationnel, avec objectifs intermédiaires, dates etc.

Ainsi, mon principal objectif pour les mois qui viennent est de trouver mon rythme, mon organisation. Objectif : me permettre de concilier au mieux mon travail d’élu et mon activité de consultante-formatrice. Le tout en restant aussi zen que possible. Je suis consciente d’être dans une période transitoire, où je dois apprendre et expérimenter… En parallèle, je veux donner naissance à Fœmina, mon projet d’association pour les femmes entrepreneuses à Lyon. Le lancement prévu en mars avait été annulé, confinement oblige. Mais aussi organiser avec Laura Peterman ma première Masterclass Créer sa marque, et animer au moins 2 ateliers en partenariats avec Dessine ta boîte. Et enfin, caler tous les RV santé pour les enfants et moi-même, décalés ces derniers temps en raison de l’épidémie. Je suis consciente que ce programme est ambitieux ^^.

Photo by Daria Shevtsova on Unsplash

Question 5 : Comment veux-tu te sentir le 31 décembre 2020 ?

Difficile de se projeter à cet horizon de 4 mois tant les incertitudes concernant l’évolution de l’épidémie et nos modes de vie sont grandes. Pour ma part, j’espère me sentir suffisamment sereine, avec le sentiment d’avoir accompli l’essentiel de mes objectifs, mais aussi motivée et combative pour aborder 2021 avec autant d’optimisme que possible.

Et toi, si tu prenais le temps de t’asseoir devant un café, avec un papier et un crayon, pour faire le point sur ton business ? N’hésite pas à partager tes réponses en commentaire ! Psstt: tu peux aussi utiliser les ressources gratuites que j’offre aux abonnées à ma newsletter 🙂

Se mettre au “Slow working” avec Diane Ballonad Rolland

Cet été, j’ai lu le guide pratique Slow working, écrit par Diane Ballonad Rolland, coach spécialisée en gestion du temps et équilibre de vie pro/perso. 10 séances d’auto-coaching pour apprendre à travailler moins mais mieux !

Savoir concilier sérénité et efficacité au travail, remettre à plat sa relation au travail, apprendre à doser ses efforts. Mais aussi parvenir à s’octroyer des pauses et ne plus s’épuiser à la tâche… Voilà ce que nous promet Diane Ballonad Rolland dans son tout dernier livre, Slow working : 10 séances d’autocoaching pour travailler moins mais mieux (éditions Vuibert, collection My Happy Job).

Quel meilleur endroit et moment que des vacances au bord de la mer pour s’intéresser à son rythme de travail ? Objectif : aborder la rentrée avec sérénité !

Slow working : à lire pour aborder la rentrée avec sérénité

Tout commence par un test, pour savoir quel type de travailleur l’on est.

Pour ma part, mes réponses m’ont placée entre “sous l’emprise du stress” et “slow worker qui s’ignore”. Ce qui, en somme, est assez conforme à la réalité. Depuis plusieurs années déjà, je tente de mettre en place des outils et des habitudes pour “ralentir” au travail. Mais j’ai encore tendance à me laisser rattraper par l’ampleur de mes projets et les deadlines. J’ai du mal à dire non… y compris quand il s’agit de me retrouver en position éligible sur la liste écolo de mon arrondissement ^^ !

Alors, c’est parti pour 10 chapitres et autant de séances d’ “autocoaching” pour apprendre à ralentir. En effet, ce livre n’est pas seulement à lire, il propose des exercices et des guides d’introspection pour aider à mieux passer à l’action.

Premier chapitre: qu’est-ce que le slow working ? Il s’agit ici de comprendre les principes qui le régissent, mais aussi de déconstruire nos croyances, nos peurs, nos conditionnements au sujet de l’efficacité, la productivité et le travail en général.

Plus de réflexion, moins de multitasking pour être efficace

Le 2ème chapitre nous invite, lui, à travailler avec intelligence plutôt qu’avec excès. Par exemple en réduisant drastiquement le nombre de tâches sur sa todolist quotidienne. Et en prenant le temps de dresser chaque matin sa feuille de route pour la journée. Attention surtout de ne pas planifier plus de 70% voire 50% de son temps, afin de laisser de l’espace aux imprévus.

J’aime beaucoup cette idée de prendre le temps chaque matin de faire son “plan de route” de la journée… Pour autant, je n’arrive pas encore à le faire régulièrement. J’ai donc décidé de me créer une alerte sur mon téléphone pour me rappeler de le faire !

Au chapitre suivant, Diane nous incite à réhabiliter les temps de réflexion dans nos journées de travail. Loin d’être une perte de temps, ces rendez-vous avec soi-même permettent d’éviter les erreurs dues à la précipitation et de faire baisser son stress.

Le chapitre 4 nous alerte : stop au multitasking ! Il nous empêche de nous concentrer et d’être efficace. Parmi les bonnes pratiques : mettre son téléphone sur pause ou encore employer une stratégie de temps limité (comme la méthode Pomodoro).

Pour ma part, pour me concentrer, j’utilise l’application Forest. Elle permet de faire pousser des arbres virtuels en ne touchant pas à son téléphone 🙂

Et pour aller encore plus loin, Diane nous invite à cultiver la pleine conscience (c’est l’objet du chapitre 5). Formulons chaque matin des intentions claires pour notre journée. Pratiquons la cohérence cardiaque pendant nos pauses. Ou encore apprenons à apprécier nos tâches et pas seulement leurs résultats !

Slow working : savoir prendre des pauses régulières
L’heure de la pause. Photo by Sven Brandsma on Unsplash

Le chapitre 6 nous invite ensuite à trouver le bon équilibre entre nos phases de repos et de travail en respectant nos rythmes biologiques. Et le 7ème à remettre du plaisir et du sens dans notre quotidien professionnel. Notamment en s’assurant d’être claire sur nos valeurs et motivations profondes au travail.

Le slow working quand on est entrepreneuse

Si vous êtes entrepreneuse, en activité ou en devenir, les chapitres 8 et 9 vous intéresseront tout particulièrement.

Le chapitre 8 aborde en effet les formes de travail flexibles. Par exemple le télétravail, le coworking et le freelancing. Ils ont bien sûr des avantages réels en terme d’organisation et de gestion du temps. Mais attention aux risques qu’ils impliquent: absence de repères fermes, travail qui empiète sur la vie perso ou inversement… Le télétravailleur, salarié ou freelance, doit être son propre responsable prévention !

Parmi les pistes proposées par Diane, assumer et respecter soi-même son travail pour qu’il soit respecté par les autres. C’est essentiel ! Je rencontre trop d’entrepreneuses qui ont du mal à considérer leur activité comme un “vrai” travail. Notamment au début, quand elle ne génère pas encore de revenus importants.

Autres conseils : délimiter son territoire, fixer des horaires et les respecter. Mais aussi être claire sur la gestion des tâches domestiques (qui fait quoi et quand). Ou encore se ressourcer auprès d’autres professionnels (via le réseautage, la sous-traitance, l’accompagnement ou encore le co-développement professionnel etc.).

A l’opposé de la startuppeuse, la slow entrepreneuse

Le chapitre 9 s’intitule, lui, Entreprendre slow. Entreprendre slow, c’est promouvoir un modèle d’entreprise à l’opposé de celui de la start-up (qui s’appuie sur une croissance rapide). Le slow entrepreneur ménage sa monture pour aller loin, sans se négliger ni négliger son entourage.

Il s’agit d’en finir avec le mythe de l’entrepreneur super-héros, qui vit à 100 à l’heure et sacrifie tout à son business. C’est, au contraire, faire le choix de se développer de manière durable et patiente. En mettant son bien-être au service de son entreprise (et inversement tant qu’à faire !).

Slow
Photo by Georgia de Lotz on Unsplash

Cela suppose de définir ses limites, de mettre la gestion de son énergie au coeur du pilotage de son entreprise, mais aussi d’apprivoiser ses peurs face à la pression du toujours plus de clients, toujours plus de CA.

Pour ma part, voici un an, j’ai décidé de consacrer tous mes lundis matins à mes séances de kundalini yoga avec Laura. J’en mesure aujourd’hui tous les bénéfices en terme d’énergie et de réduction du stress. Et c’est d’ailleurs parce que mon emploi du temps va se remplir avec mes nouvelles missions d’élue que j’ai décidé de garder cette bonne habitude cette année !

