Archives de catégorie : #Inspirations positives

Foemina : inspirations et sororité pour entrepreneuses lyonnaises

Fœmina, rencontres et sororité pour les entrepreneuses lyonnaises

Fœmina, c’est une nouvelle communauté d’entrepreneuses à Lyon. Ce collectif informel a pour ambition d’inspirer et soutenir les projets portés par des femmes. Nos mots-clés : la sororité et la coopération.

Voici plus d’un an que nous avions initié ce projet. “Nous”, c’est à dire une poignée d’entrepreneuses qui s’étaient réunies en mai 2019 dans la jolie boutique de l’une d’entre nous.

L’objectif : réfléchir ensemble à la manière de coopérer, de manière à être plus fortes, plus visibles, et encore plus au service de la juste place des femmes dans la société.

Sororité entre entrepreneuses

Dès le départ, nous avions une envie commune, une motivation : celle d’ouvrir un lieu hybride, destiné aux femmes, dans toutes les facettes de leur vie. Avec des ressources, un accueil, des activités de toutes sortes… Un lieu où il ferait bon juste venir prendre un café, travailler, monter des projets, apprendre, prendre soin de soi…

Pendant plusieurs mois, nous avons travaillé, réfléchi, rencontré des interlocuteurs, et même envisagé un premier espace partagé, à la Croix-Rousse, pour donner corps à cette envie. En mars de cette année, nous étions prêtes à créer notre association (je vous l’avais annoncé ici).

Et puis le confinement est arrivé soudainement. Nous avons annulé notre assemblée constitutive. Chacune, nous avons eu besoin de nous recentrer sur notre activité, sur notre foyer, sur nos proches… Pendant plusieurs mois, nous avons fait ce qu’il fallait pour maintenir nos entreprises à flot, malgré les difficultés.

Nous avons aussi admis à regret qu’ouvrir un lieu, en cette période d’incertitudes, était un projet peu prudent. Et que faire face à cette épidémie nous prenait beaucoup d’énergie. Et donc ne nous en laissait guère pour monter des projets collectifs…

Bref, nous avons compris que nous avions avant tout besoin de nous soutenir les unes les autres, de nous parler, d’échanger et même de célébrer en toutes sororité, légèreté et convivialité.

C’est comme cela nous avons lancé le tout premier “Fœmin’apéro”… qui est vite devenu un “Fœmin’à midi“, couvre-feu oblige !

Bref, si tu es une entrepreneuse lyonnaise et que notre démarche te “parle”, n’hésite pas à :

Première rencontre de la commune d'entrepreneuses Fœmina Lyon
Petit manuel de résistance contemporaines de Cyril Dion : morceaux choisis

Morceaux choisis : Petit manuel de résistance contemporaine

Réalisateur du documentaire à succès Demain et instigateur de la Convention citoyenne pour le climat, Cyril Dion a publié son Petit manuel de résistance contemporaine au printemps 2018. C’est pendant l’été suivant que je me suis plongée dedans : une lecture qui m’a profondément marquée. Elle est en effet à l’origine de mon choix de me spécialiser dans l’accompagnement à l’entrepreneuriat féminin. Mais aussi de celui de tenter l’aventure du mandat local !

“Selon moi, il ne s’agit pas de prendre les armes, mais de transformer notre façon de voir le monde. De tous temps, ce sont les histoires, les récits qui ont porté le plus puissamment les mutations philosophiques, éthiques, politiques… Ce sont donc par les récits que nous pouvons engager une véritable “révolution”.” (p.14)

“Mais si vous avez eu le courage de lire ce premier chapitre, vous avez certainement compris que la situation est grave, sans doute plus grave que vous ne le pensiez. La question suivante que nous pourrions nous poser est : avons-nous encore du temps devant nous pour résoudre tous ces problèmes ? Au regard des dernières contributions sur le sujet, il est raisonnable d’en douter” (p.28)

“Pour moi, ce débat opposant action individuelle et collective est biaisé. Il est posé comme s’il fallait choisir entre les deux, alors qu’il paraît évident qu’il ne faut pas agir seul ou à plusieurs, dans notre quotidien ou politiquement, mais qu’il est nécessaire de faire l’un ET l’autre.” (p.38)

“Pour engager des transformations politiques d’envergure, les citoyens ont besoin de responsables politiques courageux, qui ont eux-mêmes besoin de citoyens par millions pour les soutenir.” (p.41)

“Pour faire tomber ou muter des systèmes, il est nécessaire de faire coopérer des millions de personnes. Et, comme nous allons le voir, la meilleure façon d’y parvenir est de construire un nouveau récit.” (p.46)

“Que pèse une campagne d’ONG face à des millions de messages contraires délivrés chaque jour par les marques, les chaînes, les “influenceurs” de toutes sortes qui inondent les réseaux sociaux ? (…) Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent, nous permettent de coopérer et donnent du sens à notre vie en commun.” (p.54)

“Ce que j’appelle “les architectures”, sont donc ces éléments structurants qui régissent nos vies sans que nous en ayons forcément conscience, contribuant à orienter nos décisions, nos actions, monopolisant notre temps et notre énergie. Les lois, la nécessité de gagner de l’argent et les algorithmes informatiques portés par les écrans en constituent trois particulièrement puissantes.” (p.77)

“Nous avons besoin de rêver, d’imaginer quelles maisons nous pourrions habiter, dans quelles villes nous pourrions évoluer, quels moyens nous utiliserions pour nous déplacer, comment nous produirions notre nourriture, de quelle façon nous pourrions vivre ensemble, décider ensemble, partager notre planète avec tous les êtres vivants. Petit à petit, ces récits d’un genre nouveau pourraient mâtiner nos représentations, contaminer positivement les esprits, et, s’ils sont largement partagés, se traduire structurellement dans des entreprises, des lois, des paysages…” (p.82)

“Résister en ce début de XXIème siècle commence donc, selon moi, par refuser la colonisation des esprits, la standardisation de l’imaginaire.” (p.83)

“Imaginez, si l’ensemble de l’énergie productive et créative des personnes qui travaillent chaque jour sur la planète n’était pas concentrée à faire tourner la machine économique, mais à pratiquer des activités qui leur donnent une irrépressible envie de sauter du lit chaque matin, et que cette énergie soit mise au service de projets à forte utilité écologique et sociale… Il y a fort à parier que le monde changerait rapidement.” (p.95)

“En transformant notre fiction individuelle, nous proposons à ceux qui nous entourent le ferment d’un récit collectif. Et lorsque ce récit sera suffisamment partagé, il sera temps d’unir nos forces, par millions, pour modifier les architectures qui régissent nos vies. D’engager la bascule. Quand ? Je n’en ai pas la moindre idée. Comment exactement ? Je n’en sais rien non plus. Est-ce que l’effondrement écologique n’aura pas déjà eu lieu ? C’est possible. Mais quel autre projet adopter ? Chaque jour est une petite bataille à mener. Une opportunité de créer une autre réalité. Et cela commence aujourd’hui.” (p.140)

morceaux choisis de l'ouvrage Mes bien chères sœurs de Chloé Delaume

Morceaux choisis : Mes bien chères sœurs

L’autrice Chloé Delaume analyse l’après-Me Too et la quatrième vague du féminisme. Elle nous offre avec Mes bien chères sœurs un court manifeste incisif, et surtout une ode à la sororité.

