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Sarah Delorme lance la plateforme Mes ateliers DIY

Sarah, fondatrice de Mes ateliers DIY, plateforme d’ateliers créatifs à La Rochelle

Sarah lance actuellement Mes ateliers DIY, une billetterie en ligne consacrée aux ateliers créatifs de la région de La Rochelle. Malgré la crise sanitaire, elle a décidé de ne pas attendre pour concrétiser son projet.

C’est en avril dernier que j’ai fait la connaissance de Sarah, à l’occasion de la toute première session de l’accompagnement collectif (Re)pense ta marque. Alors en pleine construction de son projet, le confinement avait bouleversé ses plans.

“Je n’étais plus très sûre de comment aborder les choses. C’est pour cela que je me suis inscrite à ce module en ligne : afin de mettre les choses à plat et regagner en confiance pour la suite. Grâce à l’accompagnement, j’ai pu enfin lancer mes réseaux sociaux afin de bâtir ma communauté. Cela m’a également permis de relancer mon démarchage auprès des créateurs et de mettre en place des premières collaborations”.

Aujourd’hui, Sarah est presque prête à lancer son site, annoncé pour le 23 novembre ! Un projet qui va pouvoir voir le jour grâce à la campagne de crowdfunding qu’elle mène actuellement sur la plateforme J’adopte un projet. (Pssst : n’hésitez pas à contribuer : les contreparties ne sont pas réservées aux habitants de La Rochelle ^^)

Elle nous en dit plus, dans cette interview, sur son projet et son parcours de jeune entrepreneuse qui se lance dans cette période pourtant compliquée…

Bonjour Sarah, peux-tu nous présenter ta toute jeune entreprise : Mes ateliers DIY ?

Il s’agit d’une billetterie en ligne d’ateliers créatifs rassemblant l’offre d’ateliers de la région rochelaise. Je souhaite ainsi offrir aux créateurs, makers et animateurs de la région plus de visibilité et de support dans l’organisation de leurs ateliers.

Mes ateliers DIY se divisera donc en 2 grands services :

  • une billetterie en ligne d’ateliers pour les particuliers avec des ateliers clés en main à des dates précises
  • et une offre sur-mesure pour les groupes et les entreprises, avec des suggestions de thématiques et d’événements, et la possibilité de demander un atelier sur-mesure.

J’ai intégré début juillet la couveuse d’entreprise Odacio afin de tester mon offre.

Le site Mesateliersdiy.fr sortira à la fin du mois de novembre. Mais on peut dès aujourd’hui me contacter pour imaginer des évènements sur mesure dans la région de La Rochelle : des événements privés, comme un enterrement de vie de fille (EVJF), une baby shower, un mariage…, ou des événements d’entreprise : séminaire, comité d’entreprise, team building, ou encore animation commerciale.

Depuis combien de temps es-tu entrepreneuse ? Qu’est-ce qui t’a décidée à te lancer ?

Mon aventure d’entrepreneuse a débuté en septembre 2019 à mon retour d’un séjour d’un an au Canada. Je devais reprendre mon ancien poste à Nantes, mais ils n’ont pas pu me réintégrer. J’ai été licenciée pour des raisons économiques. J’ai donc rejoint mon copain à la Rochelle et c’était pour moi l’occasion de me lancer dans une nouvelle aventure professionnelle.

Depuis quelques années déjà, je rêvais d’ouvrir un café créatif. Mais le marché immobilier à la Rochelle est très complexe et il m’a fallu repenser ma stratégie. L’idée de la billetterie m’est donc venue. Ainsi je peux développer mon réseau à la Rochelle, commencer mon activité et préparer tranquillement la phase 2 en fonction des opportunités immobilières et des rencontres.

Mon licenciement économique a été pour moi le déclencheur de ma reconversion. J’y avais déjà songé avant, mais il m’a fallu un petit coup de pouce du destin pour oser me lancer.

Forte de mon expérience professionnelle de près de 10 ans dans la gestion de projet audiovisuelle et la communication, j’ai souhaité prendre mon indépendance en mêlant deux de mes points forts : la créativité et l’organisation.

Mais il était important pour moi que mon projet me passionne et me rapproche de mes valeurs. Et comme le DIY ont toujours joué un grand rôle dans ma vie, créativité cultivée par ma mère depuis ma tendre enfance à travers de nombreuses activités partagées, c’était pour moi le parfait point de départ.

Quelles sont aujourd’hui les satisfactions que tu rencontres dans ta vie d’entrepreneuse ? Et les difficultés ?

J’aime l’indépendance qu’offre la vie d’entrepreneuse, de pouvoir m’organiser comme je veux sans devoir rendre des comptes. Le développement de mon activité passe par une grosse phase de réseautage. Je n’étais pas très à l’aise au début, mais j’ai eu tellement de bons retours que ça m’a beaucoup motivée et les échanges ont été et sont toujours tellement enrichissants !

Côté difficultés, ce n’est pas toujours simple de travailler à domicile et de ne pas se laisser distraire par les tâches ménagères et autres. Heureusement j’ai une pièce à part pour mon bureau, afin de pouvoir “aller au travail”.

Il faut aussi beaucoup de patience dans le travail de préparation et développement. J’ai commencé à développer mon projet en fin 2019 et le confinement a beaucoup ralenti ma progression. Au déconfinement, j’ai repris le démarchage mais on a ensuite enchainé avec l’été et les contacts étaient peu nombreux. Il a fallu attendre la rentrée pour avoir les bons contacts.

Le regard des autres n’est pas toujours simple non plus. Je travaille beaucoup pour mon projet mais je suis au chômage, et même dans mon entourage, il y a des personnes qui ont du mal à concevoir que je travaille autant sans salaire !

Si c’était à refaire, que changerais-tu (ou non) ?

Lancer son activité en crise sanitaire n’est forcément pas idéal, mais en vrai il est impossible de prévoir vraiment ce qui nous attend donc autant se lancer maintenant.

Pour terminer, quel conseil donnerais-tu aux futures entrepreneuses ?

Il faut parler de son projet : à son entourage, mais aussi tout autour de soi. Au tout début de mon projet, je me suis rendu à des cafés ou apéros entrepreneurs, et cela m’a beaucoup aidée dans le développement de mon idée. Ne pas avoir peur de confronter son idée, interroger de futurs clients, mais aussi interroger des entrepreneurs sur leur expérience.

Entrepreneuses solidaires face au reconfinement

Témoignage : face au reconfinement, la solidarité des entrepreneuses de Haute-Savoie

Karine est la fondatrice des Enfants nomades (Ateliers et kits créatifs pour adultes et enfants). Avec d’autres entrepreneuses locales, elle mise sur la solidarité et le réseau pour faire face au défi du reconfinement.

L’isolement était la principale difficulté rencontrée lors du premier confinement. Et c’est justement par la solidarité que Karine et les entrepreneuses de son territoire ont décidé de conjurer le reconfinement !