Enfin, le dernier chapitre de cet ouvrage est consacré à la déconnexion numérique ou digital detox. Diane nous conseille d’opter pour la sobriété numérique. Ou encore de nous reconnecter à la nature et à notre corps, par exemple en remplaçant les réunions par du co-walking ou marches créatives.

Mon avis sur le livre Slow working

Tu l’auras compris, j’ai été à 100% convaincue par ce guide. Il synthétise en 10 chapitres concis et utiles les meilleures pistes pour apprendre à travailler un peu moins et plus lentement. Mais surtout plus en profondeur et de manière plus épanouissante.

Je sais, par ma propre expérience et celle des entrepreneuses que je rencontre, à quel point l’entrepreneuriat est un défi en terme de rythme de travail. Voici donc une ressource précieuse pour prendre de bonnes habitudes en la matière !

Redéfinir sa stratégie de communication

Loin d’être gravée dans le marbre, une stratégie de communication a vocation à évoluer. Elle suit le développement de la marque, s’adapte aux nouvelles orientations stratégiques ou encore à l’apparition de nouvelles contraintes… Découvre comment j’ai choisi de redéfinir ma stratégie de communication, pour m’adapter à ma nouvelle situation professionnelle.

Lorsque j’accompagne ou que je forme des entrepreneuses sur la définition de leur stratégie de communication, j’insiste sur un point : il n’existe pas de “recette magique universelle” en matière de communication.

Non, il n’y a ni pratique ou outil à adopter “obligatoirement”, ni méthode ou canal à bannir “absolument” !

Rendre toujours plus visible et claire ta marque et ton activité auprès de ta (future) clientèle est vital. Mais tu as entièrement le choix de la manière d’y parvenir.

Bien sûr, il faut définir avec précision le message que tu souhaites transmettre, la cible que tu vises et les objectifs que tu souhaites atteindre. Afin de choisir des formats, un ton et des lieux de diffusion pertinents.

Mais, il existe aujourd’hui suffisamment de moyens de communication à ta disposition pour te permettre de choisir ceux qui te conviennent. Aussi bien en terme d’organisation matérielle (espace disponible, moyens financiers, temps…), de préférences personnelles (es-tu plus à l’aise à l’écrit, à l’oral, avec un appareil ou un logiciel de création graphique ou encore en face à face ?) que de but à atteindre.

Faire évoluer sa communication au rythme du développement de son entreprise

Lorsqu’on lance son activité, la rendre visible et la faire connaître est primordial. Cela occupe la majeure partie du temps de l’entrepreneuse. Et suppose une stratégie de communication très vigoureuse et “tous azimuts”.

Une fois les premières ventes effectuées, les premiers contrats signés, il est temps de redéfinir sa stratégie de communication. Pour optimiser le temps consacré à la com’, se concentrer sur les canaux les plus utilisés par ses clients, en expérimenter de nouveaux, éventuellement faire sous-traiter une partie de sa communication etc.

Puis, au moins une fois par an), il s’agit de faire le bilan de sa communication. Objectif : mesurer ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins, les actions à reconduire, modifier ou abandonner en fonction des nouveaux objectifs stratégiques de la marque.

Pssst : si tu souhaites apprendre les “bons gestes” et avoir un feedback sur tes réflexions, le programme online (Re)pense ta marque t’attend !

Redéfinir sa stratégie de communication

Une nouvelle stratégie de communication pour m’adapter à un nouveau rythme

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’en parler sur ce blog, mais si tu me suis sur Instagram, Facebook ou encore via ma newsletter, tu es peut-être au courant : j’ai démarré au mois de juillet une nouvelle aventure. Celle d’élue à la mairie de mon arrondissement (le 5ème arrondissement de Lyon), en tant qu’adjointe et référente du pôle économie/entrepreneuriat/emploi.

Ces nouvelles missions représentent en gros l’équivalent d’un mi-temps. Il me va donc falloir réorganiser et optimiser mon emploi du temps. Mon objectif est de me consacrer, en parallèle de mon mandat, à accompagner et former les entrepreneuses dans le développement de leur marque.

Et donc de gagner du temps sur certaines tâches annexes, notamment la communication sur les réseaux sociaux.

Si je passe déjà peu de temps sur mon compte Instagram et ma page Facebook, je prévois de réduire encore plus leur utilisation.

En contrepartie, je communiquerai en priorité sur ce blog, notamment pour mettre en avant des parcours et initiatives d’entrepreneuses de mon réseau.

L’autre canal de communication sur lequel j’ai choisi de me concentrer est ma newsletter. Je vais d’ailleurs simplifier sa forme et adopter un rythme de publication plus libre, pour gagner en souplesse. Si tu n’es pas encore abonnée, fais-le vite ^^

Focus sur la communication événementielle

Enfin, le dernier canal que je choisis de privilégier est la communication interpersonnelle. Celle qui me permet de m’adresser aux entrepreneuses non pas en tant que groupe, mais de manière individuelle.

Celle-ci passe essentiellement par les événements en présentiel et à distance que j’organise ou auxquels je participe.

Si tu es Lyonnaise, tu seras sans doute intéressée par les Pauses entrepreneuses que j’organise chaque mois en partenariat avec Priscilla de Dessine ta boîte.

Mais aussi par les masterclass Créer sa marque que l’on propose avec Laura Peterman (inscris-toi pour recevoir bientôt le programme et les infos sur nos prochaines dates).

Et pour toutes celles qui ne sont pas proches de Lyon, le programme d’accompagnement online “à la carte” (Re)pense ta marque est un bon moyen de travailler avec moi.

Voilà, tu sais comment ma communication va se transformer dans les mois qui viennent. Et toi, est-ce que tu prends régulièrement le temps de redéfinir ta stratégie de communication ?

Des retraites & masterclass pour élever sa marque à Lyon

Avec Laura Peterman, directrice artistique, nous t’invitons à découvrir notre tout nouveau projet commun : l’organisation de retraites et de masterclass pour les entrepreneuses qui souhaitent faire grandir et rayonner leur marque.

Dès la rentrée 2020, nous proposerons à Lyon et ses environs différents formats d’événements, se déroulant sur une demi-journée à un week-end, dans un cadre agréable et inspirant. Toujours en petits groupes, pour permettre un vrai travail de fond.

L’objectif: te permettre d’approfondir les différentes dimensions de ta marque pour la faire rayonner encore plus. Nous explorerons ensemble trois thématiques: la stratégie et la vision, l’identité de marque et la communication.

Pour en savoir plus, laisse-nous tes coordonnées : très bientôt, nous t’informerons des programmes et prochaines dates !

Développer son réseau entrepreneurial pour mieux réussir

Savoir s’entourer des bonnes personnes, capables d’apporter un soutien moral et matériel, c’est essentiel pour développer son business. D’où l’importance de consacrer du temps à créer et entretenir son réseau entrepreneurial. Découvre ici des ressources pour enrichir tes contacts.

Le sentiment d’isolement, c’est l’une des principales difficultés que les entrepreneuses ont rencontrées par le confinement. Mais, même en temps “normal”, il n’est pas facile d’entreprendre seule.

Être entrepreneuse, c’est passer son temps à jongler avec les casquettes. Devoir assurer tour à tour la production, le commercial, la communication, la gestion, la logistique… Puis enfiler son costume de super maman, bonne copine, épouse aimante, fille dévouée…

Un cocktail explosif qui pourrait bien mener directement au burn-out entrepreneurial. Et qui n’est donc pas à prendre à la légère !

Pour faire face, pouvoir s’appuyer sur son entourage proche, familial et amical, est essentiel. Mais cela ne suffit pas toujours, surtout quand ce cercle de proches n’a pas de culture entrepreneuriale.

Se retrouver pour un petit-déjeuner d’entrepreneuses

Il est également important de savoir s’entourer d’autres entrepreneuses et entrepreneurs, à même de comprendre ce qu’on vit, de nous écouter, de nous donner de bons conseils, de partager leur expérience et leurs connaissances, de nous aiguiller pour faire les bons choix.

Avoir un réseau entrepreneurial diversifié, c’est aussi l’opportunité d’identifier des partenaires et prestataires potentiels, auxquels on pourra déléguer certaines tâches et alléger ainsi sa charge de travail.

Des ressources pour élargir son réseau entrepreneurial

Depuis 10 ans que j’accompagne des entrepreneuses dans le développement de leur marque, j’ai toujours eu à cœur de leur proposer des outils et des espaces pour rencontrer et échanger avec d’autres entrepreneuses.