“Le patriarcat bande mou. Quelque chose est pourri au royaume de la flaque, les indices et les symptômes croissent et se multiplient. A se regarder jouir de son impunité, le mâle alpha n’a pas vu surgir l’obsolescence de ses propres attributs et fonctions symboliques” (p.9)

“Abois, effondrements. Certains y voient une traque. Déplorent que désormais, au bureau, niveau ambiance, avec ces hystériques on ne peut plus faire une vanne, c’est pas la fête du slip. Certainement, c’est une traque.” (p.12)

“L’extinction de l’espèce, avec elle un système, croyances et traditions. Le post-patriarcat n’est pas une utopie, et à l’ère numérique les espaces se multiplient comme le temps s’accélère. Les faits s’accompliront, mois à mois, décennies. L’autorité, déjà, comme la honte, change de camp.” (p.21)

“La quatrième vague féministe est violette, c’est une colère de suffragettes. Majorité visible jusqu’ici silencieuse ; le sexisme ordinaire : une lutte de chaque instant. Elle utilise les technologies numériques et les réseaux sociaux comme outils et comme armes”. (p.66)

“La parole libérée circule. Visibles et solidaires, des milliers de lèvres s’entrouvrent, un roulis de gerçures, le silence amputé, la gangrène se dévoile et partout se répand l’évidence d’en finir avec les traditions du Monde selon Priape”. (p.69)

“Quel que soit le parcours des amies inconnues : c’est la sororité leur lien, l’état premier de leurs rapports. Le retour au gynécée”. (p.71)

“La révolution numérique a apporté aux femmes des outils et réflexes qui les rendent solidaires, conscientes qu’elles forment un nous. (…) Être perçue comme femme et être traitée comme telle : c’est cela que nous partageons. Et ce nous n’est pas seul”. (p.73)

“La sororité est le mot-clé, la fin des rapports verticaux, se penser sœurs modifie tout. (…) Par la sororité, rien ne sera épargné car les femmes vivent partout, résolues et nombreuses, dangereuses puisque unies.” (p.77)

“Sororité : communauté de femmes ayant une relation, des liens, qualité, état de sœur. L’important c’est de comprendre qu’en oubliant que ce mot existe, les femmes ont perdu le concept avec, de même pour les hommes qui les regardaient. Sororité ça voulait dire : les femmes deviennent une caste, une classe. Plus dangereux que le communisme à l’échelle internationale, un incendie dans chaque foyer.” (p.85)

“Le terme sororité implique l’horizontal, ce n’est pas un décalque du patriarcat. L’état de sœur neutralise l’idée de domination, de hiérarchie, de pyramide. La qualité de sœurs, expériences, âges multiples, le cercle est de paroles qui s’écoutent en égales. Différentes mais égales”. (p.92-93)

“Nous vivons dans une société pensée par et pour les hommes. Rapportées à la population, les femmes en représentent pourtant un peu plus de la moitié. Une moitié plus précaire, soit. Mais aujourd’hui non asservie, suffisamment indépendante, autonome, plus que nos aînées. La première vague a fait les lois, la deuxième a libéré nos ventres, la troisième a tué grand-papa, la quatrième s’attaque aux mœurs, aux us et coutumes”. (p.109)

“La sororisation, c’est l’acte de sororiser, sororiser c’est rendre sœurs. C’est créer, par la qualité des liens, une relation qui amène à l’état de communauté féministe”. (p.111)

“La sororité est une attitude. Ne jamais nuire volontairement à une femme. Ne jamais critiquer publiquement une femme, ne jamais provoquer le mépris envers une femme. La sororité est incluante, sans hiérarchie ni droit d’aînesse. Cercle protecteur, horizontal”. (p.114)

Morceaux choisis : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, de Corinne Morel Darleux

Morceaux choisis : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce

J’inaugure ici un nouveau format d’article : une collection des citations que j’ai surlignées au cours de mes lectures. Cet été, j’ai lu le court essai de Corinne Morel Darleux, militante écosocialiste : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Elle y propose un choix radical face à l’effondrement : “refuser de parvenir et instaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé”.

Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, un essai de la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux

“Imaginez que les pauvres choisissent de le rester, les travailleurs de ne plus perdre leur vie à la gagner, les consommateurs d’arrêter d’acheter ! (…) Pour autant, le refus de parvenir ne peut être réduit au critère matériel. Il relève avant tout de la capacité à exercer une intention propre, à effectuer des choix en conscience. Or se réapproprier sa propre trajectoire, quitte à dire non et à sortir du troupeau, est sans doute une des plus grandes jubilations que la vie peut offrir” (p.42)

“On peut néanmoins faire autant de pas de côté qu’on le veut pour mieux guider sa propre vie, un coup de canif isolé ne suffira pas à ébranler les fondations du système. Le cadre reste le même qui dessine les contours, bride et malmène. Seul, on ne fait qu’effleurer la surface du système sans rien résoudre ni en profondeur ni sur le long terme, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Plusieurs coups portés simultanément en des endroits ciblés peuvent s’avérer plus efficaces, mais des îlots séparés ne peuvent former un archipel sans concertation ni conscience collective” (p.51)

“Je suis de plus en plus persuadée que face à l’urgence des catastrophes en cours, il ne s’agit plus de froncer le nez : toutes les initiatives sont à encourager. Peut-être doivent-elles désormais être évaluées non plus uniquement à l’aune de leur efficacité future, mais aussi à celle de leur sincérité et de la dignité qu’elles apportent au présent. La société en est arrivée à un tel état de dévissage culturel, le conformisme et l’injonction normative sont devenus de tels fléaux que toute déviation, tout pas de côté, toute élégance gratuite en vient à acquérir une portée subversive” (p.59)