Portrait de Karine Saunier, les Enfants nomades. Crédit : Barbara Rolland

Bonjour Karine, comment s’était passé pour toi le premier confinement (et déconfinement) ?

En début d’année, ma principale activité était l’animation d’ateliers. Je venais de démarrer en janvier un programme hebdomadaire pour adultes et pour enfants pour lequel j’avais bouclé le planning jusqu’à juin. J’avais investi dans mon matériel…

Au début du premier confinement, j’ai été abattue, sidérée. On ne savait pas si ni quand on allait pouvoir reprendre une activité normale.

En avril, j’ai commencé à concevoir un nouveau projet: faire mes ateliers à emporter. J’ai analysé comment m’y prendre avec le peu de trésorerie que j’avais. Début mai, j’ai compris que le lieu où je faisais mes ateliers ne pourrait plus m’accueillir. J’ai retroussé mes manches et mis mon projet à exécution.

Au 1er juin, j’ouvrais ma boutique en ligne. La semaine d’avant l’ouverture, je m’étais mise en relation avec l’association Crea Terra – Rassembleur de talents, dont l’objet est de promouvoir les artisans-créateurs et les petits producteurs qui en sont membres. Le 5 juin j’ai fait, grâce à elle et ses dirigeants dynamiques et solidaires, un premier pop-up store aux côtés de 6 autres créatrices. Mes ateliers à emporter ont plu et convaincu alors j’ai continué. Tout l’été, j’ai fait les marchés de créateurs du coin afin de récupérer de la trésorerie pour pouvoir poursuivre. Ça a sauvé mon entreprise.

Les kits créatifs Les enfants nomades
Les kits créatifs Les enfants nomades

Comment s’est déroulée la rentrée ?

J’ai fini mon dernier pop-up store le 28 août. Dès la première semaine de septembre j’ai reçu des demandes pour les marchés de Noël et de lieux pour animer mes ateliers. Il a fallu tout anticiper : créer un projet d’animation (adultes et enfants) pour les lieux d’accueil et aussi réfléchir à ces marchés de Noël.

Faire les marchés de noël, ça se réfléchit bien : combien investir dans les emplacements et le matériel pour créer mes kits en nombre suffisant ? Combien de temps consacrer à la production ? Quelle prise de risque accepter, étant donné qu’on entendait déjà parler de la deuxième vague…

Le premier confinement m’a appris à profiter du moment présent et à prendre toutes les opportunités qui se présentaient. Bref j’ai pris le risque : la créatrice est quelqu’un de très optimiste 😉 ! J’ai commencé la production en octobre pour un premier marché de noël mi-novembre.

J’ai animé des stages pour enfants pendant toutes les vacances de la Toussaint, je produisais mes kits entre deux ateliers… J’ai donné mon dernier atelier le jeudi 29 octobre, lendemain de l’annonce du reconfinement. En fait depuis début mai, je n’ai pas arrêté de bosser, week-end inclus. Et là, le 28 octobre, on apprenait que tout s’arrêtait à nouveau.

Comment as-tu réagi à cette annonce du reconfinement ? As-tu tout de suite trouvé l’énergie et le ressort pour rebondir ?

On s’y attendait mais depuis quelques jours seulement. Je croisais les doigts et j’espérais fort pour que l’annonce concerne un couvre-feu plus tôt. Le mercredi soir, je t’avoue que j’ai ressenti beaucoup de lassitude : tellement d’investissement pour peut-être rien …

Et puis le lendemain, le jeudi 29 octobre, j’animais mon dernier atelier chez Wicked Wool, un concept store qui vend de la laine et organise cafés tricot et ateliers. Cela m’a reboostée! J’ai vécu ce dernier atelier à fond et en pleine conscience. Les créations des enfants ce jour là étaient magnifiques et pleines d’espoir.

Barbara, la gérante, était déjà en marche pour mettre en place des projets à distance autour de la laine. C’est en discutant avec elle que je me suis dit qu’il fallait que je trouve des points de réception pour mes kits.

Comment la solidarité s’est-elle mise en place à l’annonce du reconfinement ?

Depuis juin, j’était restée en contact permanent avec l’association Crea Terra (74), dont je suis membre. La cotisation annuelle est de 10 € : clairement le but de cette association n’est pas de se faire de l’argent! La sélection des membres étant basée sur les valeurs de solidarité et de bienveillance, la communication entre membres est donc simple et chaleureuse.

Cette association a été créée par deux artisanes : Stephanie Jefford (Une maille à la fois), qui teint ses laines avec des végétaux, et Sandrine Lintz (Adelie et Cie), artisane cirière (elle produit des bougies). Elles ont ouvert en septembre la boutique-atelier Maison Elles etc. avec le créateur de cosmétiques naturelles Hugo Duthu (Les empreintes made in Léman).

Cet été, les événements habituels ayant été annulés, ils ont mis en place avec une mairie, un marché de créateurs auquel j’ai participé chaque semaine. Depuis le premier pop-up store en juin jusqu’au dernier marché de l’été, j’ai pu faire connaissance avec les autres membres. Ce marché était vraiment agréable à faire car il y régnait déjà une grande solidarité.

En rentrant chez moi, le jeudi 29 donc, je les ai contactés pour voir comment mettre en place des points de retrait. Ils y réfléchissaient déjà ! Nous savions tous qu’il fallait réagir vite.

Qu’avez-vous mis en place concrètement ?

Le lendemain matin, nous avons fait une réunion pour voir comment mettre en place tout ça. Barbara, de Wicked Wool, était là elle aussi et m’a proposé d’être point retrait également. Tout le réseau s’est mobilisé pour trouver, en quelques jours, différents points de click and collect.

Certains, comme Ancor Bijoux, qui a sa propre boutique en centre-ville, se sont proposés spontanément d’être point de retrait pour les créateurs locaux. Le week-end, nous avons tous mis nos produits en ligne (merci le premier confinement, l’outil était déjà opérationnel !).

D’autres réseaux ont proposés d’être point click and collect comme le Local – Collectif des possibles, un lieu de travail partagé et un lieu de vie ouvert au public. C’est aussi un réseau qui a pour vocation l’entraide entre jeunes créateurs et entrepreneurs locaux et la promotion d’un mode de vie plus durable par le partage des savoirs et des savoir-faire.

Ainsi, dès lundi la plupart d’entre nous étaient prêts ! Tout le monde a activé ses réseaux pour répandre la nouvelle et faire circuler l’information. Depuis les premières commandes sont arrivées : il y en pas mal en local, les points click and collect sont fonctionnels.

La situation sanitaire en France s’aggrave, on ne sait pas de quoi sera fait demain, ni combien de temps ça va durer. Alors on reste mobilisé et aujourd’hui nous avons réfléchi à comment mettre en avant les membres de l’association pour les faire plus connaître du public.

Nous allons faire des portraits pour mettre en valeurs les artisans, producteurs (vin, miel, poissons etc) et créateurs qui la composent. La phrase qui circule en ce moment c’est “ensemble on est plus fort”… On espère que notre élan atteindra les gens et qu’ils préfèreront acheter local pour leurs cadeaux de Noël.