N’hésite pas à les découvrir et les utiliser si tu sens que tu dois travailler sur cette dimension de ton business 🙂

Pour commencer, laisse-moi te parler de la Pause entrepreneuses. C’est une manière conviviale de rencontrer chaque mois d’autres entrepreneuses autour d’une nouvelle thématique.

Elle se déroule normalement à Lyon, dans les locaux de Dessine ta boîte (Lyon 6). Mais en ce mois de juin, nous avons testé un nouveau format, la Pause entrepreneuses digitale, sur le thème “Préparer sa rentrée pour passer un été détendu”. Tu peux trouver le compte-rendu des interventions sur le site de Dessine ta boîte.

Nous allons sans doute, dès septembre, programmer d’autres Pauses entrepreneuses digitales pour permettre à celles qui ne peuvent venir à Lyon de bénéficier de ces échanges. Si cela t’intéresse, tu peux être informée des dates en rejoignant le groupe Meetup, le groupe privé Facebook ou encore la newsletter de la Pause entrepreneuses !

Séance de découverte du co-développement professionnel lors de la dernière Pause entrepreneuses

Pour générer des échanges et de l’entraide entre entrepreneuses, je propose également de rejoindre le Slack des entrepreneuses.

Et si ton activité se situe dans le champ créatif, tu peux bien entendu rejoindre la communauté des Entrepreneuses créatives sur Facebook (et notamment le groupe privé La tribu des Entrepreneuses créatives), mais aussi sur Instagram, où grâce à nos “live” ou encore au challenge #monbusiness2020 nous essayons de faire grandir le réseau des entrepreneuses créatives !

Et toi, quels sont les réseaux auxquels tu appartiens ? Que t’apportent-ils dans ton business ?

Laura Peterman, enseignante de kundalini yoga

J’ai déjà eu l’occasion d’interviewer Laura Peterman, sous sa casquette de directrice artistique et créatrice d’identités de marque (je lui dois mon identité visuelle et ce joli site !). Si j’ai de nouveau invité Laura à répondre à mes questions, c’est pour qu’elle nous parle de sa deuxième activité: celle d’enseignante de kundalini yoga.

Le yoga et moi, c’est une histoire qui dure depuis 10 ans :). Aux Pays-Bas jusqu’en 2013 puis à Lyon, ou encore lors de retraites de yoga, j’ai pu expérimenter différents types de yoga (vinyasa, ashtanga, sivananda…) mais aussi découvrir les bienfaits de la méditation ou encore du chant de mantras.

Grâce à ma rencontre avec Laura, je pratique depuis septembre dernier le kundalini yoga. Je consacre mes lundis matins à ces séances et cette nouvelle routine m’a fait tellement de bien sur le plan physique comme mental, que j’avais envie de vous la faire découvrir !

Avis aux Lyonnaises: Laura anime un cours hebdomadaire le lundi matin à Vaise (Lyon 9), dans les locaux de l’association Narayan. Elle propose également des ateliers ponctuels de Kundalini Yoga pour femmes, accessibles à tous niveaux. Suivez-la sur Instagram pour en savoir plus !

Bonjour Laura, peux-tu nous expliquer ce qu’est le kundalini yoga et les raisons pour lesquelles tu as commencé à le pratiquer?

J’ai découvert le Kundalini Yoga (KY) en 2013, un peu par hasard. Je traversais une période difficile, fraîchement séparée, donc maman solo avec un petit garçon de 3 ans à peine. Je cherchais quelque chose, je ne savais pas quoi. J’avais besoin de redonner du sens à ma vie, de comprendre ce que je faisais là, et comment avancer. C’est là que j’ai eu mon premier cours de KY.

Ça a été la révélation. J’avais déjà testé pas mal de choses, mais j’ai su, sur le tapis, pendant cette heure de cours, que j’avais trouvé ma pratique. J’ai accroché tout de suite. Le Kundalini Yoga est un Yoga particulier, vraiment profond et spirituel. Il ne s’agit pas de faire de parfaites postures Instagrammables. C’est au contraire une expérience très intérieure à soi, avec soi, et en même temps très intense, qui nous pousse à dépasser nos limites, à changer nos comportements inconscients et nos habitudes néfastes. On l’appelle aussi le yoga de la conscience. Il est très complet. Et c’est ce que je cherchais. Ça a été (et c’est toujours !) ma thérapie. Au bout d’un mois, je pratiquais tous les matins chez moi, et 6 mois plus tard j’entamais la formation pour être enseignante.

Depuis septembre 2019, tu as décidé de l’enseigner. Peux-tu nous raconter ton cheminement, nous parler de tes cours et de ce que cela t’apporte dans ta vie personnelle et professionnelle ?

En fait, je suis enseignante depuis 2015, mais je donnais très peu de cours. Je faisais surtout des remplacements ou des cours chez moi de temps en temps avec quelques personnes. Le yoga est avant tout un mode de vie pour moi, et j’ai fait la formation au départ uniquement dans un but de développement personnel. Cela me faisait tellement de bien que je voulais tout savoir sur ce yoga, le pratiquer, le vivre, plonger dedans.

Mais assez naturellement vient un moment où l’on se dit qu’on ne peut pas garder ces outils pour soi. Cela a tellement changé ma vie que j’ai voulu partager ces enseignements avec d’autres. L’occasion s’est présentée à moi en septembre quand on m’a proposé un cours fixe hebdomadaire, dans l’école où j’ai été formée. C’était une évidence.

Ensuite j’ai ouvert des ateliers pour les femmes, car le Kundalini Yoga contient une quantité phénoménale d’enseignements spécifiques pour les femmes, plus que jamais utiles ! Quand j’ai démarré, c’est surtout cela qui m’a attirée. Cela a changé ma vision de ce que signifie être une femme. Cela m’a réconciliée avec moi même. Clairement, dans ma vie, il y a eu un avant et un après Kundalini Yoga !

Le Kundalini Yoga m’a appris à être en paix avec toutes les facettes de moi-même, à les reconnaître, à les comprendre, et à les accepter. Et quelque part, cela influence ma façon de travailler. Quand je crée une identité pour une marque, cet alignement avec son essence me semble primordial : être en accord avec qui l’on est profondément, l’assumer pleinement et l’exposer au monde.

Comment tes deux activités ont-elles été impactées par l’épidémie de coronavirus et le confinement total qui a été décidé ? Comment t’es-tu adaptée à cette nouvelle donne ?

Honnêtement, dans ma vie quotidienne, je n’ai pas vraiment vécu de changement, car je suis déjà toute la journée à la maison à travailler derrière mon écran. Et je suis plutôt introvertie et casanière de nature, donc je dirais que je n’ai pas été très impactée. Côté travail, j’ai en fait été très sollicitée car beaucoup de personnes avaient tout à coup du temps pour s’occuper de leurs projets, et les conditions de confinement ont aussi poussé beaucoup d’activités à se tourner vers le web : cours et formations en ligne, produits virtuels… donc plutôt bien occupée personnellement pendant ces deux mois de confinement !

Quant à mes cours de yoga, il a fallu s’adapter. L’association dont je fais partie a choisi de maintenir les cours hebdomadaires avec les élèves en visio, car les outils du Kundalini Yoga sont plus que jamais utiles et nécessaires, en particulier dans des situations de stress intense et d’incertitude comme celle que nous avons traversée.


Connaissiez-vous le kundalini yoga ? L’avez-vous déjà expérimenté ? Quelles pratiques physiques et/ou spirituelles utilisez-vous pour prendre soin de vous?

Enquête: les entrepreneuses et le confinement, épisode 3

Dans ce dernier volet de restitution de l’enquête sur la manière dont les entrepreneuses ont vécu et surmonté le confinement, elles nous expliquent quelle est leur vision de l’après-confinement. (Retrouvez l’épisode 1 et l’épisode 2)

Pour commencer, le confinement a été un moment de bouleversement professionnel mais aussi un bouleversement émotionnel pour les entrepreneuses. Interrogées sur la manière dont elles l’ont vécu sur le plan psychologique, la plupart d’entre vous sont très partagées, et relatent aussi bien des conséquences positives (ralentir, se poser, sortir la tête du guidon, profiter de son conjoint et de ses enfants, retrouver de la créativité) que négatives (être isolée, voire avoir l’impression d’être devenue invisible, ou encore le sentiment d’être inutile).