“Or cette éthique-là (de l’effondrement, NDLR) aura du mal aura du mal à se décréter de l’extérieur si un minimum de reconnexion à soi et d’introspection n’ont pas été menées. Je comprends et partages de nombreux doutes sur cette question de la spiritualité, mais il faut prendre garde à ne pas trop vite la balayer. La réaction aux “petits gestes individuels” pour le climat est souvent comparable : souvent vilipendés pour leur manque de fond anticapitaliste, ils gardent pourtant leur utilité comme premiers pas vers un parcours de “radicalisation politique” : en réalité personne ne passe directement de la prise de conscience de l’urgence climatique au sabotage de chantiers. Or il est primordial dans la période actuelle d’ouvrir des espaces de transformation, pensés comme des sas vers l’organisation et la structuration politique. Ainsi le combo “refus de parvenir, cesser de nuire, dignité du présent” peut constituer un élément de réconciliation entre des univers qui n’en finissent plus de s’opposer : apôtres du changement individuel et partisans de l’action collective, marxistes et anarcho-libertaires, communistes et écologistes, apolitiques indécrottables et moines soldats du militantisme…” (p.72)

Se mettre au “Slow working” avec Diane Ballonad Rolland

Cet été, j’ai lu le guide pratique Slow working, écrit par Diane Ballonad Rolland, coach spécialisée en gestion du temps et équilibre de vie pro/perso. 10 séances d’auto-coaching pour apprendre à travailler moins mais mieux !

Savoir concilier sérénité et efficacité au travail, remettre à plat sa relation au travail, apprendre à doser ses efforts. Mais aussi parvenir à s’octroyer des pauses et ne plus s’épuiser à la tâche… Voilà ce que nous promet Diane Ballonad Rolland dans son tout dernier livre, Slow working : 10 séances d’autocoaching pour travailler moins mais mieux (éditions Vuibert, collection My Happy Job).

Quel meilleur endroit et moment que des vacances au bord de la mer pour s’intéresser à son rythme de travail ? Objectif : aborder la rentrée avec sérénité !

Slow working : à lire pour aborder la rentrée avec sérénité

Tout commence par un test, pour savoir quel type de travailleur l’on est.

Pour ma part, mes réponses m’ont placée entre “sous l’emprise du stress” et “slow worker qui s’ignore”. Ce qui, en somme, est assez conforme à la réalité. Depuis plusieurs années déjà, je tente de mettre en place des outils et des habitudes pour “ralentir” au travail. Mais j’ai encore tendance à me laisser rattraper par l’ampleur de mes projets et les deadlines. J’ai du mal à dire non… y compris quand il s’agit de me retrouver en position éligible sur la liste écolo de mon arrondissement ^^ !

Alors, c’est parti pour 10 chapitres et autant de séances d’ “autocoaching” pour apprendre à ralentir. En effet, ce livre n’est pas seulement à lire, il propose des exercices et des guides d’introspection pour aider à mieux passer à l’action.

Premier chapitre: qu’est-ce que le slow working ? Il s’agit ici de comprendre les principes qui le régissent, mais aussi de déconstruire nos croyances, nos peurs, nos conditionnements au sujet de l’efficacité, la productivité et le travail en général.

Plus de réflexion, moins de multitasking pour être efficace

Le 2ème chapitre nous invite, lui, à travailler avec intelligence plutôt qu’avec excès. Par exemple en réduisant drastiquement le nombre de tâches sur sa todolist quotidienne. Et en prenant le temps de dresser chaque matin sa feuille de route pour la journée. Attention surtout de ne pas planifier plus de 70% voire 50% de son temps, afin de laisser de l’espace aux imprévus.

J’aime beaucoup cette idée de prendre le temps chaque matin de faire son “plan de route” de la journée… Pour autant, je n’arrive pas encore à le faire régulièrement. J’ai donc décidé de me créer une alerte sur mon téléphone pour me rappeler de le faire !

Au chapitre suivant, Diane nous incite à réhabiliter les temps de réflexion dans nos journées de travail. Loin d’être une perte de temps, ces rendez-vous avec soi-même permettent d’éviter les erreurs dues à la précipitation et de faire baisser son stress.

Le chapitre 4 nous alerte : stop au multitasking ! Il nous empêche de nous concentrer et d’être efficace. Parmi les bonnes pratiques : mettre son téléphone sur pause ou encore employer une stratégie de temps limité (comme la méthode Pomodoro).

Pour ma part, pour me concentrer, j’utilise l’application Forest. Elle permet de faire pousser des arbres virtuels en ne touchant pas à son téléphone 🙂

Et pour aller encore plus loin, Diane nous invite à cultiver la pleine conscience (c’est l’objet du chapitre 5). Formulons chaque matin des intentions claires pour notre journée. Pratiquons la cohérence cardiaque pendant nos pauses. Ou encore apprenons à apprécier nos tâches et pas seulement leurs résultats !

Slow working : savoir prendre des pauses régulières
L’heure de la pause. Photo by Sven Brandsma on Unsplash

Le chapitre 6 nous invite ensuite à trouver le bon équilibre entre nos phases de repos et de travail en respectant nos rythmes biologiques. Et le 7ème à remettre du plaisir et du sens dans notre quotidien professionnel. Notamment en s’assurant d’être claire sur nos valeurs et motivations profondes au travail.

Le slow working quand on est entrepreneuse

Si vous êtes entrepreneuse, en activité ou en devenir, les chapitres 8 et 9 vous intéresseront tout particulièrement.

Le chapitre 8 aborde en effet les formes de travail flexibles. Par exemple le télétravail, le coworking et le freelancing. Ils ont bien sûr des avantages réels en terme d’organisation et de gestion du temps. Mais attention aux risques qu’ils impliquent: absence de repères fermes, travail qui empiète sur la vie perso ou inversement… Le télétravailleur, salarié ou freelance, doit être son propre responsable prévention !

Parmi les pistes proposées par Diane, assumer et respecter soi-même son travail pour qu’il soit respecté par les autres. C’est essentiel ! Je rencontre trop d’entrepreneuses qui ont du mal à considérer leur activité comme un “vrai” travail. Notamment au début, quand elle ne génère pas encore de revenus importants.