Quel regard portes-tu sur cette aventure collective ?

Ce deuxième confinement me montre une fois de plus que la solidarité l’emporte. À faire les choses dans son coin, à craindre une hypothétique concurrence, aujourd’hui ça ne marche pas. La force de l’association Créa Terra c’est de rassembler les talents et de dire dès le départ : ici il n’y a pas de concurrence, nous sommes tous complémentaires et si chacun fait attention à ne pas marcher sur les plate-bandes des autres, ensemble on sera plus forts.

Laetitia, fondatrice de l'agence artistique Mona Craft

Laetitia, fondatrice de l’agence artistique Mona Craft

Laetitia Pafundi aime l’art et les artistes. Tellement qu’elle a décidé de se consacrer à les faire découvrir au maximum d’entre nous, via l’organisation d’événements atypiques, la création de collaborations inattendues, ou encore la rédaction de contenus impactants !

Je ne me souviens plus exactement quand et comment Laetitia et moi sommes entrées en contact, sans doute sur Facebook…

Ce dont je me souviens très bien, en revanche, c’est d’une une première rencontre très chouette à une terrasse ensoleillée. Puis de son intervention, au printemps 2019, lors d’une Pause entrepreneuses sur la thématique “Se faire accompagner pour entreprendre”.

Depuis, nous échangeons régulièrement, autour d’un verre ou d’un bon repas. Elle me sollicite parfois pour intervenir sur l’entrepreneuriat féminin, lors d’ un événement qu’elle organise.

Bref, je suis évidemment plus que ravie de pouvoir enfin vous la présenter via cette interview !

Laetitia est la fondatrice

Bonjour Laetitia ! Qu’est-ce que Mona Craft et quelle est la nature de ton activité ?

Je suis la fondatrice de l’agence artistique Mona Craft. Mon ambition est de promouvoir les artistes peintres et de démocratiser l’Art, à travers des événements et des projets atypiques.

Mona Craft met en lumière des artistes de talent dans des lieux originaux et conseille les professionnels dans l’acquisition d’œuvres d’Art. Je propose également de la rédaction de contenu pour aider les artistes à trouver les bons mots pour présenter leur travail. Je veux permettre aux artistes de se concentrer sur la création, et les décharger de la partie commerciale.

Mona Craft est une SAS, je suis seule dans la société. Je travaillais dans mon appartement lyonnais et depuis peu, j’ai un bureau situé à Caluire (69). On peut me retrouver sur le site internet www.mona-craft.art .

Le nom de l’agence, Mona Craft, est un hommage à La Joconde, ce chef d’œuvre encensé par les experts tout en étant un tableau très populaire, connu de tous. Une belle image pour symboliser notre envie de rendre l’Art plus accessible.

Peux-tu nous raconter ton parcours et les raisons qui t’ont menée à l’entrepreneuriat ?

Au départ, j’ai un Master marketing, vente et communication de l’École Supérieure de Commerce de Dijon. Lors de mes études, j’ai pu effectuer un stage dans une galerie d’Art new yorkaise, qui m’a conforté dans mon envie de travailler dans les jolies choses.

Ces dernières années, j’ai étudié en Irlande, je suis partie en mission au Mali, j’ai travaillé avec l’Inde, j’ai découvert la Russie… Je suis d’un tempérament très curieux et j’aime découvrir de nouvelles cultures. J’aime aussi changer de métier !

Avant de créer Mona Craft, j’étais adjointe de direction dans une agence commerciale et responsable des achats pour une marque d’accessoires de mode.

La société a été créée en janvier 2019 mais je travaille sur le projet depuis avril 2018. Le projet a beaucoup évolué en peu de temps. En effet, Mona Craft a d’abord été une plateforme de vente en ligne d’œuvres d’art.

Puis, j’ai rencontré des artistes qui m’ont fait part de leurs besoins : le projet digital s’est alors estompé et Mona Craft est devenue une agence artistique.

C’est la curiosité et une envie de vision globale de l’entreprise qui m’ont donné envie de me lancer. Maintenant, c’est l’autonomie, les belles rencontres et le fait de participer à une démarche positive qui m’animent. Ma « mission » d’entrepreneuse est d’offrir plus de visibilité à l’Art et aux artistes.

Laetitia, fondatrice de l'agence artistique Mona Craft dans l'atelier de la peintre Florina Aledo
Laetitia, fondatrice de l’agence artistique Mona Craft dans l’atelier de la peintre Florina Aledo

En tant qu’entrepreneuse, quelles sont tes sources de satisfactions mais aussi les difficultés que tu rencontres ?

Ce que j’aime, dans l’entrepreneuriat, c’est choisir les gens avec qui je travaille et collaborer avec des personnes inspirantes. Je me sens aussi très indépendante, très autonome, très libre. Et puis, c’est une grande fierté de construire son propre projet.

Quant aux difficultés… Parfois, on reçoit de grosses factures, certains projets peuvent être annulés, d’autres ne se passent pas comme prévu, de temps en temps les choses ne vont pas assez vite, … Je trouve que l’entrepreneuriat demande de l’endurance. Il y a des jours de grandes joies et des jours de doutes. Il faut réussir à garder son cap .

Et si c’était à refaire, que changerais-tu ?

Je passerais moins de temps à intellectualiser, à anticiper, à analyser, pour passer plus vite « à l’action ». J’ai eu besoin de beaucoup m’informer pour me rassurer, mais au final, c’est la confrontation au marché qui nous donne le plus d’enseignements.

Il est important de trouver un équilibre entre la stratégie globale et l’opérationnel, savoir quand prendre de la hauteur et parfois ne pas hésiter à expérimenter. Je pense que j’ai voulu anticiper beaucoup de choses, j’ai intellectualisé de nombreuses décisions ; il faut aussi savoir s’écouter, prendre des décisions fermes et se positionner.

Malgré tout, je fais partie des personnes qui pensent que tout arrive pour une raison, donc je ne regrette rien. Non rien de rien .. 😉

Jeu de tarot Beyond the cards, par Florina Aledo
Jeu de tarot Beyond the cards, par Florina Aledo X Mona Craft

As-tu des clients, des projets, des collaborations que tu souhaites mettre en avant à l’occasion de cet article ?

Je suis très fière du CABAS LYONNAIS #1 que j’ai co-crée avec Sophie Kim Touras. C’est un sac en coton biologique, sérigraphié à la main à Lyon, avec une encre sans solvant. C’est une belle façon d’amener une touche d’Art dans notre quotidien avec un cabas pratique, esthétique et issu d’un circuit court !

J’ai également rédigé les textes du jeu de tarots « BEYOND THE CARDS » de Florina Aledo Perez, je suis très heureuse d’avoir participé à la création de cet objet d’Art unique.

Cabas lyonnais #1, par Sophie Kim Touras X Mona Craft
Cabas lyonnais #1, par Sophie Kim Touras X Mona Craft

Retrouvez/suivez aussi Laetitia sur Instagram.