Un ralentissement forcé plutôt bénéfique… mais un sentiment d’isolement et d’incertitude, et de la fatigue

Difficile de faire du tri parmi vos verbatims qui illustrent bien vos ressentis:

  • “Si d’un point de vue personnel ça a été très chouette (en 23 ans je n’ai jamais été autant avec mon amoureux qui bossait à la maison en télétravail, les filles ont pu profiter de nous, nous avons fait plein de choses tous ensemble) d’un point de vue pro ça a été très dur à vivre. Cet arrêt brutal a été un vrai coup de massue car il remet en cause tout: on projet, le fait de me poser un peu, de pouvoir me dégager une rémunération, de me sentir utile … je me suis sentie parfaitement inutile (du coup j’ai cousu des masques pour mes voisins et mes amis). J’avoue que je me suis demandé si ça valait le coup de se battre encore et encore, de repartir encore une fois à zéro. Et puis il faut croire que oui … c’est reparti à fond les ballons !”
  • “Même si je suis quelqu’un de très positif et optimiste, cette période a été (et est toujours) assez difficile. Sur le long terme et d’un point de vue général, je pense que ce confinement sera une opportunité pour notre société d’évoluer vers de choses positives ! Par contre, à titre individuel, ce n’est vraiment pas facile. Aussi bien d’un point de vue personnel que professionnel. J’essaie de rester optimiste et courageuse, de m’adapter, de prendre les choses comme elles viennent… Même si je sais que c’est le lot de la plupart des entrepreneurs indépendants qui se lancent en solo, je crois que je me sens terriblement seule. J’ai l’impression que si j’arrêtais de bosser, personne ne s’en rendrait compte !”
  • “J’ai beaucoup apprécié cette période pendant laquelle l’équilibre entre vie pro et vie perso était idéal…. Mon mari travaillait le matin pendant que je faisais l’école, je travaillais l’après-midi. Les soirées et les week-ends en famille étaient riches de partage et d’échange. Le CA n’était certes pas au rdv, mais je l’ai vu comme un investissement sur l’avenir. J’ai beaucoup travaillé à me fabriquer des outils pratiques: des tableaux de bord pour suivre mon activité, des trames pour la mise en page de mes patrons et des livrets, j’ai rédigé la chronologie des étapes depuis l’idée jusqu’à la sorti du patron, etc. J’ai aussi sorti 2 nouveaux patrons, plus aboutis que les premiers. J’ai eu le sentiment d’enfin prendre le temps de faire les choses bien, plutôt que de courir après le temps.”
  • “Je crois que je fais partie au final des personnes qui ont plutôt bien vécu le confinement ! Surtout pour des raisons personnelles. Ce temps a été très bénéfique même si pas toujours facile. J’ai réussis à voir les choses de façons positives, à ralentir, prendre du temps pour moi et m’écouter. Des choses essentielles qui ont fait beaucoup de bien ! Au niveau pro, ce fut bien plus complexe. Majoré par l’immobilisation totale de mon compagnon. Il peut être très difficile de travailler et se concentrer dans une même pièce. Il est bien plus tentant de profiter de ce temps !”
  • “Au début, complètement abattue et incapable de créer. Alors, j’ai mis en off mon atelier (qui est devenu le débarras de notre maison) et j’ai fait comme beaucoup : du pain, des apéros Zoom, du rangement, des travaux, le tri des photos, du workout, des jeux de société avec les enfants … rien de très original ! Puis quand la date d’un possible déconfinement est apparue, j’ai doucement retrouvé l’envie de me remettre à l’établi, de me réapproprier mon espace de travail, de délier mes doigts (autrement qu’en cousant des masques …). En fait avec le recul, j’avais certainement besoin de ce temps imposé (offert ?) pour me recentrer et arrêter de travailler toujours dans l’urgence.”
  • “Je me suis sentie (et c’est toujours le cas) très perturbée et déphasée du fait de l’arrêt brutal de mes routines. Ensuite, je me suis trouvée pas assez isolée justement avec mon amoureux à la maison toute la journée. On s’entend bien mais normalement il n’est pas là de 8h30 à 19h30 et ça me va bien parce que j’ai besoin de temps seule tous les jours. Deux mois ensemble H24 c’était très compliqué. Le point positif c’était de ne pas devoir faire l’effort de sociabiliser avec des gens extérieurs.”
  • “J’ai accepté que par moment je sois un peu déprimée, fatiguée et je me suis reposée. La peur de la mort a quand même été présente avec le sentiment que “de toute façon ça va aller”…. Un sentiment d’impuissance et d’incertitude sur l’avenir en tant que personne vivante m’a permis de me recentrer sur l’essentiel :passer du temps avec mon fils et notre chat !”
  • “Je ne me suis jamais ennuyée, toujours pleins d’idées à explorer. Le cadre était aussi adapté : un mari qui assurait l’aspect financier par son activité, vivre en maison avec petit jardin, et un chien 😉.”
  • “A la fois l’excitation de trouver de nouvelles solutions, et la fierté de mieux connaître la satisfaction de nos clients, et puis la crainte de l’avenir, toujours incertain avec les écoles qui rouvrent à mi temps sans gestion de la pause déjeuner, et la fatigue/usure de donner plus au quotidien sans réel gain financier (vu la perte de 60-70% de l’activité) : on couvre les frais fixes ….”.
  • “J’ai apprécié d’être à la maison, de prendre le temps de cuisiner, de flâner, de partager des moments en famille. En revanche, professionnellement je me suis sentie terriblement seule, isolée dans ma bulle, à ne plus savoir où aller. Depuis le coaching avec toi, je me sens un peu plus rassurée sur mon message de marque, néanmoins inquiète face à cet avenir incertain qui se dessine”.
  • “Inquiète pour mes proches fragiles, sous le choc, sentiment d’être inutile (par rapport aux soignants) Puis revigorée avec la sensation de créer des produits indispensables et made in France avec les masques AFNOR. Puis en colère face à la systématisation du bénévolat féminin des couturières (encore à ce jour) pour des masques souvent commercialisés par des entrepreneurs”.
  • “Des jours presque enthousiasmée car j’avais l’impression que c’était l’occasion de faire ce que je n’ai pas le temps de faire d’habitude et parfois triste à cause de mon manque de créativité en cette période compliquée. C’est le contact humain qui m’a le plus manqué. Et dans le flou car nous sommes tous dans l’incertitude pour l’avenir.”
  • “Au départ, je l’ai pris de manière très positive car j’avais besoin de temps pour moi et pour finir mes projets personnels. Mais au bout d’un mois et demi, je me suis sentie isolée, et ce sentiment s’est renforcé depuis le déconfinement (car je ne connais personne dans la nouvelle région dans laquelle j’ai emménagé en février)”.
  • “Selon les jours : très inquiète pour l’avenir (mais au-delà de mon activité pro, inquiète pour la planète et notre société), et parfois plutôt soulagée de ce ralentissement forcé”.
  • “Compte tenu de la soudaine croissance d’activité et de visibilité, j’ai vécu cette période de manière très positive et très motivante”.
  • “Bizarrement apaisée de pouvoir prendre le temps de tout faire bien mais pessimiste pour l’avenir”
  • “Positif car j’ai pu faire plein de choses pro que le travail en solitaire le reste de l’année ne me permettais pas. Moins de prod et plus de com. Mais émotionnellement compliqué de gérer l’inconnu, les incertitudes de l’avenir.”
  • “Tellement débordée que je n’ai rien vu passé”
  • “Négative pour pleins de raisons : je suis dans une des zones les plus touchées de France, avec une situation familiale inédite et très violente émotionnellement, sans parler du stress pour l’avenir de mon activité.”
  • “Positive. Même si j’avais beaucoup moins de temps, j’ai dû cogiter pour développer et mettre en application des options pour me maintenir avec ce temps en moins. Je pense que j’ai gagné en efficacité. Positive mais dur car beaucoup de fatigue physique (j’ai dû travailler la nuit pour arriver à quelque chose) et un peu de fatigue mentale – enfant / conjoint / promiscuité… le confinement quoi !”
  • “Très contradictoire. Ravie de prendre du temps avec mes enfants, mais du mal à trouver un moment de calme pour moi. Stress pour mon entreprise encore très présent”.
  • “Globalement de manière positive. J’ai profité de la crise pour convaincre mon mari de l’intérêt de la décroissance; du faire d’où même avec ce qu’on a!”
  • “Après les 15 premiers jours de confinement qui ont été un peu compliqués car mon compagnon a eu la covid-19, j’ai vécu le confinement de manière positive. Par ce que je n’étais pas seule à vivre un arrêt total d’activité. Par ce que la vie nous a imposé cela, et que dans chaque situation j’ai pour habitude de ne voir que le positif. J’ai pris de temps pour moi, j’ai aussi pris du temps pour lire tout ce que j’avais sauvegardé, mis de côté pour quand j’aurai du temps … J’ai beaucoup réfléchi sur comment faire après. J’ai remis tout à plat, inventaire, stock etc … et puis oui je me suis sentie menacée par moment, avec milles questions, mais notre force en tant qu’entrepreneur c’est d’avoir cette capacité à rebondir, alors une fois cette réflexion acceptée et digérée, naturellement je me sentie apaisée. Comme tout le monde, je ne sais pas ce que sera demain, depuis quelques années déjà face à des situations compliquées j’ai pour devise “Improvise” alors je me fais confiance et j’improviserai.”
  • Les 2 ! D’un côté personnel, une bouffée d’oxygène : plus de déplacement, un équilibre familial très agréable : avec mon mari très présent, sans plus de trajet pour lui non plus + mes enfants, beaucoup de calme autour et l’omniprésence de la nature qui est pour moi une ressource (j’ai eu la chance d’être confinée dans une maison, en pleine campagne). Du côté professionnel, la possibilité positive de finir enfin certains dossiers et beaucoup d’incertitude économique, au point de me demander si ce n’était pas un signe pour arrêer (mon activité n’a que 2 ans et est plutôt en construction qu’établie). De la déception et de la tristesse mais laissés de côté face aux enjeux.
  • “Très positive car j’étais limite en burn-out avant donc cela m’a permis de me poser et d’avancer sans pression”.
  • “Plutôt positive : cela m’a conforté sur le fait de lancer mon projet pour pouvoir quitter mon emploi et sur le fait que j’étais capable de travailler à la maison. Plutôt négative sur le fait de ne plus pouvoir se projeter.”
  • “Au début j’ai été submergée par l’anxiété, s’habituer à ce nouvel état de fait. Drôle de sensations. Ensuite, le vide a laissé la place à une créativité débordante. Plus de temps, plus de place, plus de calme. Une période chargée de positif.”
  • “je suis assez casanière. J’ai de l’espace chez moi ! alors j ‘ai aimé vivre avec les miens. J’ai commencé un super nouveau projet hyper génial ! Alors le confinement a été ultra positif.”
  • “Étonnamment sereine. Résiliante et résignée.”
  • “Émotionnellement assez déstabilisée. Une impression d’être devenue “transparente et invisible”. La boutique fermée du jour au lendemain, donc assez anxieuse de la suite des évènements. J’en ai profité pour travailler suivre des formations en ligne et des webinaires que je n’ai jamais le temps de faire.”
  • “En 2 mois, je suis passée un peu par toutes les phases. Au final je dirais que cette pause m’a fait du bien. Ne pas avoir besoin d’être efficace permet d’envisager le travail autrement.”
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Déconfinement: des conséquences pas toujours positives