Autres conseils : délimiter son territoire, fixer des horaires et les respecter. Mais aussi être claire sur la gestion des tâches domestiques (qui fait quoi et quand). Ou encore se ressourcer auprès d’autres professionnels (via le réseautage, la sous-traitance, l’accompagnement ou encore le co-développement professionnel etc.).

A l’opposé de la startuppeuse, la slow entrepreneuse

Le chapitre 9 s’intitule, lui, Entreprendre slow. Entreprendre slow, c’est promouvoir un modèle d’entreprise à l’opposé de celui de la start-up (qui s’appuie sur une croissance rapide). Le slow entrepreneur ménage sa monture pour aller loin, sans se négliger ni négliger son entourage.

Il s’agit d’en finir avec le mythe de l’entrepreneur super-héros, qui vit à 100 à l’heure et sacrifie tout à son business. C’est, au contraire, faire le choix de se développer de manière durable et patiente. En mettant son bien-être au service de son entreprise (et inversement tant qu’à faire !).

Slow
Photo by Georgia de Lotz on Unsplash

Cela suppose de définir ses limites, de mettre la gestion de son énergie au coeur du pilotage de son entreprise, mais aussi d’apprivoiser ses peurs face à la pression du toujours plus de clients, toujours plus de CA.

Pour ma part, voici un an, j’ai décidé de consacrer tous mes lundis matins à mes séances de kundalini yoga avec Laura. J’en mesure aujourd’hui tous les bénéfices en terme d’énergie et de réduction du stress. Et c’est d’ailleurs parce que mon emploi du temps va se remplir avec mes nouvelles missions d’élue que j’ai décidé de garder cette bonne habitude cette année !

Enfin, le dernier chapitre de cet ouvrage est consacré à la déconnexion numérique ou digital detox. Diane nous conseille d’opter pour la sobriété numérique. Ou encore de nous reconnecter à la nature et à notre corps, par exemple en remplaçant les réunions par du co-walking ou marches créatives.

Mon avis sur le livre Slow working

Tu l’auras compris, j’ai été à 100% convaincue par ce guide. Il synthétise en 10 chapitres concis et utiles les meilleures pistes pour apprendre à travailler un peu moins et plus lentement. Mais surtout plus en profondeur et de manière plus épanouissante.

Je sais, par ma propre expérience et celle des entrepreneuses que je rencontre, à quel point l’entrepreneuriat est un défi en terme de rythme de travail. Voici donc une ressource précieuse pour prendre de bonnes habitudes en la matière !

Laura Peterman, enseignante de kundalini yoga

J’ai déjà eu l’occasion d’interviewer Laura Peterman, sous sa casquette de directrice artistique et créatrice d’identités de marque (je lui dois mon identité visuelle et ce joli site !). Si j’ai de nouveau invité Laura à répondre à mes questions, c’est pour qu’elle nous parle de sa deuxième activité: celle d’enseignante de kundalini yoga.

Le yoga et moi, c’est une histoire qui dure depuis 10 ans :). Aux Pays-Bas jusqu’en 2013 puis à Lyon, ou encore lors de retraites de yoga, j’ai pu expérimenter différents types de yoga (vinyasa, ashtanga, sivananda…) mais aussi découvrir les bienfaits de la méditation ou encore du chant de mantras.

Grâce à ma rencontre avec Laura, je pratique depuis septembre dernier le kundalini yoga. Je consacre mes lundis matins à ces séances et cette nouvelle routine m’a fait tellement de bien sur le plan physique comme mental, que j’avais envie de vous la faire découvrir !

Avis aux Lyonnaises: Laura anime un cours hebdomadaire le lundi matin à Vaise (Lyon 9), dans les locaux de l’association Narayan. Elle propose également des ateliers ponctuels de Kundalini Yoga pour femmes, accessibles à tous niveaux. Suivez-la sur Instagram pour en savoir plus !

Bonjour Laura, peux-tu nous expliquer ce qu’est le kundalini yoga et les raisons pour lesquelles tu as commencé à le pratiquer?

J’ai découvert le Kundalini Yoga (KY) en 2013, un peu par hasard. Je traversais une période difficile, fraîchement séparée, donc maman solo avec un petit garçon de 3 ans à peine. Je cherchais quelque chose, je ne savais pas quoi. J’avais besoin de redonner du sens à ma vie, de comprendre ce que je faisais là, et comment avancer. C’est là que j’ai eu mon premier cours de KY.

Ça a été la révélation. J’avais déjà testé pas mal de choses, mais j’ai su, sur le tapis, pendant cette heure de cours, que j’avais trouvé ma pratique. J’ai accroché tout de suite. Le Kundalini Yoga est un Yoga particulier, vraiment profond et spirituel. Il ne s’agit pas de faire de parfaites postures Instagrammables. C’est au contraire une expérience très intérieure à soi, avec soi, et en même temps très intense, qui nous pousse à dépasser nos limites, à changer nos comportements inconscients et nos habitudes néfastes. On l’appelle aussi le yoga de la conscience. Il est très complet. Et c’est ce que je cherchais. Ça a été (et c’est toujours !) ma thérapie. Au bout d’un mois, je pratiquais tous les matins chez moi, et 6 mois plus tard j’entamais la formation pour être enseignante.

Depuis septembre 2019, tu as décidé de l’enseigner. Peux-tu nous raconter ton cheminement, nous parler de tes cours et de ce que cela t’apporte dans ta vie personnelle et professionnelle ?

En fait, je suis enseignante depuis 2015, mais je donnais très peu de cours. Je faisais surtout des remplacements ou des cours chez moi de temps en temps avec quelques personnes. Le yoga est avant tout un mode de vie pour moi, et j’ai fait la formation au départ uniquement dans un but de développement personnel. Cela me faisait tellement de bien que je voulais tout savoir sur ce yoga, le pratiquer, le vivre, plonger dedans.

Mais assez naturellement vient un moment où l’on se dit qu’on ne peut pas garder ces outils pour soi. Cela a tellement changé ma vie que j’ai voulu partager ces enseignements avec d’autres. L’occasion s’est présentée à moi en septembre quand on m’a proposé un cours fixe hebdomadaire, dans l’école où j’ai été formée. C’était une évidence.

Ensuite j’ai ouvert des ateliers pour les femmes, car le Kundalini Yoga contient une quantité phénoménale d’enseignements spécifiques pour les femmes, plus que jamais utiles ! Quand j’ai démarré, c’est surtout cela qui m’a attirée. Cela a changé ma vision de ce que signifie être une femme. Cela m’a réconciliée avec moi même. Clairement, dans ma vie, il y a eu un avant et un après Kundalini Yoga !