Foemina : inspirations et sororité pour entrepreneuses lyonnaises

Fœmina, rencontres et sororité pour les entrepreneuses lyonnaises

Fœmina, c’est une nouvelle communauté d’entrepreneuses à Lyon. Ce collectif informel a pour ambition d’inspirer et soutenir les projets portés par des femmes. Nos mots-clés : la sororité et la coopération.

Voici plus d’un an que nous avions initié ce projet. “Nous”, c’est à dire une poignée d’entrepreneuses qui s’étaient réunies en mai 2019 dans la jolie boutique de l’une d’entre nous.

L’objectif : réfléchir ensemble à la manière de coopérer, de manière à être plus fortes, plus visibles, et encore plus au service de la juste place des femmes dans la société.

Sororité entre entrepreneuses

Dès le départ, nous avions une envie commune, une motivation : celle d’ouvrir un lieu hybride, destiné aux femmes, dans toutes les facettes de leur vie. Avec des ressources, un accueil, des activités de toutes sortes… Un lieu où il ferait bon juste venir prendre un café, travailler, monter des projets, apprendre, prendre soin de soi…

Pendant plusieurs mois, nous avons travaillé, réfléchi, rencontré des interlocuteurs, et même envisagé un premier espace partagé, à la Croix-Rousse, pour donner corps à cette envie. En mars de cette année, nous étions prêtes à créer notre association (je vous l’avais annoncé ici).

Et puis le confinement est arrivé soudainement. Nous avons annulé notre assemblée constitutive. Chacune, nous avons eu besoin de nous recentrer sur notre activité, sur notre foyer, sur nos proches… Pendant plusieurs mois, nous avons fait ce qu’il fallait pour maintenir nos entreprises à flot, malgré les difficultés.

Nous avons aussi admis à regret qu’ouvrir un lieu, en cette période d’incertitudes, était un projet peu prudent. Et que faire face à cette épidémie nous prenait beaucoup d’énergie. Et donc ne nous en laissait guère pour monter des projets collectifs…

Bref, nous avons compris que nous avions avant tout besoin de nous soutenir les unes les autres, de nous parler, d’échanger et même de célébrer en toutes sororité, légèreté et convivialité.

C’est comme cela nous avons lancé le tout premier “Fœmin’apéro”, qui est devenu un un “Fœmin’à midi en ligne“, reconfinement oblige !

Bref, si tu es une entrepreneuse lyonnaise et que notre démarche te “parle”, n’hésite pas à :

Première rencontre Fœmina en ligne
Petit manuel de résistance contemporaines de Cyril Dion : morceaux choisis

Morceaux choisis : Petit manuel de résistance contemporaine

Réalisateur du documentaire à succès Demain et instigateur de la Convention citoyenne pour le climat, Cyril Dion a publié son Petit manuel de résistance contemporaine au printemps 2018. C’est pendant l’été suivant que je me suis plongée dedans : une lecture qui m’a profondément marquée. Elle est en effet à l’origine de mon choix de me spécialiser dans l’accompagnement à l’entrepreneuriat féminin. Mais aussi de celui de tenter l’aventure du mandat local !

“Selon moi, il ne s’agit pas de prendre les armes, mais de transformer notre façon de voir le monde. De tous temps, ce sont les histoires, les récits qui ont porté le plus puissamment les mutations philosophiques, éthiques, politiques… Ce sont donc par les récits que nous pouvons engager une véritable “révolution”.” (p.14)

“Mais si vous avez eu le courage de lire ce premier chapitre, vous avez certainement compris que la situation est grave, sans doute plus grave que vous ne le pensiez. La question suivante que nous pourrions nous poser est : avons-nous encore du temps devant nous pour résoudre tous ces problèmes ? Au regard des dernières contributions sur le sujet, il est raisonnable d’en douter” (p.28)

“Pour moi, ce débat opposant action individuelle et collective est biaisé. Il est posé comme s’il fallait choisir entre les deux, alors qu’il paraît évident qu’il ne faut pas agir seul ou à plusieurs, dans notre quotidien ou politiquement, mais qu’il est nécessaire de faire l’un ET l’autre.” (p.38)

“Pour engager des transformations politiques d’envergure, les citoyens ont besoin de responsables politiques courageux, qui ont eux-mêmes besoin de citoyens par millions pour les soutenir.” (p.41)

“Pour faire tomber ou muter des systèmes, il est nécessaire de faire coopérer des millions de personnes. Et, comme nous allons le voir, la meilleure façon d’y parvenir est de construire un nouveau récit.” (p.46)

“Que pèse une campagne d’ONG face à des millions de messages contraires délivrés chaque jour par les marques, les chaînes, les “influenceurs” de toutes sortes qui inondent les réseaux sociaux ? (…) Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent, nous permettent de coopérer et donnent du sens à notre vie en commun.” (p.54)

“Ce que j’appelle “les architectures”, sont donc ces éléments structurants qui régissent nos vies sans que nous en ayons forcément conscience, contribuant à orienter nos décisions, nos actions, monopolisant notre temps et notre énergie. Les lois, la nécessité de gagner de l’argent et les algorithmes informatiques portés par les écrans en constituent trois particulièrement puissantes.” (p.77)

“Nous avons besoin de rêver, d’imaginer quelles maisons nous pourrions habiter, dans quelles villes nous pourrions évoluer, quels moyens nous utiliserions pour nous déplacer, comment nous produirions notre nourriture, de quelle façon nous pourrions vivre ensemble, décider ensemble, partager notre planète avec tous les êtres vivants. Petit à petit, ces récits d’un genre nouveau pourraient mâtiner nos représentations, contaminer positivement les esprits, et, s’ils sont largement partagés, se traduire structurellement dans des entreprises, des lois, des paysages…” (p.82)

“Résister en ce début de XXIème siècle commence donc, selon moi, par refuser la colonisation des esprits, la standardisation de l’imaginaire.” (p.83)

“Imaginez, si l’ensemble de l’énergie productive et créative des personnes qui travaillent chaque jour sur la planète n’était pas concentrée à faire tourner la machine économique, mais à pratiquer des activités qui leur donnent une irrépressible envie de sauter du lit chaque matin, et que cette énergie soit mise au service de projets à forte utilité écologique et sociale… Il y a fort à parier que le monde changerait rapidement.” (p.95)

“En transformant notre fiction individuelle, nous proposons à ceux qui nous entourent le ferment d’un récit collectif. Et lorsque ce récit sera suffisamment partagé, il sera temps d’unir nos forces, par millions, pour modifier les architectures qui régissent nos vies. D’engager la bascule. Quand ? Je n’en ai pas la moindre idée. Comment exactement ? Je n’en sais rien non plus. Est-ce que l’effondrement écologique n’aura pas déjà eu lieu ? C’est possible. Mais quel autre projet adopter ? Chaque jour est une petite bataille à mener. Une opportunité de créer une autre réalité. Et cela commence aujourd’hui.” (p.140)

Interview de Nina Orengia, fondatrice de la marque de mode éthique Comme un loup blanc

Entreprendre en accord avec ses valeurs : Nina Orengia, de la marque Comme un loup blanc

Fondatrice de la marque de mode pour femmes Comme un loup blanc. , Nina était présente à la dernière Pause entrepreneuses. Elle nous a expliqué comment la connaissance de ses valeurs l’a aidée dans son parcours d’entrepreneuse.