Après ces deux mois de confinement déstabilisant, comment avez-vous accueilli le déconfinement partiel du 11 mai ? Là encore, de manière assez partagée. Pour près de 50% d’entre vous, il n’a fondamentalement rien changé: les enfants n’ont pas forcément repris l’école, les conjoints sont restés en télétravail etc.

Pour un tiers d’entre vous, le déconfinement a eu un impact mitigé, voire compliqué:

  • “Ça se complique… Mon mari doit retravailler un peu plus… Mais les enfants sont toujours là ! (Seul mon fils pourrait aller à l’école 2 jours par semaine, les maîtresses de mes filles n’ont pas repris). Pour le mois de mai, ça passe encore. Mon mari rentre tôt, j’arrive encore à travailler. Je n’ai pas encore repris les cours de couture, mon atelier est petit, difficile d’appliquer les gestes barrières. Pour le mois de juin, il faudra trouver d’autres solutions….”
  • “J’avais plutôt gardé le moral pendant le confinement (je m’étais préparée à ce que ce ne soit pas évident – et puis, c’était presque pareil pour tout le monde). Mais je n’avais pas anticipé que le déconfinement serait encore plus difficile. On a l’impression qu’il faut redémarrer au quart de tour, mais ça va prendre du temps pour mettre en place de nouvelles façon de travailler…”
  • “On continue l’école à la maison pour continuer à prendre le temps. Difficile de rester sur cette temporalité quand on voit sur les réseaux les autres qui se remettent en activité….. Ça m’a déprimé 3-4 jours….. Le fait de sortir sans vraiment de but… J’ai pu aller chercher du matériel et du stock à l’atelier pour le ramener à la maison.”
  • “Nous pouvons enfin faire de grande balades et voir nos proches tout en faisant attention ! Mon activité est toujours en arrêt puisque ma fille ne pourra pas retourner à l’école avant septembre ! Ça c’est le gros point noir qui me met en colère alors que nous sommes en zone verte… Du coup je réfléchis encore…”
  • “J’ai pu me déplacer à Paris pour quelques séances photo de famille avec masques et distances de sécurité, mais les projets pro, les mariages et les évènements d’entreprise sont tous en stand-by, mon activité n’est donc pas revenue à la normale du tout”.
  • “Exposition dans une boutique. Et j’espère bientôt la livraison des fournisseurs ! Je ne reprends pas les ateliers créatifs par contre (qui était une bonne partie de mon CA)”.
  • “Certains de mes clients prennent leur activité mais pas tous et pas avec le nombre d’heures du contrat. Reprendre avec seulement la moitié de mes clients n’est pas rentable.”
  • “J’ai augmenté à nouveau le rythme des expéditions, mais cela reste compliqué, les clients ayant stoppé les commandes depuis le déconfinement, la mauvaise surprise…”
  • “Reprise lente due à la présence des enfants”.
  • “J’ai recommencé à me rendre physiquement chez certains clients mais pas aussi souvent et longtemps qu’avant. Je continue sur beaucoup de télétravail. Rien est encore décidé mais cela risque de modifier la façon d’interagir avec certains avec lesquels je travaillerai davantage à distance.”
  • “Je suis de nouveau en déséquilibre. Difficile de jongler entre le fonctionnement mis en place et qui fonctionnait; la remise en route avec de nouvelles contraintes (hygiène etc)”
  • “L’école n’a pas repris, j’ai toujours mes filles à la maison…j’ai recommencé à créer le soir pour pouvoir envoyer du réassort sur mes dépôts ventes mais malheureusement je ne suis pas prête pour la Fête des mères, j’avais prévu des modèles de bracelets que je n’ai pas pu sortir…”
  • “Dans les cours de couture les élèves sont ensemble autour d’une table et il a fallu repenser l’agencement de l’atelier pour qu’elles aient un espace de travail chacune. Il est plus compliqué de faire certains cours avec des élèves aux quatre coins de la pièce, donc il a fallu repenser certains cours débutants.”
  • “Nous n’avons pas réouvert la boutique “live”, mais nous avons mis en place une solution de drive. On continue à faire 50% du travail en télétravail.”

Heureusement, pour quelques unes d’entre vous, le déconfinement a été accueilli de manière globalement positive:

  • “Mon activité d’ateliers DIY reprendra tout doucement et avec de nouvelles normes d’accueil. Je suis ravie de démarrer enfin mon projet de boutique-atelier (retrouver le contact …) et en plus, je souhaiterais désormais être plus “mordante” avec mon E-shop, car le confinement a clairement montré qu’au-delà d’une consommation locale et raisonnée le E-commerce est de plus en plus florissant.”
  • “Je sens une nouvelle dynamique – même si elle est toute relative.”
  • “Notre boutique de créateurs a ouvert à nouveau et les clients sont au rendez-vous.”
  • “J’ai repris mon activité (salon coiffure) à temps plein”.
  • “J’ai repris les ateliers à effectif divisé par deux
  • “Pas de déconfinement pour l’instant: arrêt du télétravail, je suis en garde d’enfant jusqu’au 2 juin, j’ai beaucoup plus de temps à consacrer à mon projet 😁”
  • “Pour le moment, pas vraiment de changement, c’est toujours très calme. Alors j’en profite pour bâtir de nouvelles choses, plonger dans des eaux profondes de créativité et devenir boulimique de développement personnel. Avec des shoots de positif et d’optimisme à outrance pour passer cette traversée du désert. Et je laisse le courage me guider, comme toujours ;)”
  • “J’ai pu enfin relancer les prospects qui devaient tester mon produit.”
  • “Il m’a permis de rouvrir ma boutique et de retravailler à l’atelier et de vendre mes collections.”