Le Kundalini Yoga m’a appris à être en paix avec toutes les facettes de moi-même, à les reconnaître, à les comprendre, et à les accepter. Et quelque part, cela influence ma façon de travailler. Quand je crée une identité pour une marque, cet alignement avec son essence me semble primordial : être en accord avec qui l’on est profondément, l’assumer pleinement et l’exposer au monde.

Comment tes deux activités ont-elles été impactées par l’épidémie de coronavirus et le confinement total qui a été décidé ? Comment t’es-tu adaptée à cette nouvelle donne ?

Honnêtement, dans ma vie quotidienne, je n’ai pas vraiment vécu de changement, car je suis déjà toute la journée à la maison à travailler derrière mon écran. Et je suis plutôt introvertie et casanière de nature, donc je dirais que je n’ai pas été très impactée. Côté travail, j’ai en fait été très sollicitée car beaucoup de personnes avaient tout à coup du temps pour s’occuper de leurs projets, et les conditions de confinement ont aussi poussé beaucoup d’activités à se tourner vers le web : cours et formations en ligne, produits virtuels… donc plutôt bien occupée personnellement pendant ces deux mois de confinement !

Quant à mes cours de yoga, il a fallu s’adapter. L’association dont je fais partie a choisi de maintenir les cours hebdomadaires avec les élèves en visio, car les outils du Kundalini Yoga sont plus que jamais utiles et nécessaires, en particulier dans des situations de stress intense et d’incertitude comme celle que nous avons traversée.


Connaissiez-vous le kundalini yoga ? L’avez-vous déjà expérimenté ? Quelles pratiques physiques et/ou spirituelles utilisez-vous pour prendre soin de vous?

L’entrepreneuriat féminin, un vecteur d’égalité entre les femmes et les hommes?

Le 8 mars dernier, j’étais invitée à participer à une table-ronde intitulée “Liberté conditionnelle”, à l’occasion de l’événement The Time is Now organisé par la marque engagée Leonor Roversi. L’occasion d’aborder les spécificités de l’entrepreneuriat au féminin et de la réponse qu’il représente aux inégalités professionnelles.

Lors de cette table ronde, qui réunissait Ingrid, photographe sous le nom de Joz’ ma vie, Laurine, blogueuse sous le nom de Thegirlnextdoorblog, et moi-même, nous avons répondu aux questions de Laetitia, fondatrice de l’agence artistique Monacraft.

Nous avons abordé de nombreux aspects des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes, que ce soit dans l’éducation, dans l’occupation de l’espace public, dans les couples et les familles, dans la politique et bien sûr dans l’environnement professionnel. Je te livre ci-dessous les réponses que j’avais préparées aux questions que m’a posées Laetitia, qui portaient plus particulièrement sur le phénomène de l’entrepreneuriat féminin.

Sandrine, tu accompagnes des femmes entrepreneuses ? Est-ce que tu vois une différence entre l’entrepreneuriat masculin et féminin ? Pourquoi genrer l’entrepreneuriat ?

On observe en effet d’importantes différences entre l’entrepreneuriat au masculin et l’entrepreneuriat au féminin.

Attention, elles ne sont pas liées au fait d’être porteur de chromosomes XX ou XY! Mais plutôt aux conditionnements que Laurine évoquait juste avant: dans une société patriarcale comme la nôtre, filles et garçons puis hommes et femmes ne vivent pas tout à fait dans la même société. Ils ne sont pas élevés tout à fait de la même manière, n’ont pas les mêmes modèles, ne doivent pas se conformer aux mêmes attentes dans la famille, à l’école, dans l’entreprise…

Voici quelques temps, mon article sur l’entrepreneuriat féminin intitulé “Les femmes ne sont pas des entrepreneuses comme les autres” faisait le point sur quelques chiffres et phénomènes clés.

Il y a tout d’abord une sous-représentation des femmes dans l’entrepreneuriat: les femmes ne représentent que 30% des créations d’entreprises et environ 30% des entrepreneurs. Ces chiffres ont tendance à stagner depuis plusieurs années, pourtant 70% des femmes pensent que l’entrepreneuriat est plus épanouissant que le salariat. Par ailleurs, 57% des entrepreneurs ont des enfants mais seuls 18% des entrepreneurs sont des mères.

Autre constat, les femmes se concentrent dans certains secteurs d’activité: le “care”, le commerce, la communication, la restauration. Elles sont beaucoup moins présentes dans l’industrie, les technologies… Par ailleurs, leurs projets plus modestes: elles entreprennent plus souvent seules, font moins financer leurs projets, aussi bien parce qu’elles demandent moins de financement et qu’elles en obtiennent moins. Résultats, la majorité d’entre elles (80%) ne vivent pas de leur projet entrepreneurial.

Enfin, dernier point: elles n’entreprennent pas pour les mêmes raisons. La liberté, la souplesse, le sens, la volonté de changer le monde… sont leurs principales motivations. Elles sont seulement 11% à déclarer entreprendre pour gagner plus d’argent (et sont, en plus, mal vues si elles déclarent vouloir faire de l’argent avec leur entreprise).

Pour toutes ces raisons, il me paraît utile de proposer des dispositifs d’accompagnement spécifiques aux femmes entrepreneuses.

Sandrine, lors de nos échanges pour préparer cette table ronde, tu as évoqué la question des violences faites aux femmes qui, pour toi, est un sujet essentiel. Pourquoi, selon toi, est-il urgent de témoigner, de sensibiliser et d’accompagner sur cette question ?

Il est urgent de le faire car c’est un phénomène massif, qui touche énormément de femmes: il suffit de voir le nombre de partages sur les réseaux sociaux sur les hashtags #metoo, #balancetonporc et plus récemment #jesuisunevictime, suite à la cérémonie des Césars.

Récemment, une enquête menée par le mouvement NousToutes sur le consentement, à laquelle 100 000 personnes ont répondu, a débouche sur le chiffre de 81,2% des répondantes rapportant des faits de violences psychologiques, physiques ou sexuelles au cours de rapports sexuels avec un ou plusieurs partenaires. Et je crois que nous pouvons toutes trouver dans notre histoire personnelle et/ou celles de nos proches (mères, soeurs, amies, filles…) des situations de violences sexistes, ponctuelles ou continues.