Ce mercredi 30 septembre, nous avons enfin pu relancer les Pauses entrepreneuses chez Pause création. Le thème : Entreprendre en accord avec ses valeurs.

Nina Orengia, fondatrice de la marque de mode éthique Comme un loup blanc n’avait pas pu venir témoigner en mars dernier en raison du confinement. Nous étions donc ravies, Priscilla et moi, de pouvoir enfin l’accueillir. Et cela tombait bien : Nina avait des nouveautés à nous annoncer sur Comme un loup blanc… (psst, petit rappel : j’avais déjà interviewé Nina ici ^^)

Devant une douzaine d’entrepreneuses, elle s’est confiée sur son parcours entrepreneurial, les valeurs qui la guident et les évolutions de sa marque.

Nina Orengia est la fondatrice de la marque de mode éthique Comme un loup blanc. Elle témoignait sur le thème : Entreprendre en accord avec ses valeurs.
Nina Orengia est la fondatrice de la marque de mode éthique Comme un loup blanc. Elle témoignait sur le thème : Entreprendre en accord avec ses valeurs.

De comédienne à cheffe d’entreprise : le parcours de Nina Orengia

Comédienne, Nina commence à coudre en parallèle de son métier. Elle a besoin de pratiquer une activité manuelle et a toujours été attirée par le stylisme. Un jour, elle pousse la porte de Pause création pour proposer ses doudous faits main. Elle découvre alors la formation professionnelle en couture-modélisme proposée par Priscilla.

Très motivée, elle trouve le moyen de la faire financer. Et dès la fin du cursus, elle lance sa marque Comme un loup blanc. Son objectif : donner naissance à une mode femme fabriquée en France avec des tissus les plus écologiques possibles.

Quelques mois plus tard, Priscilla est en train de monter son programme de formation action pour entrepreneuses Dessine ta boîte qui déboîte. Elle propose alors à Nina de faire partie de la première “promotion”. Nina accepte un peu par curiosité. Mais, comme elle le souligne lors de la Pause entrepreneuses : “j’étais loin d’imaginer comme cela allait bousculer ma manière d’entreprendre !”.

Grâce à Audrey Gallay, l’une des intervenantes du programme, elle travaille en effet sur sa posture d’entrepreneuse et sur ces fameuses “valeurs”. “Au départ, confie Nina, je n’avais vraiment pas la moindre idée de ce qui signifiait réellement ce mot”.

Petit à petit, elle comprend qu’elle ne souhaite pas seulement être une “créatrice”, mais bien une cheffe d’entreprise. Elle décide d’arrêter alors son métier de comédienne et de se consacrer au développement de sa marque.

Ses valeurs : un boussole pour entreprendre en étant alignée avec elle-même

Elle met également au jour les valeurs qui la guident dans sa vie, et qu’elle a envie d’insuffler à sa marque : l’éthique, la responsabilité, la créativité, l’inclusivité, la bienveillance, l’engagement, la famille… notamment.

Enfin, elle prend conscience que l’archétype de la Femme sauvage est profondément ancré en elle et motive son envie d’aider les femmes à se connaître et s’exprimer.

Cette nouvelle clarté lui permet de travailler ensuite efficacement sur son identité visuelle de marque. Elle la guide aussi dans sa communication écrite (notamment via son blog, ses réseaux sociaux et sa newsletter) et dans sa direction artistique.

Comme un loup blanc, marque de prêt à porter éthique et responsable
Comme un loup blanc, marque de prêt à porter éthique et responsable

“Connaître précisément mes valeurs me permet de faire mes choix en conscience et donc de mieux savoir les défendre auprès de mes clientes, fournisseurs, partenaires et même de mon entourage proche”, explique Nina.

Elle a également inscrit ces valeurs dans le premier “onglet” de son business plan. L’objectif : pouvoir y revenir facilement lorsqu’une difficulté ou une opportunité se présente.

C’est ainsi que, voici quelques mois, elle s’est rendu compte qu’elle avait mis en place pour sa marque une organisation qui ne lui convenait plus. “J’avais choisi de présenter deux collections complètes par an. Mais j’ai réalisé que cela finissait par étouffer ma créativité, qui est pourtant une de mes valeurs phares. J’ai compris que j’avais besoin de retrouver plus de liberté et de m’imposer un cadre moins strict”.

Un tournant pour Comme un loup blanc : les éditions éphémères

C’est ainsi qu’en cette rentrée, Comme un loup blanc évolue. Désormais, chacune des 4 saisons donnera lieu au dévoilement d’une “édition éphémère”. Un ensemble de pièces déclinées à partir autour d’un imprimé exclusif et différent chaque saison. La pièce phare de chaque édition sera la jupe Lou : une jupe adaptable à toutes les morphologies grâce à une ingénieuse taille ajustable. Et chaque édition sera imaginée en collaboration avec des artistes et artisans locaux

Lors de la Pause entrepreneuses, Nina nous a permis de découvrir en exclusivité la première édition. Vous avez un aperçu de l’imprimé de cette saison sur la photo ci-dessus ^^. Elle sera disponible en prévente à partir de la mi-octobre et je ne peux que vous conseiller de la surveiller !

PS: Vous pouvez suivre Nina via son Instagram ou sa page FB. Par ailleurs, si vous souhaitez être informée des prochaines Pauses entrepreneuses à Lyon, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter spécifique et/ou au groupe privé Facebook. Vous pouvez également rejoindre mon groupe Meetup dans lequel je publie tous les événements que j’organise ou anime.

morceaux choisis de l'ouvrage Mes bien chères sœurs de Chloé Delaume

Morceaux choisis : Mes bien chères sœurs

L’autrice Chloé Delaume analyse l’après-Me Too et la quatrième vague du féminisme. Elle nous offre avec Mes bien chères sœurs un court manifeste incisif, et surtout une ode à la sororité.

