Elsa Gauffenic, attachée de presse freelance

Depuis un an, Elsa Gauffenic exerce comme consultante freelance en relations presse et relations influenceurs à Lyon. Elle intervient notamment pour des petites marques du secteur “art de vivre”. Elle nous parle de son parcours et de l’utilité de travailler ses relations presse quand on est une petite marque.

Les relations presse et influenceurs sont un levier de communication méconnu et peu utilisé par les entrepreneuses. C’est pourquoi j’ai trouvé intéressant d’inviter Elsa à te parler de son métier et de son parcours d’entrepreneuse, et de te donner quelques conseils pour travailler avec les journalistes et les influenceurs.

Bonjour Elsa ! Comment es-tu devenue attachée de presse en freelance?

J’ai un parcours plutôt littéraire: après un bac L, j’ai enchaîné sur une licence de lettres modernes spécialité communication puis j’ai terminé par un master en communication des organisations à l’université Lyon 3.
J’ai travaillé ensuite 7 ans en agence de relations presse : 6 ans sur le secteur de l’art de vivre (déco, architecture d’intérieure) dans l’agence que j’avais intégrée initialement en stage de master 2 et un an sur le secteur du vin & œnotourisme à Bordeaux.

J’ai toujours plus ou moins rêvé d’être indépendante à un moment donné de ma vie mais sans savoir réellement comment m’y prendre… c’est le hasard de la vie qui m’y a conduite (et un peu le destin aussi je suppose). A l’issue de mon expérience bordelaise j’ai été amenée à revenir sur Lyon et avant mon départ j’ai traversé une grande période de questionnements sur mon avenir professionnel et le sens que je souhaitais lui donner. Mon conjoint, issu d’une famille d’entrepreneurs, m’a poussé à tenter l’aventure du freelancing. Lorsque j’en ai parlé à mon ancienne agence, ils m’ont proposée de poursuivre en freelance une mission que j’avais débutée et ça a été l’élément déclencheur !

Me voici donc consultante en relations presse et influenceurs, spécialisée sur le secteur de l’art de vivre. Je suis en statut auto-entrepreneur et je travaille essentiellement depuis chez moi et en co-working environ un jour par semaine. Je n’ai pas d’«offre prédéfinie » car mes prestations varient en fonction de chaque projet, on peut retrouver plus d’infos sur mon site : www.elsagauffenic.com

Peux-tu nous en dire plus sur ce métier d’attachée de presse freelance et sur la manière dont tu l’exerces?

Régulièrement quand je dis que je fais des relations médias on me demande pour quelle magazine je travaille. Ce qui me fait prendre conscience que c’est une activité assez floue ou méconnue pour certains. J’essaie donc de la présenter de la manière la plus simple qu’il soit, en expliquant que je suis le relais entre une marque et les journalistes et/ou influenceurs pour la faire connaître et lui donner de la visibilité.

Au-delà du conseil que je peux apporter à mes clients, mon métier consiste à mettre en place les actions les plus adéquates pour construire leur notoriété dans les médias (documents presse, événements, partenariats etc..).

Je prends plaisir à collaborer avec des clients dans la durée non seulement car cela ouvre énormément le champ des possibilités en RP mais aussi parce qu’en tant que freelance cela me permet de m’immerger dans l’univers de la marque et de créer un lien particulier avec elle.

Ainsi, je collabore depuis l’année passée avec une jolie jeune marque d’origine lyonnaise que j’affectionne particulièrement: Boncoeurs. Les deux créatrices Camille et Justine, sont également à la tête de deux boutiques à Croix-Rousse : Bonne Sœurs et la Chapelle. Leurs collections sont superbes et c’est difficile de ne pas craquer!

Que signifient exactement les termes “relations presse” et “relations influenceurs”? Peut-on les utiliser pour se faire connaître quand on est une petite marque?

Par relations presse, on entend tout ce qui concerne la presse « traditionnelle » à savoir la presse papier généraliste et spécialisée (magazines, quotidiens…) ainsi que leurs versions en ligne: les webzines, la radio et la TV.

Par relations influenceurs, on entend tout ce qui concerne les blogueurs, instagrameurs, youtubers etc… certains en ont fait une activité à plein temps et d’autres non. La plupart du temps ils sont spécialisés sur un secteur en particulier qui est par ailleurs leur passion.