Pour l’avenir: plutôt confiante à moyen-long terme

Après vous avoir fait réagir sur le confinement et le déconfinement, il me restait à vous interroger sur votre vision de l’avenir.

A court terme ( c’est à dire d’ici à septembre), vous êtes assez partagées, mais quand même davantage inquiètes : vous êtes 28% à vous sentir “plutôt pas confiante” et 23% à vous sentir “plutôt confiante”.

A moyen terme (d’ici à fin 2020), vous êtes globalement optimistes: 45,5% d’entre vous se sentent confiantes contre seulement 16% qui ne se sentent pas confiantes.

Enfin, pour 2021, vous êtes là encore globalement positives: 37% des répondantes se sentent confiantes et seulement 9% qui ne se sentent pas confiantes.

Manque de visibilité sur l’avenir, besoin de communiquer et de ne plus rester seules

Pour terminer le questionnaire (et cette très loooooongue restitution!), je vous ai interrogées sur vos besoins et questionnements pour l’avenir.

Ce qu’il en ressort en premier lieu, c’est la grande incertitude dans laquelle vous vous trouvez, qui vous paralyse un peu dans la prise de décision.

  • “Il est très difficile de se projeter à ce jour, même avec toutes mon énergie et mon investissement, je ne sais pas ce qu’il en sera. Mais je vais faire en sorte de !”.
  • “J’hésite : y aura-t-il un véritable revirement de la consommation des Français vers du Made in France, avec une prise de conscience ou tout sera vite oublié ?”.
  • “Pour le moyen et le long terme, je n’ai vraiment aucune visibilité et je me demande si et comment les entreprises ou les organisations vont avoir besoin de moi et le budget pour des intervenants extérieurs”.
  • “Je vois que certaines recommencent à animer des ateliers créatifs, à accueillir du public en garantissant que les participants ne courront aucun risque… Moi je ne me sens pas capable de prendre une telle responsabilité. Du coup, j’ai un peu peur de rester en marge, de louper le coche de la reprise !”
  • “Je travaille en B to B et B to C : beaucoup d’incertitudes dans les deux cas. Comment les particuliers vont orienter leur vie et leurs dépenses dans les mois à venir ; quelle va être la santé financières des entreprises avec lesquelles je peux travailler (biographie d’entreprise) et comment vont-elles réorienter leurs budgets ? Le secteur de l’édition va-t-il surmonter cette crise (correction) = en 2008, le recrutement des correcteurs free lance a été considérablement diminué.”
  • “Le plus compliqué reste de gérer les reports de date, sans savoir vraiment quand nous serons libéré-es de la peur du virus. Par exemple, j’ai 3 mariages de cet été qui ont été reportés le même jour début septembre, et ce n’est pas certain qu’ils puissent de toutes façons avoir lieu début septembre, il est donc très compliqué de prendre des décisions à l’heure actuelle je trouve.”
  • “J’ai encore beaucoup de choses à faire pour m’adapter à la situation. J’ai encore du mal à évaluer comment la situation va évoluer.”
  • “Je fournis du matériel à des créatrices. Mon activité dépend du bien-être de la leur. Je vais devoir m’adapter mais je ne sais pas vraiment à quelle situation.”
  • ” Évacuer le stress est mon point essentiel du moment.”

Malgré tout, vous êtes également motivée pour faire évoluer votre activité et la rendre plus résiliente aux moments de crise:

  • “Ma priorité: réaliser des ventes pour faire rentrer du chiffre d’affaire dans un avenir assez proche, c’est un peu mon obsession du moment. Notamment pour réaliser un chiffre d’affaire correct qui pourra devenir une référence au cas où l’année prochaine on repasse à nouveau 2 mois en confinement ! Création d’entreprise et chiffre d’affaire proche de 0 = pas d’aide…”
  • “Je m’interroge sur l’aspect distanciel des projets à venir et comment les anticiper si ils se généralisent (formations et perfectionnement des outils de visio envisagés)”.
  • “La distanciation sociale est complexe pour les retouches… donc à voir comment je peux passer le pas, pour le moment arrêt de cette activité”.
  • “Repositionnement de l’activité avec un mixte présence/distance”
  • “Je me demande comment être encore plus présente en ligne sur le web car clairement, il ne faut pas se faire des idées mais on ne reverra personne dans les salons avant 1 an !”
  • “Je pense qu’il est essentiel pour moi de proposer plus de choses en ligne autant pour mon activité de maquilleuse que la vente de mes accessoires. J’y pense depuis fort longtemps, là c’est le déclic !”

Le troisième point important qui ressort de vos réponses, c’est l’accent que vous avez décidé de mettre sur votre communication:

  • “Je suis plutôt sereine. J’ai eu besoin de refaire le point sur mes objectifs, qui étaient devenus inatteignables. Je me suis pas mal interrogée sur « comment faire croître ma notoriété ? » en l’absence de salon et autres événements. J’ai trouvé quelques réponses mais la question reste ouverte !”
  • “Je t’avoue que je suis en mode Walkyrie la tête dans le guidon mais mon point faible reste la communication (j’ai relu d’ailleurs les supports de votre formation Devenir pro online que j’avais suivie quand j’ai démarré)”.
  • “Se faire connaître sur le net (boutique ou réseaux) me semble compliqué en ce moment”…
  • “Je vais essayer de nouer des partenariats pour relancer mon activité.”
  • “Suivre ta formation “repense ta stratégie de marque” … bien sûr !!”
  • “Ma priorité est le lancement de ma boutique en ligne. Le confinement m’a permis de mettre en place des plannings éditoriaux pour mes réseaux sociaux, je dois garder le cap. C’est un moment particulier à vivre. J’ai trouvé difficile de sortir du lot dans ce flux permanent de newsletter et autres bonnes idées pour “bien vivre le confinement”.”
  • “Étant artiste, je trouve difficile de me faire une place sur les réseaux sociaux comme sur la scène “locale”. Et le fait de payer pour des créations / services reste encore assez peu évident pour beaucoup de gens, j’essaie donc de me battre pour faire reconnaître le travail créatif.”
  • Par ailleurs, pour mettre en œuvre mes nouvelles idées d’activités, j’aurais besoin d’investir dans du matériel. Or je ne sais pas comment les financer, c’est un peu le serpent qui se mord la queue ! Ma motivation générale et la confiance en mon projet restent intactes, mais les moyens à mettre en œuvre sont beaucoup plus obscurs qu’avant. J’aimerais être accompagnée pour prendre les bonnes décisions, car j’ai plus de mal qu’avant à me lancer et à “faire tout toute seule”.”
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Et enfin, vous avez pris conscience pendant ce confinement, que l’isolement de l’entrepreneuse était un vrai fléau et vous en ressortez avec le besoin de vous sentir soutenues, épaulées, accompagnées.

  • ” Je m’interroge sur le fait ou non de la pertinence de ma création d’activité (notamment au regard de ma cible). Va-t-elle avoir besoin de mes services? (grosse angoisse) En terme de besoin, le confinement a confirmé mon besoin d’être accompagnée et coachée pour faire avancer le schmilblik ! J’ai de la ressource mais j’ai besoin d’être drivé malgré tout.”
  • “J’ai des interrogations : vais-je arriver à surfer sur cette vague que m’a apporté la confection de masques ? J’ai des besoins : soutien / aide pour ma communication et arriver à vendre mes créations”.
  • “Quand je vois le comportement des gens dehors, j’ai peur d’un nouveau confinement. Le confinement m’a fait réfléchir et prendre conscience de ce que je souhaite vraiment et que je vais devoir me battre pour y arriver. Depuis avril 2019, je suis dans une coopérative et ça été une erreur: c’est juste une structure et une participation financière mais rien d’autre. Je cherche une personne ou un organisme pour m’aider à revoir mon projet afin de ne pas à nouveau perdre 1 an.”
  • “J’ai besoin de trouver de l’aide et de déléguer ce que je n’arrive pas à faire. Mais je n’arrive pas à me lancer et gérer cette transition financièrement”.
  • ‘J’ai réalisé, même si je le savais déjà un peu, que j’ai besoin d’aide pour la partie communication de ma marque. Je n’ai pas encore pris le temps depuis la reprise du 11 mai, mais j’aimerai sous-traiter cette partie. Je n’ai aucune idée des tarifs, et de comment les choses se font et se négocient mais clairement c’est sur ce point que je dois m’améliorer.”
  • “Pour m’aider dans ma prospection, j’ai démarré cette semaine un accompagnement au développement commercial. J’ai aussi en projet de sortir enfin mon site internet sur juin”.
  • “Au programme: revoir mes tarifs sérieusement, peut-être me faire aider pour ça et sur la communication et la comptabilité”.
  • “Je me suis sentie isolée pendant cette crise. Il n’y a pas de communauté pour mon activité (comme pour les coiffeurs ou les fleuristes par ex.) et c’est dommage de ne pas pouvoir échanger sur les interrogations ou les doutes qu’on peut avoir. Dans les besoins, cette crise m’a montrée que je devais déléguer certaines tâches. Je vais rechercher un comptable pour mieux gérer cet aspect de mon entreprise. J’ai vu que certains assureurs prenaient cette crise dans le cadre de la “perte d’exploitation”. Le mien non. Est-ce qu’on peut se battre ou il n’y a rien à faire?”