C’est aussi un phénomène multiforme: on parle de “continuum des violences”: cela va du harcèlement de rue, des blagues ou remarques sexistes, du harcèlement sexuel au travail, des violences psychologiques dans le couple, des rapports sexuels sous pression (exprimée ou intégrée), aux agressions sexuelles, viols et tentatives de viols…

Mais c’est aussi un phénomène largement minimisé, voire ignoré, y compris de la part de femmes qui subissent ces violences. Je partage avec vous le témoignage d’une amie, qui avait été dans une relation toxique avec un homme qui la rabaissait sans cesse: lorsque j’avais évoqué avec elle les “violences psychologiques” dont elle avait été victimes, elle avait refusé avec force ce terme, qui pour elle la renvoyait à une situation de victime.

Pour terminer, on sous-estime les conséquences globales en terme de santé physique et psychologique de ces violences. Elles engendrent des blessures et traumatismes qui peuvent largement se répercuter dans toutes les sphères de la vie. Comment une femme peut-elle vivre et s’épanouir “normalement” quand elle vit ou a vécu des situations de violence? Comment peut-elle s’en sortir, se reconstruire?

Ce sont des questions essentielles car elles ont un lien avec les autres formes d’inégalités: par exemple, comment aider une femme qui manque de manque de confiance en elle dans le cadre de l’entrepreneuriat ou de la vie professionnelle, si l’on ne sait pas que celle-ci a subi des violences ou se trouve actuellement dans une relation toxique?

Sandrine, pour toi l’entrepreneuriat permet aussi aux femmes qui se lancent dans l’aventure de retrouver une certaine liberté, de reprendre une forme de pouvoir. Peux-tu nous en dire plus ?

Comme je le disais plutôt, la principale raison de se lancer dans l’entrepreneuriat pour les femmes est la recherche de liberté et de souplesse d’organisation, qu’elles ne trouvent pas forcément en tant que salariées..

De nombreuses femmes que j’accompagne sont en reconversion. Elles quittent le salariat soit parce qu’elles sont en burn-out, parce qu’elles travaillent dans une entreprise dont l’activité ou le mode de management sont en contradiction avec leurs valeurs et conviction, parce que l’organisation et les horaires ne sont pas compatibles avec leur rôle, encore prépondérant, au foyer et auprès des enfants, parce qu’elles se rendent compte qu’elles ne sont pas heureuses même si elles ont coché toutes les cases (bonnes études, CDI, mariage, enfant, maison…) ou encore parce qu’elles se heurtent au plafond de verre (on leur préfère leurs collègues hommes pour grimper dans la hiérarchie et la grille des salaires).

L’entrepreneuriat peut en effet constituer une réponse à toutes ces attentes d’indépendance et de sens, mais les femmes doivent être conscientes que ce n’est pas une solution miraculeuse. Il faut tout particulièrement faire attention aux pièges qu’il recèle: le risque du burn-out entrepreneurial, le manque d’indépendance financière, notamment les premières années d’activité, ou encore l’inégale répartition des tâches domestiques dans le couple, notamment lorsque l’on choisit de travailler à domicile.

Pour terminer, comment peut-on agir pour aller vers plus d’égalité ?

Pour commencer, que l’on soit homme ou femme, on peut s’éduquer pour comprendre comment fonctionne la société patriarcal et les inégalités qu’elle engendre: on peut lire, notamment l’essai King Kong Théorie de Virginie Despentes, écouter des podcast comme Les couilles sur la table de Victoire Tuaillon, ou encore suivre des comptes féministes sur Instagram etc.

Ensuite, on peut sensibiliser son entourage, et notamment éduquer ses enfants, à être conscients des inégalités et des préjugés et à déconstruire les conditionnements qui les font naître.

On peut enfin s’engager, qu’il s’agisse de participer aux marches féministes du 8 mars et du 24 novembre, de participer ou contribuer à des associations qui agissent pour les femmes ou encore de prendre toute sa place dans la société, par exemple en acceptant d’être candidate pour des responsabilités politiques ou syndicales…

J’en profite pour inviter à vous intéresser à l’initiative Fœmina que je porte actuellement: il s’agit d’une association d’entrepreneuses lyonnaises qui veulent oeuvrer pour améliorer la place et valoriser les initiatives des femmes. Notre assemblée constitutive a lieu le 19 mars, n’hésitez pas à liker notre page Facebook pour en savoir plus!

En décembre, soutenons les entrepreneuses locales!

Avec l’opération #aventrepreneuses, partageons nos coups de cœur pour nos entrepreneuses et créatrices préférées.

Et si, pour nos achats de Noël, nous choisissions de privilégier les marques et les entreprises locales portées par les femmes, et de soutenir ainsi l’entrepreneuriat féminin?

Au mois de décembre, j’ai décidé de lancer sur mon compte Instagram un calendrier de l’avent un peu spécial: dès le 1er décembre et jusqu’au 24 décembre, je partagerai en story une entrepreneuse dont j’apprécie le travail et avec laquelle j’ai eu la chance de collaborer, que ce soit en tant que partenaire, en tant que fournisseuse ou en tant que cliente.

C’est le calendrier des #aventrepreneuses !

L’objectif: vous aider à les (re)découvrir, vous encourager à les faire travailler aussi, que ce soit pour vos cadeaux de Noël ou plus tard dans l’année, pour vos achats personnels ou professionnels.

Si vous aussi ,vous voulez profiter de ce mois de décembre pour faire connaître vos entrepreneuses préférées, n’hésitez pas à utiliser vous aussi ce hashtag #aventrepreneuses (et à vous y abonner) pour que nous puissions vous/les retrouver facilement!

Suivez le hashtag #aventrepreneuses sur instagram

Inspiration – Faire une retraite de yoga

3 jours de yoga et jeûne en juin, puis 4 jours au sein d’un ashram de yoga: cet été, j’ai testé deux sortes de retraite de yoga. Je partage avec vous ces expériences.

Après avoir pratiqué le yoga de manière très régulière et avec beaucoup de plaisir quand j’habitais aux Pays-Bas (de 2009 à 2013), je l’avais malheureusement délaissé depuis mon arrivée à Lyon. Par manque de temps et faute de trouver un studio vraiment adapté à mes besoins, c’est à dire pas trop loin de mon domicile, avec de nombreux cours pour s’adapter à mon emploi du temps changeant, dont la philosophie me plaise et dont l’abonnement ne coûte pas un bras…

Après avoir renoué avec le plaisir du tapis au studio Inspire Yoga d’Avignon, en avril dernier, j’ai décidé de procéder autrement: m’offrir de temps en temps un cours ou stage de yoga pour progresser et me motiver, et pratiquer seule chez moi le reste du temps.