“Le patriarcat bande mou. Quelque chose est pourri au royaume de la flaque, les indices et les symptômes croissent et se multiplient. A se regarder jouir de son impunité, le mâle alpha n’a pas vu surgir l’obsolescence de ses propres attributs et fonctions symboliques” (p.9)

“Abois, effondrements. Certains y voient une traque. Déplorent que désormais, au bureau, niveau ambiance, avec ces hystériques on ne peut plus faire une vanne, c’est pas la fête du slip. Certainement, c’est une traque.” (p.12)

“L’extinction de l’espèce, avec elle un système, croyances et traditions. Le post-patriarcat n’est pas une utopie, et à l’ère numérique les espaces se multiplient comme le temps s’accélère. Les faits s’accompliront, mois à mois, décennies. L’autorité, déjà, comme la honte, change de camp.” (p.21)

“La quatrième vague féministe est violette, c’est une colère de suffragettes. Majorité visible jusqu’ici silencieuse ; le sexisme ordinaire : une lutte de chaque instant. Elle utilise les technologies numériques et les réseaux sociaux comme outils et comme armes”. (p.66)

“La parole libérée circule. Visibles et solidaires, des milliers de lèvres s’entrouvrent, un roulis de gerçures, le silence amputé, la gangrène se dévoile et partout se répand l’évidence d’en finir avec les traditions du Monde selon Priape”. (p.69)

“Quel que soit le parcours des amies inconnues : c’est la sororité leur lien, l’état premier de leurs rapports. Le retour au gynécée”. (p.71)

“La révolution numérique a apporté aux femmes des outils et réflexes qui les rendent solidaires, conscientes qu’elles forment un nous. (…) Être perçue comme femme et être traitée comme telle : c’est cela que nous partageons. Et ce nous n’est pas seul”. (p.73)

“La sororité est le mot-clé, la fin des rapports verticaux, se penser sœurs modifie tout. (…) Par la sororité, rien ne sera épargné car les femmes vivent partout, résolues et nombreuses, dangereuses puisque unies.” (p.77)

“Sororité : communauté de femmes ayant une relation, des liens, qualité, état de sœur. L’important c’est de comprendre qu’en oubliant que ce mot existe, les femmes ont perdu le concept avec, de même pour les hommes qui les regardaient. Sororité ça voulait dire : les femmes deviennent une caste, une classe. Plus dangereux que le communisme à l’échelle internationale, un incendie dans chaque foyer.” (p.85)

“Le terme sororité implique l’horizontal, ce n’est pas un décalque du patriarcat. L’état de sœur neutralise l’idée de domination, de hiérarchie, de pyramide. La qualité de sœurs, expériences, âges multiples, le cercle est de paroles qui s’écoutent en égales. Différentes mais égales”. (p.92-93)

“Nous vivons dans une société pensée par et pour les hommes. Rapportées à la population, les femmes en représentent pourtant un peu plus de la moitié. Une moitié plus précaire, soit. Mais aujourd’hui non asservie, suffisamment indépendante, autonome, plus que nos aînées. La première vague a fait les lois, la deuxième a libéré nos ventres, la troisième a tué grand-papa, la quatrième s’attaque aux mœurs, aux us et coutumes”. (p.109)

“La sororisation, c’est l’acte de sororiser, sororiser c’est rendre sœurs. C’est créer, par la qualité des liens, une relation qui amène à l’état de communauté féministe”. (p.111)

“La sororité est une attitude. Ne jamais nuire volontairement à une femme. Ne jamais critiquer publiquement une femme, ne jamais provoquer le mépris envers une femme. La sororité est incluante, sans hiérarchie ni droit d’aînesse. Cercle protecteur, horizontal”. (p.114)

Portrait de Vic Legrand, fondatrice de Oupsi, foodbike vegan à Lyon

Vic Legrand, fondatrice d’Oupsi, cuisine végétale à Lyon

Vic et la cuisine écoresponsable, ça fait longtemps que ça dure ! Aujourd’hui, elle nous fait découvrir son nouveau projet : Oupsi, un foodbike et un service de traiteur spécialisés en cuisine végétale à Lyon. Elle nous parle aussi de l’accompagnement (Re)pense ta marque qu’elle a suivi au printemps.

C’est à l’occasion d’une Pause entrepreneuses que j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Vic. Surtout que j’avais entendu beaucoup de bien de son précédent projet, l’association Third of Seven, dédiée aux gourmandises véganes.

J’ai tout de suite adoré son nouveau concept : Oupsi, un foodbike itinérant (c’est comme un foodtruck mais avec un vélo cargo, c’est moins polluant), spécialisé dans la cuisine végétale à Lyon !

Et aujourd’hui, je suis ravie de pouvoir vous la présenter au travers de cette interview.

Portrait de Vic Legand, fondatrice de Oupsi, cuisine végétale à Lyon
Portrait de Vic by Jérôme Marin

En avril dernier, tu as participé à l’accompagnement (Re)pense ta marque avec moi : peux-tu nous dire ce que cela t’a apporté ?

Je créais une nouvelle entreprise : j’avais l’impression que la communication n’était pas mon fort et qu’il me manquait des données pour bien l’appréhender. L’accompagnement (Re)pense ta marque m’a aidée à y voir plus clair et à faire le point sur ce que je faisais/savais déjà et sur ce qui me manquait. Le format (10 jours en petit groupe avec accompagnement à distance, NDLR) était porteur. Je me suis sentie à la sois soutenue et accompagnée dans ma démarche, sans être “écrasée par le cadre”. J’applique au mieux les conseils reçus et pour le moment ça paie plutôt pas mal !

Peux-tu nous parler d’Oupsi et de ton activité en cuisine végétale ?

Je travaille dans la restauration écoresponsable : produits locaux, bruts et de saison, beaucoup de bio, le moins de déchets possible et 100% végétal.

J’ai une offre qui se divise en trois parties :
– des gauf’wich et des donuts distribués via un triporteur avec petite cuisine aménagée, que l’on peut retrouver dans les rues de Lyon et sur des évènements,
– un service traiteur pour les pro et les particuliers,
– un service de conseils à destination des professionnels pour les aider à élaborer des plats/menus 100% végétaux, en travaillant bien les protéines végétales (ce qui fait souvent défaut dans ce genre de propositions à l’heure actuelle).

J’exerce mon activité seule avec des coups de main ponctuels de mon amoureux. Il m’aide pour les gros évènements et pour la partie technique de la construction du triporteur. Mon laboratoire de préparation est à mon domicile. Et je me déplace principalement dans le 7e, le 8e et le 3e avec le food-bike. Ponctuellement je participe à des évènements en Rhône-Alpes. J’ai créé une société de type EURL dont je suis l’associée unique et la gérante.

Logo de Oupsi, cuisine végétale à Lyon

Comment as-tu choisi le nom de ta marque et comment décrirais-tu ton positionnement ?

Je cherchais un nom qui ne soit pas vraiment un mot, sans connotation… Il devait se retenir facilement, pouvoir fédérer et être décliné (par exemple, le Oupscycle c’est plus marrant à dire que le triporteur 😉 ). Et surtout il devait me représenter.

Quand à mon positionnement, je dirais qu’il s’agit de street-food gourmande, originale et écoresponsable. J’emploie en général les mots : local, locavore, végétal, écoresponsable, souvent bio, produits bruts, emballages compostables, gauf’wich.
Je n’ai pas encore de slogan mais j’y réfléchis, pas facile de se résumer en une phrase ^^.

Où peut-on trouver Oupsi, à Lyon et sur le web ?