Ils ont en commun d’être des leaders d’opinion, de disposer d’une visibilité importante sur leur secteur et d’être à la recherche en permanence de nouveautés, d’actus etc…

Ce qui les différencie principalement est leur manière de traiter l’info. Les journalistes sont des professionnels du traitement de l’info et ont une connaissance avertie des techniques rédactionnelles, les délais de publication des articles peuvent être assez longs (les mensuels sont bouclés 2-3 mois à l’avance) d’où la nécessité de leur communiquer les infos en priorité.

Les influenceurs, quant à eux, ont une approche plus spontanée et décomplexée grâce à la proximité qu’ils ont pu créer avec leurs followers. Ils travaillent essentiellement avec les marques via le biais de partenariats (rémunérés ou non) et peuvent communiquer dans l’immédiateté grâce à leur forte présence sur les réseaux sociaux.

Bien sûr, même pour une “petite” marque, c’est un excellent moyen de se faire connaître. Cela est moins coûteux qu’un plan publicitaire (difficile à mettre en place par ailleurs pour une petite structure) et permet d’obtenir une couverture médiatique intéressante et d’atteindre ses cibles.

L’idéal bien sûr c’est de travailler sur le long cours pour pouvoir varier les angles de communication et toucher un plus large panel de médias mais il est également tout à fait envisageable de travailler en one shot pour un lancement de produit ou l’ouverture d’un lieu par exemple.

Comment proposes-tu de les accompagner dans cette démarche?

Je m’adapte à chaque demande pour y répondre au mieux et de la manière la plus personnalisée qu’il soit. Je n’ai pas d’offre préconçue, l’accompagnement varie en fonction des outils mis en place et de l’envergure de la campagne (locale, nationale).

Le mieux est de combiner bien sûr relations presse et relations influenceurs pour un impact maximal.

Et pour celles qui n’auraient pas encore le budget pour faire appel à tes services, comment peuvent-elles travailler leurs relations presse et influenceurs?

Je leur conseille de bien travailler dans un premier temps la partie visuelle de leur communication, qui est primordiale pour des RP produits et encore plus sur le secteur de l’art de vivre. Avoir de beaux visuels c’est s’assurer par la suite d’obtenir plus facilement des retombées médiatiques !

Celles qui le souhaitent peuvent également s’atteler à la réalisation d’un dossier de presse, au-delà du fond la forme est elle aussi importante et pour une entrepreneuse qui a la fibre créative cela sera plus aisé de faire une jolie conception.

Par ailleurs, si une entrepreneuse a déjà des outils presse exploitables ou qui nécessitent très peu de réécriture, je peux adapter mon offre et lui proposer un accompagnement « petit budget ». L’essentiel pour moi est de fournir un travail de qualité et de mettre en place les actions les plus adéquates pour obtenir des retombées.

Et enfin je leur conseille de suivre les médias de leur secteur ainsi que les influenceurs, cela permet de créer un lien et l’influenceur sera plus sensible à la marque lorsqu’il sera contacté !

Merci pour tous ces conseils ! Pour terminer, peux-tu partager avec nous les plaisirs mais aussi les difficultés que tu expérimentes dans ta vie d’entrepreneuse? Et un petit conseil pour celles qui se lancent dans l’aventure?

Du côté des satisfactions, il y a une certaine forme de liberté: je peux gérer mon temps comme je le souhaite et travailler de n’importe où, ce qui est un grand avantage. Cela me permet aussi de mieux conjuguer vie perso et vie professionnelle dans l’ensemble et de me sentir plus en accord avec mes valeurs.

Je passe aussi beaucoup de temps à réseauter ce qui me donne la chance de faire de belles rencontres, et de trouver notamment des « collègues » de co-working 🙂 Et enfin je consacre beaucoup plus d’énergie à me former notamment sur d’autres aspects de la communication, à la fois par curiosité et parce que cela permet d’élargir mon portefeuille de compétences.

Côté difficultés, je pense que la plus grosse difficulté est celle que nous traversons tous en ce moment avec l’épidémie de Coronavirus. La priorité est bien sûr avant tout sanitaire mais en tant qu’auto-entrepreneur, il faut faire face à la gestion de crise et à une incertitude économique avec des missions décalées, des propositions qui tombent à l’eau. Il faut dire que la priorité pour la plupart des entreprises actuellement n’est pas la communication… même si cela reste capital de communiquer et ce même en temps de crise !

Pour conclure, mon conseil serait « Aie confiance en toi »! C’est un travail perpétuel pour moi, je suis une perfectionniste et je veux toujours réussir de la meilleure manière qu’il soit. J’admire les gens qui ont une confiance en eux inébranlable. Personnellement je la construis chaque jour et être entrepreneuse m’aide beaucoup sur ce point…

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