Yoga + jeûne, la combinaison gagnante

Comme j’avais également envie depuis longtemps d’expérimenter le jeûne, je n’ai pas hésité longtemps à m’inscrire à cette retraite de 3 jours dans la Drôme, consacrée au yoga et au jeûne.

Nous étions une douzaine de participants, de tous âges, à tenter l’expérience. Après une semaine de descente alimentaire (il s’agit, dans les jours qui précèdent le jeûne, de retirer progressivement des aliments et d’arrêter le tabac) nous avons pris notre dernier repas, uniquement composé de légumes cuits, le vendredi midi.

Le gîte de Charousse, dans le Vercord drômois

Nos 3 jours de diète, dans le cadre sauvage du sud du Vercors, ont été rythmés de séances de méditation et de yoga (2 par jour), de randonnées pas trop longues ni difficiles (en théorie… car en pratique, le ventre vide, les montées sont vite épuisantes!), de temps de repos et de conférences sur le jeûne et la naturopathie.

Pour la plupart d’entre nous, cette expérience a été ressentie de manière très positive. En ce qui me concerne, j’ai été surprise par les rares sensations de faim, malgré les nombreuses discussions portant sur la nourriture ^^ (et quand elles surviennent, elles disparaissent vite). Après un vrai passage “à vide” le dimanche matin (faiblesse, vertiges…), j’ai vite retrouvé mon énergie. Et le lundi midi, lors de la reprise de l’alimentation, j’avais surtout envie de prolonger le jeûne! La prochaine fois, je tenterai 5 voire 7 jours 🙂

En attendant la rupture du jeûne…

La semaine qui suit, la reprise de l’alimentation se fait également de manière progressive. Et pour ma part, j’ai profité de cette pause digestive pour intégrer de nouvelles habitudes alimentaires: j’ai ainsi supprimé le café et fortement réduit les produits laitiers (difficile de me passer de fromage, mon péché mignon, mais je ne consomme plus de yaourts). Ce qui m’a également de fortement réduire le sucre.

Se ressourcer en pratiquant le yoga et la méditation dans un ashram

Après cette première expérience réussie, (et en attendant de retourner dans la Drôme en septembre pour un WE yoga detox), j’ai décidé de prendre encore un peu de temps pour ma pratique en testant fin juillet un séjour de vacances yoga à l’ashram Sivananda, près d’Orléans. Il m’avait été recommandé par une amie qui s’y rend régulièrement pendant ses vacances.

Après m’être informée sur le rythme quotidien de vie à l’ashram (notamment le lever à 5h30 pour la méditation de 6h…), je me suis dit que réserver pour 3 nuits seulement était un bon début !

Finalement, dès mon arrivée, quand j’ai découvert la beauté et le calme du lieu, le confort du petit chalet que je partageais avec 2 autres vacancières, la qualité des installations et des cours de yoga ou encore la saveur des repas végétariens, j’ai regretté de ne pas rester plus longtemps!

Malgré les levers aux aurores, les 2 cours de yoga d’1h30 par jour, les genoux qui, manquant d’entraînement, ont un peu souffert de la position de méditation, les créneaux de karma yoga (participation volontaire à la vie de la communauté: aide à la préparation des repas, au jardinage ou à la vaisselle…), j’ai trouvé ce séjour extrêmement reposant et ressourçant. Et j’en suis repartie avec la ferme intention de revenir l’été prochain (ou même avant!)

Et vous, avez-vous déjà participé à une retraite de yoga? En avez-vous envie?

Lecture: Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet

L’essai de la journaliste Mona Chollet explore l’histoire des chasses aux sorcières et montre à quel point cette “guerre contre les femmes”, tout particulièrement les femmes indépendantes et savantes, les femmes sans enfant et les femmes âgées, a contribué à façonner le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui: patriarcal et destructeur de la planète.

Les sorcières sont furieusement tendance ces derniers temps, cela ne vous a sans doute pas échappé. Elles parcourent les manifestations féministes, formant parfois un “witch bloc”, se réunissent lors de cercles de femmes et de retraites spirituelles pour partir à la reconquête du “féminin sacré”, pratiquent la divination, se mettent à l’écoute de leur intuition, se reconnectent à leur cycle et à celui de la lune, ont leurs comptes instagram, leurs boutiques et leurs newsletters dédiés pour apprendre de nouveaux rituels…

Photo by Halanna Halila on Unsplash

Observant au départ ce phénomène d’un oeil distant, voire un peu sceptique, je me suis finalement laissée séduire par le mouvement. Pas jusqu’à apprendre à tirer les cartes ou investir dans des cristaux ou des bâton de purification à la sauge (cela viendra peut-être qui sait?), mais à admirer la sororité qui se manifeste parmi les femmes qui partent à la (re)découverte de leur part naturelle voire surnaturelle.

C’est donc dès sa sortie, à l’automne dernier, que j’ai eu envie de lire l’essai de Mona Chollet “Sorcières, la puissance invaincue des femmes“. Ayant la mauvaise habitude de lire plusieurs ouvrages en même temps et de passer beaucoup trop de temps sur les écrans, je ne l’ai terminé que récemment. Mais pour moi ce livre est clairement un must-have dans la bibliothèque des femmes qui s’intéressent à la fois aux combats féministes et écologistes.

Les chasses aux sorcières, une guerre contre toutes les femmes

En effet, Mona Chollet décortique un épisode finalement assez mal connu (par moi en tout cas!) de l’Histoire: les chasses aux sorcières, qui ont fait entre 50 000 et 100 000 victimes en Europe. Contrairement aux idées reçues, elles se sont déroulées non au Moyen-Âge mais à la Renaissance (du XVème au XVIIème siècle). Et n’ont pas été perpétrées par quelques obscurantistes mais bien par les élites cultivées et éclairées de l’époque: la sorcière, rappelle l’autrice, est une “victime des Modernes et non des Anciens”.

Si des hommes ont fait partie des victimes, les femmes en représentent la majorité (85%) et la journaliste dépeint les chasses aux sorcières comme une “guerre contre les femmes“, qui a “contribué à façonner le monde qui est le nôtre. Si elles n’avaient pas eu lieu, nous vivrions probablement dans des sociétés très différentes”.