Pour conclure cette série de longs articles, je tiens d’une part à vous remercier pour avoir pris part à cette enquête et avoir partagé avec moi vos ressentis.

Ces dernières réponses me confortent dans l’approche que je vous propose depuis maintenant 10 ans pour vous soutenir dans la création et le développement de vos entreprises. Je suis convaincue, en effet, que le meilleur moyen de s’épanouir dans son business est de savoir s’entourer, demander de l’aide, bénéficier de regards et de compétences extérieurs.

Depuis 10 ans, donc, je développe, seule et avec d’autres, des outils et des prestations, online ou en présentiel, gratuits ou payants, pour vous accompagner au mieux dans votre aventure entrepreneuriale.

Pour celles qui me découvriraient à l’occasion de cette enquête, j’en profite pour les récapituler:

N’hésitez pas, par ailleurs, à me partager en ressenti vos impressions sur les résultats de cette enquête, et à la faire découvrir aux entrepreneuses que vous connaissez !

Enquête: les entrepreneuses et le confinement, épisode 2

Je poursuis la restitution de l’enquête menée fin mai auprès d’une soixantaine d’entrepreneuses (voir l’épisode 1: l’impact du confinement). Dans ce deuxième volet, vous témoignez de la manière dont vous vous êtes adaptées et avez surmonté cet événement inédit et difficile.

Première chose à noter: interrogées sur la manière dont vous avez fait face et dont vous vous êtes adaptées face au confinement, près d’une vingtaine d’entre vous (soit environ un tiers) n’a pas répondu ou a répondu n’avoir mis en place aucune adaptation. “Je me suis sentie dépossédée et inhibée pour avancer”, témoigne l’une d’entre vous. “J’ai lâché prise”, souligne une autre.

Fabrication de masques, travail à distance, mise en place d’outils digitaux, création de nouveaux services : les entrepreneuses se sont adaptées au confinement

Parmi celles (les 2/3 donc) qui ont en revanche pris des mesures d’adaptation, une partie a choisi d’adapter temporairement son activité, notamment au travers de la fabrication de masques:

  • “J’étais en fait très partagée : fallait-il à tous prix que je booste mon business (donc faire acheter mes créations qui n’ont rien d’indispensable …je trouvais cela presque indécent) ou que je mette ma modeste pierre à l’édifice ? J’ai donc d’abord choisi de mettre ma marque entre parenthèses pour aider en fabriquant des masques pour mes proches, voisins et quelques associations. Puis au bout de quelques temps, j’ai estimé que les aides d’état étaient une béquille pour refaire surface mais qu’il fallait se prendre en main pour redynamiser tout ça ! J’ai donc recommencé à communiquer sur les réseaux sociaux histoire de maintenir le lien avec ma communauté et j’ai modifié aussi mon E-shop avec des promotions incitatives.”
  • “On a créé un nouveau produit mais on n’a pas osé le lancer pour pas brouiller les messages”
  • “Fabrication de masques en tissu et développement de la boutique Etsy en plus de mon site personnel existant”
  • “J’ai changé, adapté mon activité en confectionnant des masques en tissu. Mais c’est temporaire.”
  • “Faire coïncider nos horaires de travail aux horaires de la Poste. Limiter au maximum le déplacement des salariées. Réaménager la boutique. “Créer” du télétravail.”

La plupart d’entre vous a par ailleurs dû mettre en place ou intensifier l’utilisation d’outils et dispositifs digitaux pour rester en contact avec ses clients et sa communauté. Vous avez par exemple proposé des ateliers DIY et des challenges sur les réseaux sociaux, assuré vos rendez-vous ou des formations en visio, travaillé sur vos boutiques en ligne…

Photo by Chris Montgomery on Unsplash
  • “Pendant le confinement j’ai essayé de me concentrer sur la communication et les réseaux sociaux et surtout de me rendre utile à ma manière en lançant le #challengesurcyclage pour inciter à réduire nos déchets tout en étant créatif.”
  • “Pour garder le lien et aussi parce que je devais continuer pour ne pas subir cet arrêt brutal, j’ai offert 1 atelier DIY par semaine au début du confinement diffusé sur les réseaux sociaux. La communauté locale IG a joué le jeu en partageant cette initiative et avec une autre entrepreneuse nous avons proposé ces challenges en créant le hashtag #defiDIY2020. Ensuite j’ai du arrêter car j’ai eu des demandes pour produire des masques en tissus pour une entreprise qui m’a permis d’assurer le paiement des charges. Aussi parce que la fatigue prenait le dessus avec la gestion de l’école, les repas et le quotidien à la maison.”
  • “J’ai testé des choses, notamment un atelier en live sur instagram pour pratiquer ensemble la photographie en confinement. Mais j’ai surtout profité de ce temps pour finir mes projets personnels !”
  • “Mise en place d’outils de communication à distance.”
  • “Plus de communication directe et de vente sur instagram. Mise en place du Instashop”
  • “J’avais, avant le confinement commencé à travailler sur un nouveau site internet e-shop, du coup j’ai profité du confinement pour me consacrer à ce projet. J’ai eu la chance que mon informaticien et ami était disponible pendant le confinement du coup nous avons finaliser la matrice du site et de mon côté, j’ai fait tout le shooting des bijoux, en pack shot, retouche sur photoshop (j’ai suivi une formation photoshop en ligne) et j’ai fait toute la mise en ligne des fiches produits (environ 350), cela m’a pris du temps et comme j’en avais c’était le bon moment pour faire cela.”
  • “Formation en accéléré aux outils numériques d’animation à distance et révision de mes modules de cours pour maintenir l’activité de formation dans l’enseignement supérieur”.

Parfois, certaines sont allées encore plus loin et ont carrément “profité” du confinement pour remettre en question le modèle économique de leur entreprise ou de leur projet, et miser sur de nouvelles offres.

  • “Projet revu et adapté pour ne pas devoir dépendre des boutiques et salons ainsi que des ateliers créatifs qui seront encore annulés un bon bout de temps. Problèmes : gros travail (il s’agit presque de monter une nouvelle boîte) et gros problème de fournisseurs”.
  • “Pour nos lunchbox, nous avons proposé d’abord un pickup aux familles, puis une livraison à domicile. Nous avons également gardé uniquement la boîte taille ado/adulte pour que nos portions puissent convenir à toute la famille”.
  • “J’ai utilisé mes compétences dans le montage et l’animation pour mettre en scène et en valeur sur les réseaux sociaux les efforts collectifs en télétravail (cours, conférences, webinars…)”
  • “Mes patrons de couture étaient jusque là au format papier, j’ai mis les bouchées doubles pour sortir une version numérique. Cela m’a permis d’élargir ma clientèle.”
  • “Je pense désormais que le coaching doit se faire en présentiel et à distance. Avant le confinement, je voulais uniquement partir sur du présentiel”.
  • “J’ai essayé de développer la vente de tutoriels PDF. C’est la seule chose que je pouvais réellement vendre pendant le confinement. J’ai fait quelques ventes”.
  • “J’ai testé des activités à distance gratuites (e-codéveloppement) pour soutenir les entrepreneurs”.
  • “Je suis en train de préparer des formations distancielles.”
  • “J’ai repensé mon entreprise pour proposer des produits numériques à la vente. Je suis en train de faire un E-book par exemple. J’ai réfléchi aux cours de couture avec ZOOM mais je ne vois pas encore trop comment faire.”

Témoignages: lancer de nouvelles offres en réponse à la crise

Karine, créatrice de la marque Les Enfants Nomades (qui témoignera justement sur ce thème à l’occasion d’un live sur le compte instagram des Entrepreneuses créatives le 10 juin prochain), s’est ainsi retroussé les manches pour proposer des kits ateliers en lieu et place de ses ateliers présentiels.