Actuellement (je me suis lancée voici moins d’un mois), l’on peut me trouver sur le quai Augagneur avec des donuts. J’y suis le samedi matin et un autre jour de la semaine encore non défini. Toutes les infos sur les points de vente et les tournées sont diffusées au fur et à mesure via mes réseaux.

Je prends également des commandes en ligne. Sur le web, on peut me suivre via Instagram, Facebook et mon site (pas encore tout à fait à jour).

Normalement je commence à faire le marché du samedi au Quai Augagneur ce mois-ci. Il se peut aussi que l’on trouve mes donuts dans certains restos mais je ne peux pas encore en parler ! On pourra également me retrouver sur la place Bellecour, le 04 octobre prochain, à l’occasion du Lyon Cargo Festival (s’il n’est pas annulé…).

Donuts Oupsi, cuisine végétale à Lyon
Donuts Oupsi by Maud Martin

Raconte-nous ton parcours d’entrepreneuse…

Je suis entrepreneuse depuis l’âge de 20 ans ! En sortant de mon école de stylisme/modélisme à Bruxelles, j’ai commencé en freelance dans le monde du spectacle. Puis j’ai créé ma propre marque de vêtements en semi sur-mesure, et fait du conseil en image et du maquillage sur plateau (de tournage).

Il y a 6 ans, je me suis reconvertie dans la cuisine. J’ai créé et géré une association qui faisait de la sensibilisation à l’alimentation végétale et écoresponsable (oui, il y avait déjà un thème ^^ )

J’ai géré cette asso entièrement, ainsi que sa cuisine. On disposait d’un local et que l’on proposait des soirées jeux à thème et des après-midi jeux de société et gâteaux les dimanches.

En ce qui concerne Oupsi, j’ai commencé à y réfléchir sérieusement en septembre de l’année dernière. J’ai finalement déposé les statuts le 10 juillet de cette année. Au début, je voulais commencer en mettant plutôt l’accent sur les services aux pros. La pandémie et le confinement m’ont fait revoir un peu mes plans…

Côté vie personnelle, je n’ai pas d’enfant et le même amoureux depuis 14 ans. Il me soutient toujours dans tout ce que j’entreprends. Il m’aide comme il peut et dans le temps qu’il a en dehors de son travail.

Pourquoi as-tu choisi l’entrepreneuriat ? Comment définirais-tu ta mission d’entrepreneuse ?

Je ne suis pas calibrée pour le salariat et je suis incapable d’exécuter des directives que je trouve mal faites ou mal structurées. D’ailleurs, sur toute ma vie professionnelle (j’ai commencé à 20 ans et j’en ai 35), j’ai été salariée seulement 6 mois. Et c’étaient les pires de toute ma vie !

Que ce soit avec mes précédentes boîtes ou avec Oupsi, j’ai toujours cherché à rendre la vie des gens plus jolie, tout en cassant les clichés et les codes établis.

Comment vis-tu l’aventure entrepreneuriale : quelles sont les satisfactions, les difficultés… ?

Côté satisfactions, d’abord le fait d’avoir réussi à créer ma société en ces temps compliqués. Et les supers retours que j’ai sur mes produits. C’est très gratifiant de voir qu’on ne se trompe pas et que le grand public apprécie mon travail (et pas juste les amis et la famille :p) .

Côté difficultés : créer une entreprise et fabriquer un prototype de vélo avec un petit budget, c’est déjà un sacré challenge. Mais alors avec un confinement au milieu, ça ajoute du level niveau difficulté… Et actuellement, le challenge c’est de trouver des emplacements avec le vélo et des clients pro pour la saison froide.

Gauf'wich Oupsi, cuisine végétale à Lyon
Gauf’wich Oupsi by Meryl Bercq

Enfin, quels conseils ou messages aimerais-tu délivrer aux (futures) entrepreneuses qui te liront ?

N’hésite pas à demander de l’aide aux gens qui savent, quand toi tu ne sais pas. Questionne les gens qui font des choses qui ressemblent à ce que tu veux faire. Parle avec eux de leurs galères et de leurs réussites, ça te fera gagner du temps.
Ah et aussi, tout est toujours plus long et plus cher que prévu !

Et pour terminer, si tu es neuroatypique et/ou que tu ne te retrouves pas dans le parcours professionnel habituel, lance-toi. Fais-toi aider et fais ce qui te plait. La vie est trop courte et on passe trop de temps au travail pour faire quelque chose qui ne nous rend pas heureux !

Morceaux choisis : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, de Corinne Morel Darleux

Morceaux choisis : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce

J’inaugure ici un nouveau format d’article : une collection des citations que j’ai surlignées au cours de mes lectures. Cet été, j’ai lu le court essai de Corinne Morel Darleux, militante écosocialiste : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Elle y propose un choix radical face à l’effondrement : “refuser de parvenir et instaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé”.

Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, un essai de la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux

“Imaginez que les pauvres choisissent de le rester, les travailleurs de ne plus perdre leur vie à la gagner, les consommateurs d’arrêter d’acheter ! (…) Pour autant, le refus de parvenir ne peut être réduit au critère matériel. Il relève avant tout de la capacité à exercer une intention propre, à effectuer des choix en conscience. Or se réapproprier sa propre trajectoire, quitte à dire non et à sortir du troupeau, est sans doute une des plus grandes jubilations que la vie peut offrir” (p.42)

“On peut néanmoins faire autant de pas de côté qu’on le veut pour mieux guider sa propre vie, un coup de canif isolé ne suffira pas à ébranler les fondations du système. Le cadre reste le même qui dessine les contours, bride et malmène. Seul, on ne fait qu’effleurer la surface du système sans rien résoudre ni en profondeur ni sur le long terme, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Plusieurs coups portés simultanément en des endroits ciblés peuvent s’avérer plus efficaces, mais des îlots séparés ne peuvent former un archipel sans concertation ni conscience collective” (p.51)

“Je suis de plus en plus persuadée que face à l’urgence des catastrophes en cours, il ne s’agit plus de froncer le nez : toutes les initiatives sont à encourager. Peut-être doivent-elles désormais être évaluées non plus uniquement à l’aune de leur efficacité future, mais aussi à celle de leur sincérité et de la dignité qu’elles apportent au présent. La société en est arrivée à un tel état de dévissage culturel, le conformisme et l’injonction normative sont devenus de tels fléaux que toute déviation, tout pas de côté, toute élégance gratuite en vient à acquérir une portée subversive” (p.59)

“Or cette éthique-là (de l’effondrement, NDLR) aura du mal aura du mal à se décréter de l’extérieur si un minimum de reconnexion à soi et d’introspection n’ont pas été menées. Je comprends et partages de nombreux doutes sur cette question de la spiritualité, mais il faut prendre garde à ne pas trop vite la balayer. La réaction aux “petits gestes individuels” pour le climat est souvent comparable : souvent vilipendés pour leur manque de fond anticapitaliste, ils gardent pourtant leur utilité comme premiers pas vers un parcours de “radicalisation politique” : en réalité personne ne passe directement de la prise de conscience de l’urgence climatique au sabotage de chantiers. Or il est primordial dans la période actuelle d’ouvrir des espaces de transformation, pensés comme des sas vers l’organisation et la structuration politique. Ainsi le combo “refus de parvenir, cesser de nuire, dignité du présent” peut constituer un élément de réconciliation entre des univers qui n’en finissent plus de s’opposer : apôtres du changement individuel et partisans de l’action collective, marxistes et anarcho-libertaires, communistes et écologistes, apolitiques indécrottables et moines soldats du militantisme…” (p.72)

Rentrée : faire le point sur son business en 5 questions

Rentrée : fais le point sur ton business en 5 questions

Et voilà, l’été se termine, les enfants sont (enfin !) de retour en classe… Et si tu en profitais pour organiser un petit rendez-vous avec toi-même, pour faire le point sur ton business ? Je te propose de faire le tour de ton activité en 5 questions, simples et rapides.