L’objectif de ces meurtres de masse était de réprimer les velléités d’émancipation féminine. En s’attaquant physiquement aux femmes indépendantes, qui ne sont pas subordonnées à un homme, aux femmes de savoir (les guérisseuses, notamment, qui connaissaient les pouvoirs des plantes), aux femmes sans enfant et à celles qui aidaient leurs soeurs à ne pas concevoir ou à avorter, ou encore aux vieilles femmes, devenues “inutiles” aux hommes (ayant perdu leur pouvoir de séduction et leur capacité à enfanter). Mais aussi en maintenant, par la menace et la terreur, toutes les autres dans le “droit chemin”.

Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet (page 38)

Le fléau de l’indépendance féminine

Ce qui est passionnant dans cet essai, c’est qu’il montre que si les chasses aux sorcières sont terminées depuis longtemps, l’idéologie qui les sous-tendait est encore largement à l’oeuvre aujourd’hui, au travers des préjugés et stéréotypes affectant les femmes et du système patriarcal.

Ainsi, observe Mona Chollet, le “modèle” de l’épanouissement des femmes passe-t-il encore largement par la constitution d’un couple hétérosexuel et d’une famille, et que celles-ci restent des “intruses” dans le monde du travail (devant se contenter d’emploi à temps partiel, moins bien rémunérées que les hommes etc.).

“Rien, écrit-elle, dans la façon dont la plupart des filles sont éduquées, ne les encourage à croire en leur propre force, en leurs propres ressources, à cultiver et à valoriser l’autonomie”.

Elle explore également la représentation, souvent moqueuse (la “vieille fille à chat”) des femmes célibataires dans les médias ou la pop culture. Et souligne avec justesse que si les femmes autonomes ne sont plus brûlées sur des bûchers, un nombre non négligeable de celles qui se rebellent sont encore victimes de féminicides par conjoint ou ex-conjoint: un tous les 2,5 jours en France, souvent en représailles de leur décision de le quitter.

“Il serait temps, encourage l’autrice, que les femmes -souvent si peu sûres d’elles, de leurs capacités, de la pertinence de ce qu’elles ont à apporter de leur droit à une vie pour elles-mêmes- apprennent à se défendre face à la culpabilisation et à l’intimidation, qu’elles prennent au sérieux leurs aspirations et qu’elles les préservent avec une inflexibilité totale face aux figures d’autorité masculines qui tentent de détourner leur énergie à leur profit”.

Femmes sans enfant et femmes âgées: invisibilisées et stigmatisées

Outre la figure de la femme indépendante, Mona Chollet examine celle de la femme (volontairement) sans enfant. Qui encore aujourd’hui est une exception (4,3% des femmes déclarent ne pas vouloir de descendance) et doit faire souvent face aux critiques. Pire, le regret d’avoir enfanter est le tabou ultime. “On continue à croire dur comme fer que les femmes sont programmées pour désirer être mères”, écrit-elle.

Dans le chapitre suivant, elle s’intéresse aux femmes âgées (en gros à partir de 50 ans) et à leur invisibilité dans les représentations culturelles. Citant Carrie Fischer, elle souligne: “les hommes ne vieillissent pas mieux que les femmes, ils ont seulement l’autorisation de vieillir”. Prendre de l’âge, note l’autrice, c’est “perdre son rôle de pourvoyeuse de soins pour un mari ou des enfants, c’est être une insoumise, même malgré soi”, c’est réveiller la peur que suscite une femme qui vit pour elle-même.

Elle explore notamment le cas, fréquent, du mari qui quitte sa femme vieillissante pour une plus jeune et s’interroge: et si cet homme ne pouvait aimer que dans une relation inégale? Si les chasses aux sorcières ont particulièrement visé les vieilles femmes, c’est parce que celles-ci avaient acquis de l’expérience et pris une assurance intolérable, explique Mona Chollet.

Citant l’intellectuelle américaine Susan Sontag, qui avait écrit en 1972 un article sur le “double standard” du vieillissement entre les hommes et les femmes, elle rappelle: les femmes “peuvent aspirer à être sages, et pas simplement gentilles, ; à être compétentes, et pas simplement utiles ; à être fortes, et pas simplement gracieuses ; à avoir de l’ambition pour elles-mêmes (…). Elles peuvent se laisser vieillir naturellement et sans honte”.

Photo by Marivi Pazos on Unsplash

Une vision patriarcale du savoir et du rapport à la nature

Dans le dernier chapitre, enfin, celui que j’ai trouvé le plus riche et le plus intéressant, Mona Chollet met en cause la vision patriarcale du savoir et du rapport au monde et à la nature qui s’est imposée justement à partir de la Renaissance et notamment via les chasses aux sorcières. Une vision purement rationnelle, calculatrice, utilitariste, dominatrice du monde, s’opposant au règne de l’émotion, de l’intuition, du mystère, de la spiritualité, de la Terre nourricière…

Prenant l’exemple particulier de la médecine, dont justement les femmes (les guérisseuses) ont été écartées lors des chasses aux sorcières, l’autrice note: elle “concentre aujourd’hui encore tous les aspects de la science née à l’époque des chasses aux sorcières: l’esprit de conquête agressif et la haine des femmes ; la croyance dans la toute-puissance de la science et de ceux qui l’exercent, mais aussi dans la séparation du corps et de l’esprit, et dans une rationalité froide, débarrassée de toute émotion”.

Et rappelant que le savoir et la science se sont construits sur des méthodes et codes élaborés par et pour les hommes, elle rapproche ce phénomène du fameux manque de confiance en elles souvent reprochés aux femmes. “Après des siècles où les hommes de science ou de religion, les médecins, les hommes politiques, les philosophes, les écrivains, les artistes, les révolutionnaires, les amuseurs publics ont martelé sur tous les tons la bêtise congénitale et l’incompétence intellectuelle sans remède des femmes, en les justifiant au besoin par les plus folles élucubrations sur les défaillances de leur anatomie, il serait très étonnant que nous ne nous sentions pas légèrement inhibées”.

Mais Mona Chollet montre également comment l’asservissement des femmes s’est mené en parallèle de l’exploitation sans frein de la nature, réduite à une simple pourvoyeuse de ressources pour le développement des activités humaines. Et termine son ouvrage en évoquant l’écoféminisme, ce courant féministe qui veut penser de concert la libération des femmes et la libération de la nature.

Photo by Julia Caesar on Unsplash