Les kits créatifs les Enfants Nomades

“J’ai d’abord essayé de faire des tutos et de partager les activités de mes livres mais j’ai vite été découragée car je n’arrivais pas à me mettre en avant et beaucoup s’étaient lancées. Cela a aussi impacté m’a confiance en moi. Ensuite ,comme j’ai vu que la situation n’allait pas s’améliorer, j’ai réfléchi à un plan B au cas où mes ateliers ne reprendraient pas et j’ai pris la décision de créer des ateliers à emporter avec le matériel que j’avais. Dans un premier temps, j’ai juste écrit le projet, imaginé les kits sans pour autant démarrer car mes ateliers demandent beaucoup de travail en amont notamment en terme de communication.

Quand, le 4 mai, j’ai appris que je n’aurais plus que 2 dates en juin pour 3 participantes… après avoir accusé le coup, j’ai mis le paquet sur les kits et j’ai à nouveau endossé tous les rôles : graphisme, rédaction des pas-à-pas, conception du packaging que je souhaite écologique, mise en ligne, adaptation de ma boutique en ajoutant un module d’expédition et enfin la communication !”

Via Instagram, j’ai également reçu ce témoignage d’une entrepreneuse qui a, elle, pris la décision de se lancer “grâce” au confinement :

“Je suis salariée et avant le confinement je n’avais pas pour but d’ouvrir mon entreprise. Un matin en allant boire mon café sur mon balcon j’ai senti l’odeur d’herbe coupée et vu que la nature était on ne peut plus belle. J’ai donc pris une claque sur ma vie et me suis posé des questions autour de mon mode de vie, de mon travail…etc. J’avais déjà entamé une démarche zéro déchet et éco-responsable dans ma vie de tous les jours et je me suis demandé comment mettre mon métier en perspective…

Je suis bijoutière de métier et conceptrice 3D, il était pour moi évident qu’en combinant ces savoirs, je pouvais changer le mode de fonctionnement et de consommation de la bijouterie classique. C’est ainsi que j’ai décidé de créer ma marque Kalathea qui repose sur une bijouterie numérique et éco-responsable. Les bijoux seront vendus sur des représentation 3D photoréalistes et la production ne se fera qu’à partir du moment où le bijoux est acheté, ce qui permet de préserver les ressources minières et les ressources énergétiques de façon écologique. Il était aussi important pour moi de redonner du sens aux choses. Mes créations sont basées sur la symbolique de la forme et des pierres, afin de permettre de porter des créations esthétiques mais qui veulent dire quelque chose!”

Communication, formation, créativité, partenariats…: les entrepreneuses préparent l’avenir

Au-delà de ces actions d’adaptation à court terme, j’ai interrogée les entrepreneuses sur les démarches mises en place à plus long terme, dans un objectif de développement de l’activité et d’une meilleure préparation de l’avenir.

Si une grosse dizaine d’entre vous n’a rien entrepris (essentiellement par manque de temps, surtout pour celles confinées avec des enfants, parfois par manque de motivation ou “manque d’espace physique et mental”), la majorité d’entre vous a pu néanmoins se retrousser les manches.

Les principales actions ont porté sur la communication, soit en vous y attelant seule, soit en vous entourant de prestataires. Vous avez bien compris que, dans cette situation inédite, il était nécessaire de développer votre visibilité, notamment en ligne, et d’intensifier le dialogue avec votre communauté:

  • “Le confinement m’a permis de reprendre mon blog que j’avais délaissé depuis longtemps. Côté réseaux sociaux, je n’ai pas du tout été performante mais c’est mon point faible je le sais et j’ai accepté ce fait. Je suis très contente néanmoins d’avoir réécrit et je me rends compte qu’il y a tout un pan d’expérience que je n’avais jamais mis en avant : toutes les années où j’ai fait de la scénographie pour un magazine. J’ai développé un premier e-book pour faire une sweet table sur le thème du Japon qui sera ma vitrine, je compte le distribuer gratuitement avec les nouveaux abonnements à ma newsletter. Ce premier ebook est mon gabarit, j’ai 10 autres thèmes en préparation (j’ai déjà les photos, une partie des textes) mais là c’est le temps qui me manque: mes deux filles sont encore scolarisées à la maison donc j’avance à petits pas. Ce ne sont pas les projets qui manquent mais il faut réussir à tout concilier…”
  • “J’ai passé énormément de temps sur Instagram, je me suis vraiment attelée à cette tâche à laquelle je n’avais jamais consacré assez de temps ! Pendant quasiment 2 mois ça a super bien marché : même si ça ne rapportait rien de concret dans l’immédiat, j’avais l’impression d’avoir su rebondir et de préparer l’après. Mais 6 jours avant la fin du confinement, j’ai été shadowban : méga restrictions sur toutes les interactions, 17 abonnés perdus en 48h, dynamique cassée en plein vol… Du coup je me demande si j’ai vraiment mon temps à profit de la meilleure de façons, mais ce qui est fait est fait ! Au moins j’ai bien enrichi mon réseau et surtout j’ai plein de nouvelles idées ! J’ai aussi assisté à plusieurs webinaires et ateliers de formation gratuits, histoire de continuer à me former un peu !”
  • “J’ai globalement revu mon planning éditorial, mis à jour ma newsletter (même si je ne l’ai pas encore envoyée …) et puis j’ai suivi une formation Pinterest. Dans les gros changements “réseaux sociaux” apportés par ce confinement, je vais recentrer mes efforts sur IG et Pinterest qui me semblent plus adaptés à ma personnalité et à mon activité.”
  • “Augmentation de la communication, plus de présence sur les réseaux sociaux.” Notre adaptation et notre « pénétration » au sein des foyers nous ont permis de faire gouter nos produits aux parents, et ainsi augmenter leur connaissance de notre entreprise”.
  • “J’ai “profité” du confinement pour créer des images chaque jour (ou presque), et partager des vidéos de mon processus de création, afin de me rapprocher des personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux”.
  • “J’ai fait une longue liste de mes objectifs rêvés le 17 mars et j’ai essayé de tout faire en 2 mois. Photos, mise a jour eshop, contenu RS etc…3
  • “J’ai pris des contacts pour refaire faire l’intégralité de mon site internet ainsi que mon logo et charte graphique.”
  • “Instagram est devenu ma seule fenêtre sur le monde et j’ai boosté à fond ma com’ et ma présence ! je suis devenue plus influenceuse diy que commerciale. J’ai fait des posts simples et attractifs et je me suis bien amusée.”
Photo by Georgia de Lotz on Unsplash

Vous avez également mis à profit le ralentissement de votre activité pour développer vos compétences grâce à des formations (dont certaines avec moi ^^):

  • “Une formation sur la communication avec toi 🙂 et sur la photographie avec un module en ligne”.
  • “J’ai suivi un super coaching (re)pense ta stratégie de marque ;-)”
  • “Formations sur le pourquoi de la marque, communication et instagram”
  • “J’ai participé à de nombreuses formations en distanciel et j’ai travaillé différents aspects de mon activité.”
  • “J’en ai profité pour développer davantage mes compétences dans certains domaines (illustration numérique notamment).”
  • “Formation à fond : beaucoup de webinaires, un MOOC, et j’ai rejoint un réseau pour aider les entreprises dans la partie santé et sécurité spécifiquement liée au COVID : beaucoup de groupes de travail et de réunions”.
  • “J’ai suivi un parcours de formation sur skilleos stratégie digitale, personal branding, leadership, SMO, SEO… “

Enfin, ce temps de pause vous a également permis de travailler sur vos offres et notamment de laisser libre cours à votre créativité pour imaginer vos prochaines collections (“J’ai travaillé sur l’optimisation de mon process de fabrication et le développement des recherches esthétiques”. Vous en avez aussi profité pour écrire, pour prendre contact avec de nouveaux fournisseurs ou tout simplement pour renouer avec vos envies : “J’ai voulu aussi profiter de cette pause pour lâcher prise sur mon activité en explorant et testant complètement autre chose avec les moyens du bord comme réaliser son papier, découvrir la teinture naturelle pour le papier ou pour d’autres supports, le jardin, la cuisine…”

Voici la manière dont les entrepreneuses interrogées se sont adaptées au confinement. Dans le 3ème volet de l’enquête, elles expliquent comment elles ont vécu sur un plan plus émotionnel cette période et la manière dont elles imaginent l’avenir de leur activité…