Comment abordes-tu cette rentrée, pour toi, ta famille et ton entreprise ? Incertaine ? Inquiète ? Relativement sereine ?… Pour moi, c’est toujours la difficulté à se projeter et anticiper qui caractérise l’étrange époque que nous vivons. Et donc la nécessité, pour les entrepreneuses que nous sommes, d’être particulièrement agiles et adaptables.

Dans ces conditions, prendre régulièrement le “pouls” de son activité est essentiel. Identifier les challenges à relever, les opportunités à ne pas manquer et surtout les envies à suivre.

En cette rentrée, j’ai eu envie de me prendre un moment pour faire le point sur mon business, mais sans y passer trop de temps. Comme je te l’expliquais dans cet article, mes heures sont plus comptées que jamais !

5 questions pour faire le point sur ton business à la rentrée
Photo by Ana Tavares on Unsplash

5 questions pour faire un point rapide sur ton business

Pour cet exercice, j’ai tout simplement pris mon carnet de bord. Celui dans lequel j’écris chaque fois que j’ai besoin de démêler mes pensées pour y voir plus clair. Tu peux aussi le faire dans ton agenda, dans ton bullet journal ou si tu préfères directement sur ton ordinateur.

J’ai imaginé 5 questions pour m’aider à analyser les derniers mois écoulés et surtout en tirer des leçons pour les mois à venir.

Question 1 : Qu’as-tu appris depuis le 1er janvier 2020 ?

C’est une question assez large : il peut s’agir de compétences techniques, de savoir-être, de développement personnel ou plus largement de ce que nous avons compris et analysé de la situation inédite que nous traversons… Essaie de te focaliser sur les 3 à 5 apprentissages les plus importants.

Pour ma part, j’ai appris à intégrer la vidéo et les outils distanciels dans ma communication et mes formations. J’ai appris sur moi que je savais être réactive et travailler vite pour faire évoluer mon offre et mes modes de travail en cas d’imprévu. J’ai aussi réalisé à quel point j’avais besoin des autres, d’échanges, de lien social… pour me sentir bien. Enfin, j’ai compris que j’avais une opportunité pour être encore plus utile. Et que c’était “maintenant” que je devais me retrousser les manches si je voulais agir pour construire un monde plus vivable et plus juste.

Question 2 : Que veux-tu poursuivre dans les semaines/mois qui viennent ?

Là encore, la formulation est suffisamment vaste pour te permettre d’explorer les nombreuses dimensions de ton activité et de ta vie professionnelle. Veux-tu conserver une nouvelle offre ou de nouvelles méthodes de travail expérimentées pendant et après le confinement ? Continuer à faire un maximum de réunions et rendez-vous par visio pour passer moins de temps dans les transports ? Te garder du temps pour faire tes courses chez tes commerçants de quartier et cuisiner des bons petits plats maison ?

De mon côté, j’avais profité du confinement pour revoir mon organisation et le suivi de mes tâches. Je l’ai peu à peu adapté mais je veux continuer à être rigoureuse, afin de pouvoir mener de front mes différentes missions. Je veux également continuer à sanctuariser mon lundi matin pour ma séance de kundalini yoga. Et je veux aussi m’en tenir à la limite de temps (fixée cet été) passé sur les réseaux sociaux.

Question 3 : Que veux-tu arrêter ou abandonner dans les semaines/mois qui viennent ?

Il peut s’agir d’abandonner de mauvaises habitudes, certaines missions qui ne t’intéressent plus ou ne sont pas rentables. Ou encore modifier sa vision des choses.

En ce qui me concerne, il s’agit surtout d’arrêter de prendre l’excuse du “trop de boulot” pour négliger l’administratif familial et personnel. Qui a été alertée hier soir à 23h par sa fille qui rentre en seconde qu’elle aurait dû avoir son “pass région” aujourd’hui pour recevoir gratuitement ses manuels scolaires ? Bon, du coup on l’a commandé mais il va falloir quelques jours pour que la procédure soit finalisée : espérons qu’en attendant le lycée sera compréhensif et voudra bien lui remettre ses livres !

Question 4 : Que veux-tu accomplir avant la fin de l’année ?

Il peut ici s’agir d’objectifs personnels ou professionnels, en se focalisant sur les tâches et projets ultra prioritaires. L’idée sera ensuite de décliner chacune de ces priorités en plan d’action opérationnel, avec objectifs intermédiaires, dates etc.

Ainsi, mon principal objectif pour les mois qui viennent est de trouver mon rythme, mon organisation. Objectif : me permettre de concilier au mieux mon travail d’élu et mon activité de consultante-formatrice. Le tout en restant aussi zen que possible. Je suis consciente d’être dans une période transitoire, où je dois apprendre et expérimenter… En parallèle, je veux donner naissance à Fœmina, mon projet d’association pour les femmes entrepreneuses à Lyon. Le lancement prévu en mars avait été annulé, confinement oblige. Mais aussi organiser avec Laura Peterman ma première Masterclass Créer sa marque, et animer au moins 2 ateliers en partenariats avec Dessine ta boîte. Et enfin, caler tous les RV santé pour les enfants et moi-même, décalés ces derniers temps en raison de l’épidémie. Je suis consciente que ce programme est ambitieux ^^.

Photo by Daria Shevtsova on Unsplash

Question 5 : Comment veux-tu te sentir le 31 décembre 2020 ?

Difficile de se projeter à cet horizon de 4 mois tant les incertitudes concernant l’évolution de l’épidémie et nos modes de vie sont grandes. Pour ma part, j’espère me sentir suffisamment sereine, avec le sentiment d’avoir accompli l’essentiel de mes objectifs, mais aussi motivée et combative pour aborder 2021 avec autant d’optimisme que possible.

Et toi, si tu prenais le temps de t’asseoir devant un café, avec un papier et un crayon, pour faire le point sur ton business ? N’hésite pas à partager tes réponses en commentaire ! Psstt: tu peux aussi utiliser les ressources gratuites que j’offre aux abonnées à ma newsletter 🙂